Après la chute – Dennis Lehane

J’aime Dennis Lehane. C’est un fait. J’ai lu, dévoré, aimé (presque) tout ce qu’il a écrit. Alors quand le Picabo River Book Club(*), créé par la talentueuse Léa Touch Book, a proposé un partenariat avec la maison Rivages et que le roman s’est révélé être le nouveau Lehane, j’ai fait un piqué, façon pigeon sur crouton de pain, et ai ardemment croisé les saucisses. Gagné !

Après des petits problèmes d’envoi et de colis jamais arrivé (j’avais d’ailleurs abandonné l’idée de recevoir la bête), j’ai eu la surprise la semaine dernière de voir dans ma boîte aux lettres que les éditions Rivages avaient eu la gentillesse de me renvoyer un exemplaire (MERCIx1000). Pendant ce temps, j’avais eu le temps de lire des avis, allant du « déçu » à « mitigé » en passant par du « ouais, pas mal ». Après la chute n’avait pas tant convaincu que ça. J’vous avoue, là j’appréhendais un poil de chat.

Mimine allait-t-elle rejoindre la majorité des avis ?

*SUSPENS ON*

Ce que ça raconte dans les grandes lignes

(Je vous prierais humblement de ne PAS aller lire le synopsis de Livraddict, ça te raconte juste les 3/4 du bouquin)

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Rachel Childs est une journaliste télé qui souffre de crises de panique et de phobies de plus en plus importantes, dont la cause tient, entre autres, à un contexte familial particulier : sa mère, la grande Elizabeth Childs, psychologue célèbre, est morte sans jamais avoir voulu lui dire qui était son père, parti quand Rachel était petite. C’est en faisant des recherches sur lui que Rachel rencontre Brian Delacroix, alors détective privé. Est-ce à ce moment-là que tout à chaviré ?

Et donc, Mimine ? 

*SUSPENS OFF*

J’ai adoré.

Absolument tout.

Voilà, merci zizi au’r’voir Messieurs Dames.

Ok partez pas, j’développe le rouleau.

Même les idées les plus échevelées que le roman nous donne à lire, même les incohérences sur lesquelles je suis passée dessus sans un regard, même l’improbabilité parfois de l’histoire et du taux de « poisse » que l’héroïne possède apparemment dans ses hémoglobines, j’ai kiffé. Du moment que je suis en phase maximale avec mes héros, j’ai envie de vous dire, on peut me faire avaler n’importe quoi.

Les personnages, la patte à Dédé

Le style Lehane, c’est quoi ? A part de bonnes histoires, des pubs irlandais, Boston, du Whiskey et de la musique, je veux dire ?

Eh ben ça se définit par des personnages bien construits et surtout irrémédiablement attachants. Un amour de l’humain que Lehane exprime en insufflant un dynamisme fou dans les relations et dans les dialogues, avec cette pointe d’idéale et de noblesse que les héros tentent d’atteindre malgré toute la noirceur qui se dégage de l’intrigue. Je m’en rends compte quand je jette un coup d’oeil en arrière à ses précédents romans : je ne me souviens pas forcément de l’histoire en elle-même, mais les héros restent là dans un coin de ma tête. Le duo de détectives dans la série Kenzie & Gennaro ; la famille Coughlin dans Un pays à l’aube ; ou bien encore Dave Boyle dans Mystic River, bref autant de personnages profondément marquants.

Et Rachel l’héroïne de ce nouveau roman, va certainement rejoindre le panier. Car, non seulement on a affaire à la toute vraie première héroïne chez Lehane, mais en plus son histoire personnelle et les péripéties qui vont l’amener à évoluer sont passionnantes. La nana, bien que fragile psychologiquement, est en plus dotée d’une personnalité que j’ai beaucoup appréciée : idéaliste devenue pessimiste, caractère fort jusqu’à devenir assez bad-ass quand elle est poussée dans ses retranchements, Rachel est un très bon personnage, sublimé je pense par sa rencontre avec le fameux Brian Delacroix aussi sympathique que bizarrement énigmatique. Même que je me suis dit qu’elle aurait pu être un héros masculin au final, il n’y aurait pas eu beaucoup de différences. Voyez, la caractérisation homme/femme ne devient jamais prétexte à cliché chez l’auteur (autre point que j’aime chez lui) (décidément c’est  la fête à Dédé aujourd’hui).

Mais alors thriller ou roman noir ? That is the question.

Ah la ligne peut sembler un chouïa floue ! Elle l’est assez fréquemment dans les romans de Lehane et c’est peut-être mieux comme ça. On n’est jamais sûr de ce qu’on va trouver dedans alors qu’on a certainement affaire à un peu des deux. Car entre la quête identitaire de Rachel, ses déboires professionnels et sa crise existentielle après un voyage en Haïti des plus traumatisants, puis le mystère qui entoure le cas « Brian Delacroix », on ne sait où donner de la tête.

Tantôt roman d’apprentissage, tantôt roman noir, tantôt thriller psychologique, Après la chute pioche ses références un peu partout ce qui révèle une histoire, on se rend compte à mesure que l’intrigue se dévoile, très cohérente, le noyau central étant l’évolution de Rachel. Parce qu’en vrai, plus que tout autre, c’est l’histoire d’une fille qui aimerait juste, au moins une fois, s’en sortir dans la vie et être capable de franchir un obstacle sans avoir à s’écrouler. Mais comment ? Comment s’en sortir quand dès le départ dans la vie la cellule familiale est toxique, quand tout le monde ment, quand l’amour signifie abandon ?

Avec un dernier acte assez cocaïné et action-(wo)man qui aurait pu dérouter (ça passe crème pour toutes les raisons citées), le roman se finit en pétarade de 14 juillet, laissant Mimine toute seule et qui en aurait bien demandé plus tellement elle ne voulait pas quitter le bouquin. Peut-être un épilogue ? (la meuf est dans le déni).

Point à la ligne

Le truc pour savoir quand j’ai aimé un bouquin ? A part le fait que je ne sais jamais très bien en parler, vous voulez dire ? J’ai « bouffé » le roman avec la sensation de ne plus me rendre compte que je lisais ni du temps qui défilait. Donc oui Après la chute est un bon bouquin. Oui il sort bien de l’écurie Lehane même s’il n’est peut-être pas le meilleur, je le reconnais, tombant parfois dans des petites facilités narratives.

D’ailleurs, à ceux et celles qui n’auraient jamais rien lu de l’auteur, je vous conseillerais bien de lire ses autres romans pour vous faire une idée de LA PATTE À DÉDÉ.

Genre Mystic River. Ou Un pays à l’aube

(coups de coeur ABSOLUS).

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∴∴∴∴

Merci BEAUCOUP

aux éditions Rivages et surtout à Léa pour le travail qu’elle abat chaque jour.

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(*) Le Picabo River Book Club est un club littéraire sur Facebook autour de la littérature Nord Américaine qui propose des échanges sur les lectures et de merveilleux partenariats. 

8 réflexions sur “Après la chute – Dennis Lehane

  1. Bonjour, votre enthousiasme est totalement communicatif et je me jetterais bien aussitôt dessus si j’avais déjà lu des bouquins de l’auteur, mais je vais peut-être suivre ton conseil pour le coup et commencer par un p’tit classique type Mystic River ou tiens Shutter Island que j’ai dans ma bibliothèque en plus !

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai lu que Shutter Island (que j’ai adoré et que j’ai relu illico parce que, même si j’avais vu le film trois plombes avant, ma p’tite tête avait tout oublié des révélations finales, et du coup, tout est à réinterprété différemment, ce qui est juste génial !) et après… rien. Pourquoi ? Il faut absolument que je corrige ça !

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