L’anniversaire – Robyn Harding

Bonjour

Bonne année, bonne santé, toussa toussa

Bon on va pas s’la jouer pipo-pipolette, hein, Mimine, elle a été aux fraises pendant quelque temps, à la limite de se demander si elle allait pas abandonner définitivement la blogosphère.

Après une brève période « flemme » sur Instagram où j’ai donné de temps en temps dans de l’avis expéditif sans gif (la tristesse), j’en suis venue à la réflexion que tout ça c’était bien sympa (et commode) mais que ça ne valait pas un bon gros article de bons gros gifs pour parler bouquin avec lesquels je peux m’étaler comme du Nutella sur une tartine de brioche.

Donc la v’la ma résolution 2019 : écrire PLUS pour le blog et arrêter d’être flemmarde.

Je vous promets ça va être sympa. Ça va être

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(Perdre toute notion de mesure en 2019 : DONE)

Et comme je viens ENFIN de terminer une lecture parmi toutes celles commencées-jamais-finies depuis le début du mois, on va commencer la bonne résolution en toute sérénité

maintenant.

Ça parle de quoi ton machin ? 

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Hannah va fêter ses 16 ans et c’est le stress total. Tout se doit d’être absolument parfait : ses nouvelles copines, Ronnie et Lauren, les bombasses populaires du lycée attendent autre chose qu’une gentille petite pyjama party que la mère intransigeante et control freak d’Hannah, Kim, a préparé pour elles. Si Hannah veut garder sa nouvelle position au sein du clan, elle doit faire en sorte que sa fête soit mémorable. Et elle va l’être… Car malheureusement quelque chose va se passer pendant cet anniversaire, quelque chose de grave qui va changer la vie d’Hannah et de ses parents à jamais.

Du thriller au drame familial

Un anniversaire qui tourne mal, des adolescents en pleine crise, des parents sous l’eau…

moi j’dis BANCO.

Déjà c’est qu’on rentre vite et bien dans l’histoire didonc et pour la meuf qui n’avait pas réussi à se concentrer sur un bouquin depuis le 2 janvier c’était enfin l’aubaine qui sonnait à sa porte. Le style est efficace, on est dedans de suite et on ne lâche plus la machine (la liseuse) avant d’avoir eu le fin mot de tout ce bin’s. En alternant les points de vue, ceux d’Hannah et de ses parents Jeff et Kim au bord de la rupture, Robyn Harding dévoile les coulisses de la famille parfaite, dans leur belle maison design où le drame d’une nuit va se jouer.

Mais surtout, SURTOUT, l’autrice réussit avec une grande acuité et compréhension à décrire les méandres de l’adolescence et faut avouer que c’est certainement le plus grand atout du roman.

En suivant Hannah avant et après le drame, les problématiques liées à sa vie de lycéenne m’ont fait me souvenir mes jeunes années ingrates avec une précision assez piquante : la peur d’être rejeté du troupeau, de manger seul à la cantine, la fascination envers les êtres populaires, l’envie d’être comme eux et d’être ami avec eux, la haine et le crainte de l’anti-conformisme, tout ça saupoudré par l’incompréhension quasi abyssale des adultes, à côté de la plaque.

Prends-toi ça dans le potiron : le revival de tes jeunes années dans la jungle social et urbaine du… COLLEGE/LYCEE. Tu l’sens le bonheur ? TU LE SENS ?

Là où j’ai été moins emballée, ah la couille dans le potage vous dirais-je, c’est que l’histoire prend finalement des allures de drame familial et s’éloigne du thriller. Thriller qui avait un potentiel de guedin pour devenir une histoire glaçante tout en gardant les problématiques liées à l’adolescence et à la parentalité. Parce que là je me suis retrouvée avec un acmé un peu flaibard du slibard, la tension et les révélations n’étant pas allées aussi loin que ce que j’attendais.

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La faute en partie je pense, aux personnages et au manque de nuance de certains d’entre eux. Excepté Hannah qui reste le perso le mieux écrit.

Car voilà.

Le récit a parfois du mal à s’affranchir des clichés habituels (malgré quelques louables tentatives à la fin du roman) : père absent fou de son travail, mère castratrice avec le syndrome « Bree Van de Kamp » en mal d’affection, ou encore l’adolescente « femme fatale manipulatrice ». Ce dernier aspect aurait pu être assez intéressant s’il avait été un peu plus développé et pas juste là pour apporter du suspens et des embûches à la limite du crédible et du risible, ou pour redorer l’âme de l’un des personnages les plus fades et inconsistants de l’histoire.

Crachage de pastille 

Voilà le problème : le roman analyse avec une rare justesse les rapports de force entre ado-parent et ado-ado (genre tu comprends parfaitement ce que vit Hannah), et puis d’un coup, il s’étale dans la facilité, dans la caractérisation et s’enferme dedans alors que personnellement, bien hypée comme j’étais depuis le début, on m’avait donné envie d’en attendre plus.

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Mais bon.

Même si j’ai pas eu le kiff que le début me promettait, L’anniversaire est un « thriller slash plus drame que thriller » tout à fait recommandable pour de bonnes séances de binge-reading.

Le petit plus pour aller plus loin : le roman de Robyn Harding m’a fait penser à ce qu’écrit Celeste Ng que j’ai découvert l’année dernière et que j’aime beaucoup : des drames familiaux qui s’imbriquent dans des récits tendus à l’extrême comme un string sur les fesses d’un chameau. En mieux écrit et avec des personnages tout en finesse (haute recommandation : La saison des feux).

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5 réflexions sur “L’anniversaire – Robyn Harding

  1. Je me souviens que j’avais bien kiffé passé le « ah oui donc c’est pas vraiment un thriller », parce que c’est quand même bien foutu et très Big Little lies comme ambiance.

    Congrats pour le retour de patate pour le blog !

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    1. Oui c’est vrai que ça m’a fait penser à la série Big Little lies mais c’est peut-être ce qui a fait que j’ai pas trouvé ça très original au bout du compte, la tension moins bien gérée, moins bien tendue jusqu’au bout, etc. Mais le style dans le genre et la construction narrative sont impecc’ j’ai trouvé, j’ai pas pu décrocher.

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  2. Pile au moment où j’étais en train de me dire que j’avais une petite faim, tu me fous sous le pif cette photo de gateau mondimondiiieeeu ! Et après, le coup de grâce avec de la brioche et du Nutella.
    Sinon à part ma crise d’hypoglycémie, je suis un peu en mi-molle du coup (pour rester dans le thème du slibard faiblard et du string de chameau (comment ça je retiens que les trucs qui parlent de bouffe et/ou qui sont chelous ?!)), parce que ça m’a bien hypée mais j’ai peur que ça s’effondre façon soufflé :/

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    1. Disons que j’ai passé un bon moment de bingereading, car comme je disais plus haut à Prettyrose, le style est super efficace, ça se dévore comme ça, mais c’est peut-être un peu plus tard que tu pourrais avoir un sentiment de « pfouuuu » (<= bruit d'un petit ballon qui se dégonfle). Peut-être aussi le fait, qu'à part l'aspect "l'adolescence, monde cruel" qui est EXTRA, j'avais déjà lu ce genre d'histoires ailleurs.

      Aimé par 1 personne

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