Homme sans chien – Hakan Nesser

Un polar suédois de temps en temps, c’est comme la crème au chocolat, ça ne se refuse pas. Et dans la catégorie « policier bien ficelé », nos amis du Nord ne sont pas les derniers des bouseux dès qu’il s’agit de nous concocter des histoires glaçantes, où la critique sociale d’un pays idéalisé par le reste du monde n’est jamais loin. Exemple phare : l’excellente trilogie « Millenium » de Stieg Larsson qui à mes yeux n’a pas encore été égalée.

Oui j’ai dit « trilogie »

Car soyons bien clair les enfants, le quatrième tome N’EXISTE PAS. Il n’a jamais existé. Je nie même sa conception. C’est comme Indiana Jones 4. Si nous faisons comme s’ils n’étaient pas là, ils finiront par disparaître pour de bon.

Donc en farfouillant dans ma médiathèque préférée, munie de mon Moultipass chaud comme la braise, j’ai déniché ce petit policier (de presque 500 pages…) dont je n’avais entendu que pouic. Ça tombait bien, ce jour-là il neigeait (oui la semaine dernière. Dans le Sud. Le 1er jour du printemps. Non il n’y a aucun dérèglement climatique voyooooons…), et ça faisait un temps infini que je ne m’étais pas avalée un bon polar sous la couè-couette.

tenor
Regardez-la Mimine, le bonheur peint sur son joli visage, n’est-elle pas pipounou ?

De quoi ça s’agit ? (oui on parle bien le français ici)

A l’approche des fêtes de fin d’année, la famille Hermansson est en ébullition. Chaque année c’est la même rengaine : tout le monde doit se réunir pour fêter l’anniversaire simultané du patriarche Karl-Erik et de la fille aînée chérie et parfaite, Ebba. Or voilà, personne semble véritablement s’apprécier. Le couple Karl-Erik / Rosemarie ne s’entendent plus depuis des années et les trois enfants Ebba, Robert et Kristina n’ont jamais eu de liens particuliers, si ce n’est une certaine indifférence entretenue entre l’ainée et ses cadets. Cette année est d’autant plus spéciale que Robert, mouton noir de la fratrie, a humilié la famille en se masturbant dans une émission de télé-réalité, obligeant Karl-Erik et Rosemarie a quitté très prochainement leur petit village suédois pour l’Espagne, loin de la honte et des journaux à scandale.

Et puis un soir, Robert disparaît. Pas plus inquiète que ça, la famille continue les festivités croyant qu’il est parti se terrer pour fuir les réjouissances. Mais c’est avec la disparition, 24h plus tard, du fils aîné d’Ebba que là, ça commence à paniquer sérieusement. L’inspecteur Gunnar Barbarotti annule ses vacances de Noël et est dépêché immédiatement sur l’affaire.

Les disparitions auraient-elles un lien ?

Happy Family 

tenor

Premier roman d’enquête autour de l’inspecteur Gunnar Barbarotti, l’auteur nous embarque au coeur d’un huis-clos familial où les tensions latentes sont aussi tendues que lors d’un repas dans la famille de Festen*. Et ça, c’est quèque chose que Mimine aime bien. Beaucoup même. Les petites guéguerres silencieuses, les non-dits et l’hypocrisie dans un environnement familial représentent généralement les fondations idéales d’une bonne intrigue. Et Y A DE QUOI FAIRE chez les Hermansson. Rien ne va depuis la racine même où le couple de parents est juste bancalos-ohmondios : le mari Karl-Erik est une sorte de tyran insupportable, sûr de lui et aussi raide que la justice qui gouverne sa soumise femme, Rosemarie, complètement à côté de ses pompes. Après tu m’étonnes que les gosses soient toqués un brin. Quitte à ce qu’un moment, ça dégénère un poil niveau relation entre personnes consentantes (sivouvoyécekeuj’veuxdire).

Pour l’inspecteur Barbarotti, même s’il reste malgré tout un peu palot face à la forte personnalité des autres protagonistes (et qu’il ne sert pas à grand chose pendant une partie de l’intrigue mais je vais y revenir), on sent le désir de ne pas nous servir le cliché du flic alcoolique, désabusé et mauvais père/mari/partenaire/humain (barrez la mention inutile). Ici, j’crois même qu’il ne boit pas ni ne fume. C’est même un bon père, genre papa-poule avec sa fille adolescente. Nan j’suis obligée de le préciser, parce que c’est tellement rare dans les romans policiers qu’il faut rendre les mérites à César.

Malheureusement, on n’apprendra pas à le connaître plus que ça. La particularité du roman ici, c’est qu’une bonne partie, voire la majorité, est consacrée à ce fameux huis-clos familial, si bien que lorsque Pépère arrive dans l’histoire, nous lecteur en savons carrément plus que lui (ce qui est assez sympa dans l’genre « HA MOI JE SAIS ! »). C’est un parti-pris qui m’a donc beaucoup intéressée pour être honnête, alors même que l’intérêt de l’enquête policière avec l’inspecteur puisse se poser par moment. Car dès que les bases ont été mises en place et qu’on sait à peu près ce qu’ont fait les disparus une heure avant leur disparition, il ne faut pas être un grand Sherlock Holmes pour comprendre ce qu’il s’est passé.

Quant au style, il peut paraître un peu déroutant mais possède son petit charme en mêlant un certain sens de l’ironie et de l’humour noir avec la tragédie qui entoure les protagonistes. Cependant, je dois reconnaître qu’au début du roman, j’ai eu un peu de mal. J’ai fait des petites grimaces face à certains propos que tiennent les personnages (écrits et conçus par l’auteur je rappelle, j’émets ainsi certaines réserves sur quelques « croyances » de Hakan Nessern, homme de 68 ans…).

1/ Quand un des personnages féminins se regarde dans la glace « … ses seins demeuraient symétriques, son ventre plat, et ses hanches, juste assez généreuses. Pas de cellulite. Une femme, en fin de compte. »

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2/ Un des personnages se révèle être gay. Or voilà, un autre personnage a décidé que non il ne l’était pas, que c’était juste une passade et que la vie était faite d’expériences avant de revenir sur « le droit chemin » (bon déjà 1/ de quoi tu te mêles ? 2/ mwé admettons, et alors ?), et pour le prouver, ce personnage décide de séduire la personne homosexuelle pour lui montrer qu’elle n’est pas gay.

ET ÇA MARCHE……..

↓ Ma réaction ↓
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Ah et ces deux personnages font partie de la même famille. Bizarrement, l’inceste n’est pas ce qui m’a le plus choquée. Je l’étais carrément plus par les propos tenus sur l’homosexualité/bisexualité, mais c’est peut-être moi qui surinterprète…

(Pour ceux et celles qui me suivent sur Twitter, oui c’est ce fameux passage avec cette fameuse citation).

Voilà voilà.

Mais alors au final c’était comment ? 

Ben c’était plutôt sympa ! Une bonne lecture sous la couè-couette (ce qui était le but à l’origine).

Alors d’accord, y a eu des moments

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mais aussi : Vas-y ! Parle-moi du Maaaaaal et de la craaaaasse. J’aime çaaaaaa. 

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Je regrette un peu l’absence de critique sociale que j’aime bien retrouver dans les polars, surtout venant des Scandinaves et qui nous montre qu’ils ne sont pas si géniaux que ça là-haut, mais bon vu l’histoire et les saloperies, ça allait bien comme ça, hein.

*Festen, film danois de Thomas Vinterberg (1998) que je vous conseille très fortement.

10 réflexions sur “Homme sans chien – Hakan Nesser

  1. Ah ben ça alors! Ces phrases n’étaient donc pas issus d’une fan-fiction érotique ? (J’ai rien contre les fan-fictions, mais comme il n’y a aucun filtre à leur publication, ben… des fois ça se voit). Comme quoi il y a aussi des oeuvres publiées avec du wtf dedans.

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    1. 1/ Ouais hein ça choque les propos… J’avoue si j’avais lu mon avis avant de lire le bouquin (le truc pas logique) j’aurais eu des petites réticences. Après c’est vraiment l’unique sortie dérangeante sur l’homosexualité dans le bouquin, ça redevient très correct par la suite.

      2/ Ah bon ?! Je vois pas pourquoi… x) (en vrai j’trouve que Fétide Adams est une véritable petite boule d’amour choupinouchoupiny *elle est zinzin*)

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  2. Moui, bah du coup, je sais pas trop. En plus, en général, j’aime bien quand les auteurs tiennent des propos limite à travers leurs persos, qui c’est pour dénoncer, ou constater un truc (genre Despentes, dans Vernon Subutex luttez fait très bien), mais là, j’ai pourrir d’être en colère, et ça me fatigue d’avance.
    Par contre, est-ce qu’on peut parler de ton premier GIF famille Adamsien ? Parce serrure je souhaite lui décerner le titre de Best gif ever (avec celui de tom hanks ou ça fait thanks quand il lève la main).

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      1. Oui j’ai vu ça, la vache c’est un Motus que tu m’as fait là xD
        Alors oui ça surprend les petites choses grinçantes, mais ça se passe au début et après POUF plus rien. L’auteur redevient correct dans le bon sens du terme.
        Et oui le gif Fetide n°1 est d’une pipouserie ! Je rajouterai même que le gif Tom Hanks + le clown Ça qui fait coucou (oui oui avec le bras arraché d’un enfant toutafé) est le maximum du choupi.

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