Lettres à Stella – Iona Grey

Mimine s’étant décidée à sortir de sa caverne pour aller voir les copines, c’est avec sa très chère Popcorn & Giberrish qu’elles ont lu l’acclamé Lettres à Stella. Coup de coeur général sur la blogosphère à sa sortie, unanimement déclaré « roman le plus romantique de l’année », bref il fallait qu’on voie ça de nos yeux candides.

La chronique de Popcorn

Vous l’sentez qu’il va y avoir une petite voix dissonante ?

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Keukou

De quoi ça cause dans les grandes largeurs ? 

2011. Jess, jeune femme battue par son petit copain, trouve refuge un soir dans une maison abandonnée de la banlieue de Londres. Fouillant dans les affaires des anciens occupants, elle trouve les lettres d’un homme à la recherche de son amour de jeunesse. Immédiatement touchée par leur contenu, Jess va tenter de découvrir ce qu’il est advenu de la femme avec l’aide d’un chasseur d’assurance mis sur sa route par hasard.

1942. Stella, jeune orpheline, vient d’épouser le pasteur du village. Mais au fil des mois, et pendant que la guerre gronde en France où tous les hommes valident ont été envoyés, Stella se rend compte que son mariage n’est pas ce dont elle avait rêvé. Vite délaissée par son pasteur de mari, elle succombe à un beau pilote américain en permission à Londres avec qui elle va vivre un amour interdit.

Mimine a-t-elle un coeur de pierre ? 

La question peut se poser.

Construit sur une narration à deux voix sur deux époques différentes, on découvre que les lettres qu’a découvert Jess concernent les amants de 1942.

A qui appartenait la maison dans laquelle s’est réfugiée la fugueuse ? Qu’est-il arrivé à Stella ? Pourquoi Dan, le pilote américain, ne l’a-t-il jamais revu ? Voici quelques questions que le roman pose dès le début et qui nous tiennent en haleine jusqu’à la fin. En remontant le temps, pas à pas avec les découvertes de Jess, on parvient assez vite à comprendre les tenants et aboutissants de cette histoire déchirante sur les quelques 500 pages que nous offre le pavé.

Franchement, sans tout de suite gâcher la compote, j’ai passé un agréable moment, bien au fond dans mon lit, à réchauffer mes patounes du froid ambiant. Si la partie « 2011 » m’a semblé par moment assez artificielle — parce que la narration répète beaucoup ce qu’on sait déjà, puis parce que l’histoire personnelle de Jess m’a semblé assez prévisible —, la partie « 1942 » narre une histoire particulièrement dramatique mais très intéressante à suivre. Le contexte de guerre est plutôt bien rendu, ça se répercute sur la vie quotidienne et exacerbe le patriotisme ambiant alors que les soldats meurent au front. Quant à cette histoire d’amour, elle est jolie et j’aurais presque pu y croire à fond si quelques clichés du roman romantique et le style n’avaient pas été aussi forcés.

Bon sang ce que c’est cul cul la praline…

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Je vous le dis, j’ai réfléchis longtemps et beaucoup dans mon plumard, en marchant ou dans le métro, pendant de nombreux jours, à comment je pourrais qualifier ce bouquin qui m’a autant donné du plaisir de lecture que des pouffades de rire et des levages de sourcil désabusés. Et j’ai trouvé.

Lettres à Stella c’est à mes yeux l’équivalent littéraire de Pearl Harbor. Oui oui le film de Michael Bay. Avec les violons extatiques d’Hans Zimmer.

Explications

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  • C’est naïf en mode « L’amour est plus beau et fort que tout ».
  • C’est des ficelles narratives qui ne nécessitent pas d’avoir le nez d’un cochon truffier pour capter le bidule.
  • C’est des personnages stéréotypés à l’excès avec d’un côté ceux qui sont bourrés de valeurs humaines (pureté, courage, abnégation, sens du devoir et du sacrifice, tendance prononcée à la victimisation et au martyre) et ceux qui sont méchants puissance 1000 parce qu’il faut bien que les héros souffrent un moment donné (au passage, le personnage du pasteur m’a clairement fait tiquer car il avait un potentiel de guedin pour être hyper intéressant et offrir une belle dynamique à l’histoire. Mais non. On fait dans la facilité. C’est plus simple comprends-tu… Personnellement j’ai trouvé que son traitement puait #MimineColère).
  • C’est des passages qui voient les personnages lâcher leur liquide lacrymal très souvent. Trop à mon goût (j’sais pas, un peu de pudeur et de retenue ça fait pas de mal), mais on dit que je suis spéciale, donc bon… Larmes de reconnaissance après un orgasme (?? WTF ??), larmes de séparation, larmes de retrouvailles, larmes de compassion, larmes de souffrance, larmes de deuil, bref tout y est.
  • C’est enfin des moments qui te poussent toi lecteur/spectateur, sans vergogne, au pathos et au sentimentalisme (et là j’avoue qu’à la fin, Mimine s’est battue difficilement contre elle-même pour ne pas que la petite larme sorte de son orbite oculaire) (parce qu’en fait, malgré les apparences, elle en a un de coeur, tout petit et tout velu mais quand même).

Je vous laisse même le soin de regarder cette vidéo des « plus beaux ralentis passages » du film. J’trouve que ça résume plutôt bien l’ambiance du bouquin.

Bref, c’est incroyablement et inexplicablement cliché, mais la recette marche.

Comme Pearl Harbor est un de mes plaisirs coupables où je laisse au vestiaire tout esprit critique (quoiqu’avec un petit sourire en coin de temps en temps), Lettres à Stella est le genre de roman où j’ai du faire preuve d’une tendre indulgence pour apprécier l’ensemble. Car même si ce n’était pas le roman que je m’étais imaginée, même s’il y a eu des moments au cours de ma lecture qui ont failli me faire lâcher le livre parce que « trop c’est trop », je l’ai lu presque entièrement en l’espace d’un week-end, mangeant les pages comme des Pépito. Et j’ai bien ri avec June &Cie sur Whatsapp à qui je partageais mes agacements répétitifs. Le souvenir de cette lecture ne sera pas mauvais donc, loin de là !

Verdict Final 

J’ai beau être une nana à tendance « midinette & fleur bleue » qui adore les histoires d’amour (si si c’est vrai, j’le jure sur les 7 tomes d’Harry Potter), j’ai des réticences dès que ça devient un poil « guimauvieux » ou trop évident. Pour tout vous dire, ça me fait même carrément sortir de l’histoire dès que le nombre de lieux communs romantiques autorisés par la convention de Genève est dépassé. Mais c’est moi, c’est Mimine. Chez les copines, le roman a été très apprécié et je ne doute pas qu’il continuera à plaire et à trouver de nouveaux aficionados.

14 réflexions sur “Lettres à Stella – Iona Grey

  1. MERCI !!!! Comme je me sens moins seule en lisant ton (génial) billet XD Franchement je ne pense pas avoir un coeur de pierre mais j’ai trouvé ce roman énormément cul cul comme tu dis, et tellement mais tellement cliché… De grosses ficelles, des personnages stéréotypés, je n’y ai pas cru une seule seconde. Du coup je n’ai même pas versé de petite larme, j’avais juste hâte de finir le bouquin :-/
    en tous cas ton article m’a beaucoup fait rire ^^

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    1. AH TOI AUSSI ! Viens on va monter un club *soupir de soulagement*
      Nan franchement, quand j’ai vu toutes les notes et les avis sur Livraddict, j’ai sincèrement cru que j’étais une sociopathe, qu’il y avait un truc qui tournait pas rond chez moi.
      Moi ce qui s’est rajouté c’est que je m’attendais pas à ça des éditions Les Escales, qui ont d’habitude un niveau un peu plus exigeant, j’ai été vraiment déçue. Parce que là on n’est pas loin du roman à l’eau de rose Milady ou Harlequin Soft que je fuis comme la peste bubonique.

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  2. Personnellement, je n’ai pas lu le livre. Il fait partie de mes envies mais ta chronique m’a passablement refroidie. (cela va faire du bien à mon porte monnaie) Il faut bien des avis mitigés. Je trouve qu’ils aident à ne pas placer la barre trop au risque d’être déçue plus tard. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. En tout cas, ton billet est super bien écrit. Cela m’a fait plaisir de le lire. 😉 Le passage sur les larmes m’a fait sourire et comme je l’ai vu dans les autres commentaires. Je ne suis pas la seule.
    Voili voilou

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  3. Hum, il me tentait vraiment celui là mais lorsque je lis ton avis, je suis un peu moins pressée de le lire. Je pense que tout dépendra de mon état d’esprit lors de la lecture; parfois j’aime le côté guimauve excessif et parfois non ^^. Je croise les doigts pour cela me plaise au final.

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  4. Ben tu vois, avec tous les avis que j’avais pu dire, il figurait clairement dans les bouquins que j’avais très très envie de découvrir. Surtout que justement il venait les escales qui est une maison d’édition que j’apprécie beaucoup. Et finalement, ben… Je sais pas trop. En tout cas ta chronique aura eu le mérite de me faire beaucoup rire.

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