Onze Jours – Lea Carpenter

Salut les pioupious ! On est lundi, on redevient sérieux et on publie ce qui doit être publié. Parce que figurez-vous que cet été, la rentrée littéraire s’est invitée chez moi avec quelques romans américains et ce grâce au club de lecture du Picabo River Book Club qui en a eu de biens beaux à nous proposer. C’est comme ça que la nouveauté des éditions Gallmeister, Onze jours, premier roman de l’autrice Lea Carpenter m’a tout de suite tapée dans l’oeilleton : un résumé fort + littérature américaine + Gallmeister, j’ai fait BANCO…

… pour un petit résultat.

tenor

De quoi ça parle ton machin ? 

Sara a élevé seule son unique fils Jason. Le père, David, est un analyste de la CIA qui voyage beaucoup et le couple un peu bancal qu’ils formaient Sara et lui s’est vite effrité. David meurt lors d’un voyage dans un pays lointain et Sara se retrouve seule avec Jason, garçon brillant, idéalisant les faits d’arme de son père. Puis vint le 11 septembre et Jason s’engage chez les SEAL, unité d’élite dont l’entrée et la formation sont extrêmement difficiles. Pour Sara, c’est l’incompréhension, elle qui voyait son fils faire de brillantes études. Les années passent et Jason se retrouve à son tour porté disparu lors d’une mission périlleuse. Sara, en relisant les lettres que lui a envoyées son fils, tente de comprendre les choix de Jason.

Et c’était comment ? 

On va être clair, le principal reproche que je pourrais faire et qui expliquerait ma « mwé-titude » généralisée :

Il m’a manqué un sérieux souffle romanesque.

En fait, pour tout vous dire, j’ai été assez déroutée par la construction de l’histoire. Il y a un « truc » qu’on attend (la disparition de Jason racontée dans le résumé), et cette disparition et surtout ses conséquences ne se déclenchent qu’à la toute fin. Entre temps, on a la voix d’une mère et d’un fils que l’on suit, entre-coupée par les lettres qu’ils se sont envoyés. J’ai bien aimé la partie concernant Sara, ces questionnements de mère sur ses choix et ceux de son fils ainsi que le rapport conflictuel qu’elle entretient avec l’armée, distant et méfiant (comme le mien). Mais la partie de Jason où est décrite en long et en large la formation des SEAL m’a franchement barbée.

Déjà j’aime pas trop trop le milieu militaire, son esprit et son fonctionnement, je suis plutôt du genre esprit d’indépendance, réfléchir par soi-même et paix à tous.

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Alors quand on me raconte en long et en large une formation chez les SEAL (la Navy US si j’ai bien compris), j’ai un peu fait la gueule et même avec la meilleure volonté du monde, je décrochais très facilement. D’autant qu’on ne s’attache pas tellement à Jason, l’histoire est plutôt anecdotique puisqu’elle raconte des petits pans de la vie de Jason sans rentrer vraiment dans les détails. Je me suis pas sentie véritablement investie émotionnellement. Un peu comme si j’étais en train de voir défiler des images sans que j’arrive à trouver le lien entre elles.

Donc quand je dis qu’il m’a manqué un souffle romanesque, c’est ici que le problème commence : jusqu’aux 50 dernières pages, nous sommes, avec Sara, dans l’attente de « quelque chose qui va se passer ». Tout le reste du roman est plutôt introspectif et intimiste entre les voix des deux personnages, mais à chaque fois je ne pouvais m’empêcher de me demander quand l’histoire allait enfin démarrer. Je pensais que le « truc » tant attendu allait se passer bien plus tôt dans le récit et il a fallu attendre la fin pour que l’histoire prenne un envol plutôt marqué et du coup, romanesque.

Et les 50 dernières pages sont splendides.

Le manque d’investissement qui me faisait défaut a vite disparu. J’étais dedans, enfin et j’ai avalé ces 50 pages avec voracité, passionnée et émue par ce que je lisais, en regrettant bien fortement que ce romanesque que Lea Carpenter a réussi à insuffler à ces pages n’était pas là depuis le début.

Pour faire clair 

C’est compliqué cette affaire, c’est compliqué d’en parler parce que Onze jours est à mon goût un premier roman assez inégal avec cependant de belles qualités d’écriture. Il n’a pas vraiment de défauts majeurs en fait, c’est juste que j’ai besoin dans un livre d’être emportée par une histoire, quelle qu’elle soit, de me sentir prise par la main. Là j’ai été sur le bord de la route pendant un bon moment, un trop long moment.


Je remercie bien fortement les éditions Gallmeister et Léa. Vive le Picabo River Book Club !

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7 réflexions sur “Onze Jours – Lea Carpenter

  1. Ce qui est bien avec ces partenariats et ces lectures communes du coup, c’est qu’on peut vraiment se rendre compte de comment a pu être perçu un texte par tout un panel de lecteurs !
    Pour ma part, j’ai vraiment été emportée par le texte, et je trouve à l’inverse que plus de romanesque aurait fossé la puissance du récit.
    En tout cas ton avis est chouette à lire :)

    Aimé par 1 personne

    1. Oui je suis tout à fait d’accord, les avis différents sont très intéressants dans le groupe ! Et puis je pense qu’avec ce genre de roman, c’est difficile de faire l’unanimité. Ça dépend vraiment de la sensibilité du lecteur et de sa réception (plus que d’habitude en tout cas, enfin c’est l’impression que j’ai ^^)

      Aimé par 1 personne

  2. Arf c’est con, le pitch m’emballait bien, mais j’avoue que je suis pas versée non plus dans l’ambiance militaire, alors si ça s’étale sur des pages et des pages, ça pourrait me gonfler assez rapidement.
    Je tenterai peut-être l’emprunt en bib.

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    1. P’têtre bien que c’est la solution. Oué le résumé m’avait bien hypée aussi, je partais sur de bonnes bases et puis ben ça pas été la petite claque. L’autrice a vécu sensiblement la même histoire, avec son père, du coup je me dis qu’elle a voulu extérioriser quelque chose, mais bon c’est pas foufou.

      Aimé par 1 personne

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