Victoria – Daisy Goodwin

Vous le savez peut-être, peut-être pas, je vous l’apprends là maintenant : j’ai un amour inconditionnel pour les romans de Daisy Goodwin. Alors, c’est muni de mon plus bel enthousiasme et d’un frétillement de mes orteils que je me suis acheté en numérique le dernier roman paru, Victoria, racontant les jeunes années de la reine d’Angleterre, pour mes vacances au bord de l’océan Atlantique. Et connaissant la plume enlevée et délicieuse de l’autrice, ça promettait des heures de lecture topissimes.

Et ça a été…

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Commençons les enfants

Victoria, de son vrai prénom Alexandrina, est l’unique héritière du trône d’Angleterre par un concours de morts aléatoires au sein de la famille royale. Alors que son oncle, le roi Guillaume IV, meurt sans héritier légitime (alors qu’il en avait une palanquée sous la ceinture venant de sa maîtresse, pas d’bol Paulo), la jeune Victoria devient enfin reine d’Angleterre. Et c’est le soulagement ! Etouffée par sa mère ultra protectrice et le secrétaire ambitieux de cette dernière, John Conroy, qui rêvait d’une régence sous sa coupe, voilà que la jeune fille de 18 ans va pouvoir prendre en main le cours de sa vie,  épaulée par son Premier ministre Lord Melbourne, une couronne sur la tête.

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Bah alors Janine, il s’est passé quoi là ? 

Il faut au moins reconnaître une chose à Daisy Goodwin, c’est d’avoir parfaitement rendu l’ambiance de cette époque. C’est son taff, son dada, sa passion, bref la meuf sait y faire, y a pas photo, niveau rendu des tapisseries, des coutumes et des codes de la haute société anglaise d’il y a deux siècles, c’est la QUEEN.

C’est d’ailleurs ce qui a fait que j’ai pas abandonné le machin en cours de route. Parce que tu kiffes malgré tout, tu sens cette époque, tu la vis et tu t’imagines être un des personnages de second plan, là la gourgandine en taffetas rose dans le fond à droite (j’aime le taffetas, j’aime le rose) qui, s’éventant de son éventail en corne de gazelle, observe ce petit monde s’agiter autour de soi.

Après avoir lu La dernière duchesse et La dernière Impératrice, j’en attendais pas moins de la part de l’autrice.

Or, voilà que…

On est dans du roman historique. Avec des personnages qui ont vraiment existé. Et je pense que c’est là où ça a péché sévère sans la liberté romanesque dont jouissait Daisy Goodwin auparavant.

On s’emmerde. On s’agace du portrait de cette Victoria, cette péronnelle minaudière et capricieuse qui m’a sacrément pété les ovaires. Et du charming Prime Minister Lord Melbourne aux allures de vieux satyre qui fantasme sur la très jeune et naïve reine (parce qu’elle lui fait penser à sa défunte épouse, jeune et jolie et folle).

Hum

Hum

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Dis m’en plus Patrick de ta projection morbide sur une jeune fille influençable, je suis tout ouïe

Voilà pouf ! la recette Goodwin « amour contrarié / dialogues savoureux / rebondissements » que j’aimais tant ne marche plus beaucoup ici. Car on SAIT qu’il est impossible, IMPOSSIBLE notez bien, qu’il puisse se passer quoique se soit entre la reine et son Premier Ministre. On SAIT qu’elle épouse un Albert à rouflaquettes. On SAIT que le méchant Conroy ne peut avoir aucune incidence malfaisante sur Victoria maintenant qu’elle est devenue reine (il tournoie bien un peu le pauvre, tente de lancer des mini scudes pas bien méchants derrière un rideau, bref ça va pas fort chez Jojo).

Du coup… bah c’est très prévisible cette histoire, les enfants, et ça n’avance pas des masses alors que le roman est MONSTRUEUSEMENT long pour ce qu’il a à raconter. Ça tourne en rond comme des petits chats et tu te mets à espérer qu’Albert se dépêche de débarquer de sa cambrousse pour tomber amoureux de sa cousine (et filer un kick à Melbourne au passage).

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COURS ALBERT COUUUURS. Viens nous sauver de cet ennui !

D’ailleurs, dès l’arrivée du beau teuton, les choses deviennent plus intéressantes. Ça repart un peu, la petite étincelle est là, malheureusement un peu tard, avec des petits moments gênants de l’ordre de « jalousie jalousie, AH ! un triangle amoureux caché sous un buisson ! bla bla bla, au secours ça devient n’imp ».

Bref. 

Sur ce coup-là, Daisy Goodwin a un poil perdu son mojo. Et quand tu apprends que l’écriture du roman s’est fait en amont de celle de la série de la ITV (écrite par elle aussi) et qu’elle a calqué ses personnages sur l’interprétation des acteurs (Jenna Coleman, Jenna MINAUDERIE Coleman), là tu comprends mieux : tu as lu un roman adapté d’une série. Et c’est pas bon ça.

Allez Daisy ! Je crois en toi. Sors-nous un nouveau roman plein de fougue, d’amour contrarié qu’on espère voir se concrétiser jusqu’à la dernière page, de dialogues affutés au couteau, de personnages pas sympas qui mettent des bâtons (des vrais) dans les roues du carrosse de la destinée des héros. Sors-nous ta recette magique et fais nous rêver. Je t’attends. Bisous.

10 réflexions sur “Victoria – Daisy Goodwin

  1. « Dis m’en plus Patrick de ta projection morbide sur une jeune fille influençable, je suis tout ouïe ». Putain. : »)

    J’adore prendre le temps de lire tes chroniques négatives de livres que je n’aurais probablement jamais lus par moi-même ! Tes chroniques très drôles n’en deviennent que plus savoureuse :33
    La petite satisfaction de savoir qu’on perdra pas son temps à se plonger dans ce roman grâce à Mimine, probablement. Et ça, CESTBO!!!

    Merci pour cet article qui m’a fait souffler du nez sévère ! ♥

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  2. Je ne savais absolument pas qu’il y avait un roman de la série, que j’aime beaucoup au passage. Après, vu ton ressenti, pas sûre que je tente la lecture… Même si je suis une fine connaisseuse du XIXe, là je pense que ça m’ennuierais sévère.

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  3. Huhu j’avais déjà eu le retour pas folichon de June, désolée de voir que tu es pas plus emballée :/
    C’est con, je l’aime tant Vicky moi T_T
    En tout cas je note Daisy quand même, mais pour celui-là =)

    Aimé par 1 personne

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