Les heures rouges – Leni Zumas

Depuis notre lecture commune de La servante écarlate et notre matage rituel de la série, dès qu’on entend « dystopie » « droits des femmes » « danger » dans la même phrase, Valentine aka le Brocoli de Merlin et moi on devient de véritables lapins de Garenne, aussi vif que l’éclair pour attraper le bouquin en question et le ramener dans nos terriers.

Bon là, pas de bol, on est tombées sur une couille. C’était paaaaaas vraiment ce qu’on s’était imaginée (C’ÉTAIT CHIANT OUAIS) nan c’était… c’était… ok c’était chiant.

Alors voilà.

Vous me l’avez demandée. A corps et à cris. La voilà, la « lecture pourrie » (sic) qui ne vous donnera pas du tout envie de vous jeter dessus, elle est là. Quoique… J’ai peut-être des pouvoirs de magicienne, p’têt ben que je vais te pousser, toi petit pioupiou innocent qui se croit à l’abri, à vouloir lire absolument Les heures rouges. WHO KNOWS ?

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De quoi ça parle ton machin ? 

Résumé de quatrième de couverture tel que nous l’avons lu (c’est important pour la suite de l’article) :

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivor, exploratrice islandaise du XIXème. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

Et du coup c’était… ? 

Chiant.

Nan d’accord mais sinon ? C’était comment ? 

Compliqué.

Parlons du style. Tiens.

Il est très spécial, je ne vais pas vous le cacher même si au début cela ne m’a pas déplu. Les personnages sont nommés juste par un mot (la biographe, la guérisseuse, la fille, l’épouse) comme si l’autrice souhaitait montrer qu’une femme peut être réduite à un statut et à une seule petite partie de sa personnalité ou de sa vie pour représenter sa place dans une société. Pourquoi pas après tout, l’idée (si j’ai bien interprété) me plaît bien. La narration est loin d’être évidente et maintient le lecteur dans un flou artistique où l’on ne comprend pas toujours qui parle et de quoi il est question.

Mais jusqu’ici ça va.

Là où ça se corse niveau écriture (un des reproches que je fais au bouquin, c’est que c’est d’un compliqué pour RIEN), ce sont les passages de la biographie qu’est en train d’écrire Ro (la biographe) sur une exploratrice islandaise du XIXe. Je ne vais pas vous en parler beaucoup puisque je n’ai absolument rien pané à ce que ce machin foutait là, entre deux chapitres, d’autant que ces passages sont absolument mineurs et n’ont aucun lien apparent avec le récit. J’ai vérifié sur le net, l’exploratrice n’a jamais existé donc c’est une invention de l’autrice. Très bien. Mais une invention dont je ne comprends pas le rapport avec le bouquin à part que 1/ l’exploratrice est une femme au XIXe et 2/ tous les autres personnages sont… sont des femmes aussi.

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Mais bon passons…

On rajoute avec ça une écriture hachée et répétitive (quand on te répète 3 fois qu’un personnage ne veut pas d’une maison bourgeoise mais d’un bébé, je crois qu’on a bien compris le concept, merci), je n’ai pas trouvé ça transcendant. De même que le style, un peu intello, devient vite présomptueux quand tu te rends compte que le récit brasse les poncifs comme des moulins à vent hollandais.

Parce que c’est ça le problème :

La banalité de cette histoire, les enfants !

En fait, si je reviens en arrière et à mon enthousiasme de fifou avant d’en commencer la lecture, je pense que j’ai été induite en erreur.

« Etats-Unis, demain ».

Deux mots du résumé. Je pensais vraiment avoir affaire à un roman qui ressemblerait à  une dystopie de future proche propice à la critique des lois et des restrictions contre les femmes qui suintent à l’heure actuelle ou en tout cas un roman dont la situation, décrite dans le résumé, allait avoir un impact sur les personnages. Bref, un roman qui ne surferait pas juste sur la vague d’une mode depuis l’explosion en librairie et dans la culture pop d’un certain livre de Margaret Atwood.

Nous avons donc des femmes qui vont être confrontées à des situations difficiles et des questions existentielles sur leurs choix et leur vie. Okay. Deux d’entre elles vont être le plus « touchées » par les lois restrictives sur l’avortement et la PMA : Ro, la célibataire quarantenaire qui désire à tout prix un enfant et Mattie, l’adolescente qui va tomber enceinte. Ceci n’est pas un spoiler, le récit est TELLEMENT prévisible (ça aussi, à rajouter dans la liste des reproches) qu’à la seconde où tu rencontres Mattie, t’as pas à chercher bien loin pour savoir ce qui va lui arriver à la mignonnette.

Partant de ce postulat, on s’attend ainsi à des difficultés de haut niveau au vu de l’ambiance qui serait née de ces nouvelles lois.

Eh bien pas du tout.

Toutes les difficultés que rencontrent les femmes sont les mêmes que dans notre société.

Une femme célibataire de plus de 40 ans a DÉJÀ du mal à adopter. Avec ou sans loi répressive. L’avortement d’une adolescente dans un petit patelin (ou pas d’ailleurs) est DÉJÀ problématique. Surtout aux USA où c’est encore moins simple que chez nous.

Franchement, droit dans les yeux, ces nouvelles lois, qui supposent un pays à la politique sociale beaucoup plus stricte qu’actuellement, servent en quoi à la narration ? Où est l’intérêt de parler de « demain » (donc de « future proche ») si on ne change rien, si les problématiques rencontrées sont exactement les mêmes que dans notre société où ces lois n’existent pas encore. Où sont les dénonciations ? Quel est le message du roman ? Que les lois anti-avortement c’est pas bien du tout ?  SANS DEC.

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Quant aux autres, la femme au foyer qui s’ennuie comme un rat mort et la guérisseuse qui se fait passer pour une sorcière dans un patelin un brin superstitieux… Que voulez vous que je vous dise ? OSEF. Mais OSEF à fond.

Mais Valentine, elle en a pensé quoi en vrai ?

Puisque son blog est en jachère pour un temps indéterminé, j’ai demandé à ma camarade de m’envoyer ses impressions que je vous poste ici.

Vas-y parle copine, c’est à toi.

Alors, hein, bon.

A l’heure où Titine (qui va bien et qui parle toujours d’elle à la troisième personne) vous écrit ces quelques lignes, elle n’a pas encore lu la chronique de Mimine. MAIS, elle peut vous garantir que tout ce qui s’y trouve est véritablement vrai et véridique. Ne lisez pas ce livre. On s’ennuie, ça dénonce rien du tout (sauf peut-être que les modes en littérature (merci La Servante écarlate) ça craint).

Okay, le droit à l’avortement a disparu dans cette « dystopie », mais franchement les personnes galèrent peu (pas) plus que nous aujourd’hui et du coup, on pige pas le message (enfin si, l’avortement, c’est important) (No fucking shit, Sherlock).

Bref, épargnez-vous du temps (et de l’argent) et allez regarder Twilight sur Netflix, c’est mille fois plus profond.

Bim Bam

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(Titine est la responsable de ces propos, ne tapez pas sur Mimine)

Des bisous !

Pour la faire courte

Les heures rouges c’est de l’esbroufe littéraire. Une masturbation intellectuelle sans aucune imagination, collectionnant les clichés comme des images Panini sans apporter une quelconque réflexion nouvelle et qui veut faire passer des vessies pour des lanternes.

tenor

12 réflexions sur “Les heures rouges – Leni Zumas

  1. Roooh T’es dur quand même! Je trouve qu’il y a des choses intéressantes notamment l’histoire de Mattie qui m’a le plus émue et mise en colère. En revanche, je suis d’accord sur le côté prévisible. L’auteur n’a rien inventé et aurait pu être davantage dans le registre dystopique! En revanche, j’ai bien aimé le style justement brouillon! (par contre c’est vrai que la bio de l’exploratrice c’est WTF! Je vois toujours pas le rapport).

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