La Dernière arche – Romain Benassaya

Vous êtes en recherche d’une lecture qui se bingeread comme une bonne mini-série HBO ? Vous aimez un de ces genres — SF, thriller, Space Opera, Heroic Fantasy — ou tous à la fois ? Eh bien oui mes chats, vous allez adorer, à la folie des pâquerettes

Romain Benassaya

Moi, je vous avoue, j’ai été…

On remercie fois mille les copains des éditions Critic pour avoir eu la gentillesse de venir frapper à ma porte, connaissant mon amour pour Romain Benassaya et son précédent roman Pyramides *click*.

D’ailleurs ! Pour les plus assidus élèves de la classe, vous vous rappelez certainement mon coup de cœur pour ce roman SF hyper accessible à l’univers riche comme un milliardaire russe, et que je conseille désormais A TOUT LE MONDE (même ceux qui ne sont pas fan de SF).

Petit point à préciser donc : La Dernière arche se déroule *d’une certaine manière* dans le même univers que Pyramides, univers trèèèès large (ceux qui comprennent comprendront). Mais si vous n’avez pas lu le premier, n’ayez crainte, vous ne louperez aucune clé de compréhension. Cela vous donnera sans doute l’envie de lire du coup Pyramides.

Voilà, les présentations sont faites,

ON PEUT COMMENCER.

De quoi ça parle ton machin ?

Tout commence avec Shory, petite esclave sumérienne et promise à une mort effroyable. Vendue in extremis à un homme étrange, Atim, elle se voit proposer une mission : garder un Fort mystérieux contre une immense menace. Shory accepte sans difficultés et se retrouve avec d’autres gamins sauvés eux aussi par Atim, leur révéré dieu : les Vigiles sont nés.

Et donc, tout allait (relativement) bien, jusqu’au jour où… une femme apparaît d’un coup sans prévenir dans leur marécage et crée un chambardement sans précédent :

1/ elle n’a pas été envoyée par Atim,
2/ elle dit avoir été kidnappée,
3/ elle ne croit pas UN MOT de ce que lui raconte ce groupe hétéroclite d’hurluberlus, vivants en ostracisme dans ce Fort reclus de toute civilisation humaine.

Car son unique désir est de partir de cet endroit coûte que coûte pour retrouver sa fille, malade.

Shory, poussée par la pulsion de l’exploration, comme tout bon héros d’Heroic Fantasy, et accompagnée de sa meilleure amie Asceline (malgré elle), va donc décider, au mépris du danger et de la simple logique, d’aider cette femme. De découverte en découverte, les trois femmes iront jusqu’aux confins de leur monde, trouvant sur leur chemin de sombres secrets et de bien étranges réponses à leur existence pour le moins… spéciale (dont entre autres, qui est ce mystérieux Atim, bon sang de bonsoir ?).

Pilule rouge, pilule bleue

Voilà un roman qui va vous surprendre (en tout cas moi j’ai été prise dans les filets page 1) et comme tout excellent roman d’aventures, va vous embarquer dans une folle histoire.

Entre faux airs de thriller à la sauce Heroic Fantasy et roman SF cyberpunk, Romain Benassaya sait prendre pas surprise sa p’tite lectrice qui au fond de son plumard, entourée de ses chats un brin envahissants, ne voit pas la vague venir.

Si vous voulez, c’est le genre de gars qui a un talent de storyteller, qui sait faire marcher ses personnages et son intrigue avec une folle dextérité, tout en abordant des thématiques de réflexion qui te fera poser des questions existentielles (toujours au fond du plumard) à 2h du mat’. C’est bien rodé, c’est bien huilé, et tout est fait pour que tu ne veuilles jamais lâcher la bête.

Ici, à l’instar de Pyramides, on voit des personnages taraudés par l’obsession de l’ailleurs, du dépassement de soi, aiguillonnés par la quête de l’au-delà, de la découverte, de l’inconnu, de ce qui nous dépasse, de ce qu’il y a derrière la porte. Ses héros, comme Shory, ont l’âme des grands explorateurs qui risquent tout ce qu’ils ont pour ne surtout pas rester chez eux, bien au chaud, les pieds dans des Charentaises (même si ça veut dire parfois ne jamais revoir son chez-soi, perdre ceux qu’on aime et… une certaine innocence). Les suivre dans cette quête presque métaphysique a quelque chose de profondément excitant, car ça va fouiller quelque chose en nous, nous questionner :

« et si ça m’arrivait à moi : je prendrais la pilule rouge ou la pilule bleue ? »

J’aime les romans qui guident mes réflexions personnelles, qui me permettent, à travers des moments d’introspection et des histoires pas déconnantes, de me connaître moi-même.

J’aime, encore plus, quand — et vous l’aurez peut-être remarqué — 90% des personnages sont féminins, quand le rôle principal est attribué à une jeune femme, quand certaines protagonistes féminins (donc) ne sont pas très sympathiques, ni charmants, ni gentils, mais égoïstes, casse-pied et malins, et que ce soit fait avec un naturel dingue.

Malgré quelques longueurs, des passages un peu trop étirés pour faire « monter la sauce » et quelques moments de flottement où les personnages font des aller-retour dans des sous-intrigues un peu longues, c’est un roman que j’ai formidablement bingereadé (plaisir bien trop rare ces temps-ci) et que je conseillerai désormais avec vigueur.

Le mot de la fin

J’ai parfois l’habitude de noter des impressions, des réflexions au fur et à mesure de mes lectures. Mais là, je pense avoir été trop prise par l’histoire pour noter quelque chose de concret.

Exceptée cette seule phrase :

Quelle que soit l’utopie, quelles que soient les améliorations de vie, les humains restent une belle bande de charognards.

A méditer.

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