L’espace d’un an – Becky Chambers

Voilà que je zieutais ce roman de Becky Chambers depuis qu’on m’en avait vanté les mérites chez L’Atalante et sur la blogosphère. Cerise dans le gâteau, ça collait parfaitement avec le thème du mois de juillet pour le Challenge Hold My SFFF, Espace et Temps. De quoi me remettre en selle proprement et dans la joie sur de la SF après l’échec cuisant de Terminus de Tom Sweterlitsch qui franchement m’a démoralisée le cigare avec son ambiance poisseuse, noire, et, on va pas se mentir, où Mimine n’y comprenait que couic.

tenor (1)

(je ne vous en parlerai pas, si vous permettez, je préfère oublier cette lecture pour toujours)

Donc, L’espace d’un an est ce roman SF vendu comme un space opera sympathique et optimiste que Mimine s’est empressée d’attaquer, à la cool, à la fraîche (façon d’parler hein, écrit-elle en s’éventant énergiquement d’une main), les panards à l’air.

tenor.gif

Ce que je peux vous résumer

Dans le vaisseau du capitaine Ashby, chacun à son rôle au sein de l’équipage multi-espèce : mécanicien, docteur et cuisinier, doc en algues, ingénieur et pilote. Leur mission : créer des tunnels dans l’espace afin de faciliter les voyages interstellaires. Alors qu’ils accueillent une nouvelle recrue, Rosemary, fraîchement débarquée de sa cambrousse isolée et un peu « péquenaude » (la célèbre Mars), voilà qu’un nouveau contrat, extrêmement juteux, les amènent à voguer dans des eaux peu recommandables.

En vrai c’était comment ? 

On ne m’avait pas menti : L’espace d’un an est effectivement un space opera bienveillant (peut-être un poil beaucoup trop) avec une équipe de joyeux personnages et un worldbuilding humaniste et philosophique, et assez différent des ambiances de guerres spatiales et d’inter-espèces dont je suis habituée.

Misant sur l’histoire personnelle des personnages et leur vie au sein du Voyageur, le roman, si on accroche, a un certain charme d’humour et de fantaisie. J’ai  surtout aimé pour ma part la construction de l’univers qui se fait à travers le vécu des héros, originaires de différentes planètes, et les yeux de la jeune recrue Rosemary, qui de sa planète Mars ne connaît quasiment rien.

On se balade, on découvre de nouvelles espèces, on rencontre des gens, des métiers, des technologies et des planètes différentes et Becky Chambers a un certain talent pour te plonger dans ces multiples pérégrinations sans que tu sois larguée comme une pêche dans un océan.

Mais

Bon

Bon

Bon

tenor (2)
La couille dans le potage arrive.

C’était un peu… chiant, nan ?

Parce que cette histoire, ça manque pas mal d’enjeux quand même, hein, on va pas se le cacher sur la comète, ça manque de sel. Et de tension. Et de réalisme dans les rapports humains.

BON SANG LES RAPPORTS HUMAINS QUE C’EST PAS REALISTE.

Tout le monde est gentil. Tout le monde est bienveillant. Ça fait des blagues et ça rigole. Et c’est copain copain (j’ai pas mal levé les yeux au ciel avec Rosemary, la petite colombe blanche qui immédiatement se fait adorer de tout le monde de manière pas mesuré du tout. J’a.dore). Et tout ça coule dans une franche camaraderie de sit-com des années 80 où on se fait des hugs et des high five continuellement.

tenor.gif

Peut-être que je suis cynique sur l’espèce humaine, c’est possible (moi j’dirais lucide, m’enfin) mais j’ai du mal à avaler cette abondance de gentillesse dans le roman. Je veux dire, c’est super d’avoir une vision humaniste, et j’ai bien aimé par exemple que les descendants des Terriens (nous les concons barbares en gros) soient devenus de farouches pacifistes au vu de notre passé guerrier, mais du coup qu’est-ce que tu racontes s’il n’y a aucune tension dans ton histoire ?

Parce que le problème les enfants, c’est que tu n’en as plus rien à carrer quand il y a une couille qui arrive, tu crains jamais pour l’équipage dès qu’il rencontre de nouvelles personnes parce que ce sont des neuneus peace and love qui n’ont même pas d’armes sur leur vaisseau.

ALLO ! Vous êtes dans l’espace ! La cacahouète des emmerdes est jamais loin les gars vous savez ! (ce qui ne manque pas d’arriver TIENS).

Car oui il y a effectivement des bricoles qui va arriver à cette joyeuse bande, quand même. Et il y a bien UN personnage dans l’équipe qui n’est pas franchement sympathique (pas bien méchant ceci dit) mais son écriture est assez maladroite tellement on sent la contre-balance qui pèse sur les frêles épaules d’un personnage assez caricatural. Et oui il va y avoir des larmes dans le climax. Mais à ce stade-là, moi j’étais déjà aux fraises à bouffer les pissenlits par la racine comptant les abricots pour la tarte de c’midi. Traduction : j’avais déjà lâché psychologiquement l’affaire.

En résumé donc :

tenor (1).gif

15 réflexions sur “L’espace d’un an – Becky Chambers

  1. J’adore te lire bibiche car j’ai l’impression de lire un Disclaimer de mon propre cœur collé en en post-it sur la couverture des romans, comme un petit message du libraire à l’intention toute spéciale de moi : « Tu vas te faire chier, passe ton chemin, Jaja. »

    J'aime

  2. « j’étais déjà aux fraises à bouffer les pissenlits par la racine comptant les abricots pour la tarte de c’midi. » Best expression ever!
    Sinon dommage, quand c’est trop gentil tout plein on s’embête, c’est sur. Moi je dis on fait ça en vrai et on fait la guerre/drame (mais pas trop)/méchancetés dans les romans? cool non?… non? xD

    J'aime

    1. Ça* partait pourtant bien c’t’affaire.
      En gros c’est un feel good space opera book ? Ça fait beaucoup de qualificatifs.
      Et mais euh. Doc des algues ? Qu’est ce que ?

      J'aime

      1. Je suis pas une grande amatrice de feel good book, mais là… t’as aucun enjeu narratif. Tu sais pas ce que tu lis, tout va bien dans le meilleur des mondes… C’est limite aberrant que ce machin ait trouvé acquéreur tellement je trouve pas normal qu’un roman, une histoire n’ait aucun enjeu. Enfin bref, le truc pas pour moi du coup. XD

        J'aime

  3. J’en avais entendu parler en bien (une libraire hyper enthousiaste qui en parlait à un client) il y a quelques années, ce qui m’avait bien donné envie de le lire, mais j’ai l’impression que, pour une fois, ma procrastination m’a fait gagner du temps. Je passe mon tour, ça a l’air trop niais pour moi. Merci beaucoup. Aux articles qui me permettent d’ENLEVER des livres de ma WL, je dis un grand OUI !

    J'aime

  4. Comment ? Tu n’as pas apprécié Terminus de Tom Sweterlitsch alors que ce dernier reçoit des compliments de partout ? Y a un grain dans le pâté tu trouves pas là ? (dixit le mec qui n’a jamais lu le dit livre).
    Bref, je viens justement de lire la chronique du même livre chez Ombrebones qui en fait justement l’éloge pour ce côté calme et intimiste qui changeait avec l’aspect militaire et combat spatiaux et enjeux scientifiques d’envergure qu’on retrouve dans de très nombreux livres de SF. C’est ce qui a attiré ma curiosité aussi sur ce baby book. Mais à voir, je serai un peu plus sur mes gardes suite à cet avis ;-)
    À bientôt !

    J'aime

    1. Eh oui… Terminus m’a foutu les foies au fond de l’estomac. C’est très particulier et je pense que les vacances choupies-détente étaient pas du tout le moment idéal.

      Pour ce qui est de Chambers.

      Alors.

      Je suis looooin d’être contre le côté sympa et optimiste, qu’on nous change des névroses spaciales, okay c’est bien vu. Mais là… pfiou… c’était un peu trop gentillet pour moi je l’avoue et le manque TOTAL d’enjeux narratifs c’est juste pas possible. Je rejoins complètement l’avis de BlackWolf et Apophis, aussi mitigé-mitigette que j’ai pu l’être. ^^

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s