La dernière chance de Rowan Petty – Richard Lange

Il y a de ces romans qui dès la lecture de la 4e de couverture mettent la bave aux lèvres. Promesses d’évasion et de truculences en tout genre, celle du dernier roman de Richard Lange faisait rêver.

Vous me voyez venir ?

Yep. Ça n’a pas été sensationnel. C’est qu’on atteint là le niveau maximal de mwouété : ce n’était ni bon ni mauvais, juste…

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Ce dont parle le machin 

Rowan Petty est un escroc. Sa vie ? Arnaquer. À tout prix. Pour se faire un petit pactole et se dorer le petit cul au soleil. Or voilà, en ce moment, c’est pas top. Rowan n’a plus de coups fumants et il se retrouve, perdu à Reno, à demander la charité à son ancien élève, Arvi, qui en profite pour l’humilier en lui refilant des jobs de bleusaille. Et puis, un ancien ami du passé, pygmalion à la retraite, lui passe un coup de fil : y a un gros coup à jouer, un machin à 2 millions de dollars que des petits malins de l’armée américaine a mis de côté en arnaquant les comptes de l’État-major. Y a plus qu’à trouver la planque à Los Angeles et c’est du tout cuit.

Rowan, aux abois, accepte avec des réticences quand même et embarque avec lui sa nouvelle copine, une prostituée trouvée sur le bord du trottoir.

Quand ça mwouéte chez Mimine

Avant que je ne développe, vous me connaissez j’adore ça et surtout aussi parce que le roman m’a pas mal déroutée sur mon sentiment de « meh » général, je voudrais quand même dire que le machin se lit bien. Non, Mimine n’est pas bégueule en toute occasion et reconnaît quand elle trouve du plaisir dans une lecture même moyenne. Je mettrais ça sur le compte de l’écriture simple et fluide qui a embarqué Mimine dans une histoire un poil rocambolesque (et qui vendait le Nirvana dès les premières pages en introduisant fort bien, ma foi, l’univers).

Seulement voilà, l’affaire a manqué cruellement de surprises : avec toutes les directions que prend le roman, y en a pas une qui y va à fond les ballons et ça c’est mwouéte.

Trois problèmes

qu’on va dépiauter

1/ Rowan Petty 

Rowan Petty est un héros « okay ».

Ni brillant, ni loser, ni sans foi ni loi, ni retors, ni particulièrement désabusé d’un potentiel ras le bol de son métier ou de sa vie (un peu quand même de temps en temps, mais ça va en vrai).

Suite à quoi je n’ai pas pu m’empêcher de trouver notre homme

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Tellement peu intéressant (alors que bon le gars il est pas fonctionnaire à la Poste, c’est un foutu escroc, ça claque bon dieu !) que je n’ai eu ni d’attache ni répulsion à son égard.  Ce n’est ni un salaud, ni un type sympa, c’est juste… un gars, pas très bon père de famille mais avec de bonnes intentions au final. Seule la relation avec sa fille sauve pour beaucoup le potentiel du personnage… et du roman en offrant de bons passages.

(Petite aparté : un jour on m’a appris qu’au cinéma ou en littérature si on ne pouvait que définir le héros ou l’héroïne par ce qu’il/elle n’est pas, c’est qu’il y avait un problème dans l’écriture du personnage. Je crois que c’était une vidéo analyse sur Twilight le film. La rédaction s’excuse pour cette référence).

2/ L’atmosphère « roman noir » et crépusculaire 

Le roman noir j’aime, les décors crépusculaires où on nous parle du revers de la médaille, j’adore.

Mais là aussi ça pêche comme un saumon-épinard dans l’assiette de la cantine.

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se dit-elle avec sa métaphore du saumon.

On nous la montre cette Cité des Anges cradingue avec ses clochards, ses touristes en quête de célébrités et ses petits acteurs sur le carreau, mais ça ne va pas très loin. Il n’y a rien de sensationnel à se contenter de dire que L.A est une ville à paillettes misérable sans apporter quelque chose d’autre au propos (soit à l’intrigue soit aux personnages). Le moindre noob qui n’y a jamais posé un pied pourrait se l’imaginer aisément (il suffit de jouer à GTA V ou lire Ellroy pour comprendre que cette ville pue des pieds à la tête). D’autant que Rowan faisant la visite touristique à sa copine prostituée (Tinafey, elle s’appelle, comme l’actrice américaine) en mode « Pretty Woman RichardGeresque », on se tape pas mal de passage shopping, plage, manger une glace, assez peu transcendants.

3/ L’intrigue « arnaque à 2 millions de flouze » 

Et là où ça pêchaille encore plus que le saumon-épinard de t’à l’heure c’est que l’intrigue ne révéle aucune surprise.

Encore une fois, ce n’est pas désagréable à lire mais bon sang un peu de punch n’aurait pas fait de mal. Tout se déroule comme on se l’imagine, avec les problèmes qu’on a supposé dès le début de cette histoire, et à aucun moment l’auteur décide de nous faire faire fausse route. Le héros suppute qui l’a entubé dès le début et ça va se révéler vrai.

Même Tinafey, dont l’intérêt m’a un peu échappé aurait eu un impact plus fort si elle ne s’était pas révélée être ce qu’elle était depuis le départ : la nana que le héros se tape avec des étoiles dans les yeux (car tout ce qu’on sait d’elle c’est que c’est une bombasse sexy en diable).

Cette relation n’amène pas grand chose d’ailleurs à l’intrigue ni à Rowan Petty. Ni même à lui donner une humanité (il en a déjà une), ni à corser l’histoire (à peine à la fin et ENCORE). Ce dont on a le droit par contre c’est de beaux dialogues de soap mexicain : « Il faut que tu partes » « Pourquoi tu ne m’aimes plus ? » « Si… je t’aime mais je veux te protéger » « Non je reste » « Okay d’accord tu restes ».

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Wasted 

La dernière chance de Rowan Petty est à mon sens un échec qui rate un peu tout ce qu’il essaye d’entreprendre (roman noir, fable de l’Amérique et de ses illusions, la virée d’un héros désabusé et filou…). Le roman est cependant sauvé par le style agréable et efficace dont le talent est de te faire lire le bouquin jusqu’au bout et les passages entre Rowan Petty et sa fille, et ceux des soldats américains qui veulent récupérer leur pactole. 


 

Un partenariat du Picabo River Book Club et Albin Michel. Merci à eux et à Léa comme toujours pour son organisation ! 

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9 réflexions sur “La dernière chance de Rowan Petty – Richard Lange

  1. Ah oui, là tout de suite ça donne moins envie… J’avais vu passer le pitch et j’ai beau etre assez faibl face à une intrigue de truand, il y avait déjà un « meh » chez moi à la lecture de la 4e de couv, sais pas pourquoi. :/

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    1. Bah écoute faut croire que j’ai décidément beaucoup de mal à juger un roman à sa quatrième, parce que j’avais été bien hypée par le résumé. Et puis je vais passer à côté de petites merveilles parce que le résumé ne me tentait pas du tout.

      Grande décision : j’arrête tout bonnement de lire les quatrièmes. VOILA *part bouder dans son canapé*.

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  2. Ca donne pas envie! Bon de base je suis pas fan des histoires de braquages mais là le coup du perso mi-figue mi-raisin non merciiii!
    Ca m’a l’air bien mou du g’nou c’t’histoire! J’m’y plongerai certainement pas x)

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    1. Alors là encore ce qui est étrange c’est que je n’ai pas ressenti de coup de mou dans la lecture, j’ai vraiment lu le machin très vite, c’est plaisant à lire. Le problème c’est que j’aime beaucoup cette collection d’Albin Michel « Terres d’Amérique » et je crois que j’en attendais MAX trop.

      Aimé par 1 personne

  3. Moi, je lis plus les 4e. Que de récits spoilés, que de déceptions, que de lectures qui n’avaient rien à voir avec ce qu’elles m’avaient vendues… *soupir dramatique *
    Bon, pour le coup, rien que le titre m’aurait tentée je dois bien l’avouer. Mais j’ai eu beaucoup trop de lectures moyennes depuis le début de l’année, il fait que ça cesse, donc je passe mon chemin…

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