Amour entre adultes – Anna Ekberg

Vous aimez les belles histoires d’amour ?

Passez votre chemin.

Ce n’est pas ici que vous allez les trouver. Oh non petits chatons ! Romantisme et paquerettes, fuyez !

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Avec Amour entre adultes le thriller d’Anna Ekberg (ils sont deux), proposé à la #TeamThrillerCHM du Cherche-Midi, on s’est attaqué avec Prettyrosemary à l’amour sanglant avec un grand S, celui qui fait mal et qui rime avec « à feu et à sang ».

De quoi ça cause ta machinerie ? 

Le pitch de base est clair, net et efficace comme du Cif sur une tuyauterie dès la première page (et ça Mimine elle aime bien) : un homme, un soir sous la pluie dans sa camionnette s’apprête à tuer sa femme, cette « salope » (sic), après 18 ans de mariage et un adolescent sur les bras.

Bim.

Direct.

Et si vous êtes comme moi, un petit être doué de curiosité, vous vous demandez :

« Mais pourquoi donc ? »

« Qu’est-ce qui s’est passé non d’un petit bonhomme en bois d’ébène ? » 

« I NEED TO KNOW »

C’est également ce que se dit Josefine, la fille de l’ancien inspecteur de police Holger qui a travaillé sur l’affaire et qui lui raconte ce cold case, autour d’un petit café au débotté.

Parce que cette histoire, ça le travaille depuis tout ce temps, d’autant que le coupable n’a jamais été arrêté…

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La tuile c’est que

j’ai très moyennement aimé !

Amour en kaléidoscope 

Tout le monde vous le dira : chaque histoire d’amour a autant de versions que de protagonistes. Autant dire que lorsqu’un couple est en crise, le coupable n’est jamais au singulier. C’est ce que le duo Anna Ekberg a cherché à nous montrer avec cette histoire d’infidélité qui va faire éclater le mariage de Christian et Léonora en apparence parfait.

Le souci dans ce roman danois, c’est que ça enchaîne les poncifs comme une usine de boîtes de conserve à Roubaix : un portable (qu’on a oublié d’éteindre) qui sonne en pleine nuit, une épouse suspicieuse et aigrie par la vie, un mari d’une lâcheté proverbiale et une maîtresse femme fatale.

Bref rien de très neuf, ni de très froufroutant.

Car si on pense au départ que les clichés vont se faire éclater la face pour finalement révéler quelque chose d’original, l’effet est un poil loupé pendant une bonne grosse partie du roman, en tout cas.

Pourtant, dans le fond, il y a des réflexions éclairées et actuelles sur le couple et sur la problématique de l’épouse qui a fait le choix de sacrifier sa carrière pour sa famille pour finalement se retrouver le bec dans l’eau. On comprend parfaitement le sentiment de trahison qu’éprouve la femme envers son mari infidèle, sa peur de perdre absolument tout s’il décide de partir et la colère, la haine qui balayent tout sentiment, toute raison.

Mais ça fait pas tout mes lapins et l’exécution du machin reste assez maladroite dans l’ensemble.

Déjà, il y a beaucoup d’incohérences et de réactions ubuesques de la part des protagonistes qui rendent assez peu crédibles la plupart des actions importantes. C’est d’autant plus flagrant quand les auteurs basent leurs éléments perturbateurs sur de grosses ficelles narratives : les personnages ne se parlent pas quand il le faudrait ; on repêche une ancienne amie du passé pour une raison farfelue qui a, comme par hasard, des secrets à révéler ; on tente de nous faire avaler que le passage à l’acte est du au stress et à la fatigue (à ce propos, on nous le répète tellement de fois que je me demande si les auteurs n’ont pas senti au bout d’un moment que leurs justifications étaient un poil trop faibles…).

Autant d’obstacles qui auraient pu être dédramatisés si les personnages (le mari surtout) ne se comportaient pas comme des imbéciles sans cervelle.

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Viens ici ficelle narrative !

Et même si le style est plutôt efficace dans l’ensemble, il est alourdi par de fréquentes répétitions où inlassablement on nous rabâche les enjeux et les souffrances des personnages (la femme trompée surtout). Si j’avais fait un jeu à boire sur le nombre de fois où l’épouse prononce le prénom de la maîtresse de son mari, je me serais écroulée par terre avant d’atteindre le milieu du livre.

Un résultat qui fait pschiitt 

Malgré un twist bien venu qui a fait repartir la machine (clairement, je ne l’avais pas vu v’nir celui-là, bon point les gars) et le récit en amont du vieil inspecteur Holger dont la fin apporte une petite touche originale, je me suis retrouvée assez démunie, ennuyée et perplexe face à cette histoire un poil rocambolesque qui manque de pep’s et de tension (bien amenée).

S’il y a des leçons à retenir les enfants ?

1- Ne jamais, JAMAIS, mettre toutes ses billes dans son couple (comme sacrifier sa carrière perso) au risque d’un retour de batte de base-ball dans la poire ;

2- Ne jamais laisser son portable allumé quand on trompe son/sa partenaire, c’est le b.a-ba quand même hein ;

3- Faire confiance à Woody Allen pour mettre une bonne ambiance au futur mariage où vous serez invités : « Le mariage est la seule guerre où l’on couche avec son ennemie. »

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4 réflexions sur “Amour entre adultes – Anna Ekberg

  1. Globalement moi j’ai plutôt aimé (comme toi, je me suis bien fait avoir par le twist qui m’a permis de relancer ma lecture qui commençait à me sembler longue) et j’ai bien aimé les « vérités » sur le couple. Mais le mari m’a considérablement agacée. J’aime beaucoup ta conclusion 😁

    Aimé par 1 personne

  2. Moouiiii je crois que j’ai lu un roman d’Anna Ekberg, et je crois que j’en garde aucuuun souvenir. Alors booon, surtout avec ton avis, je suis pas sûre que je retente x)

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