The Crime, t2 – Marie Rutkoski

C’est vendredi, enfin. C’est le week-end, enfin, et ce soir, Mimine quitte sa grotte pour rejoindre l’air marin de Toulon pendant 24h. Enfin. Mais c’est pas une raison pour oublier que j’ai une chronique à publier de toute urgence.

C’est l’occasion aussi de revenir sur le premier tome de la saga, lu en mars 2017, que je n’avais pas chroniqué (période où j’étais tombée dans une faille spatio-temporelle)(oui c’est mon excuse. TAKE IT) alors que je l’avais beaucoup aimé.

Ce que ça raconte dans le tome 1 : The Curse 

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À Herran, pays colonisé par l’Empire et dont le peuple a été réduit en esclavage,  Kestrel est l’unique fille du Grand Général des armées, héros de la prise d’Herran. A l’aube de sa majorité, elle doit faire un choix qui déterminera toute sa vie.

  • Option a) s’enrôler dans l’armée de son père.
  • Option b) se marier.

Doté d’un fin esprit de stratège, Kestrel aurait toutes les capacités pour embrasser la carrière et marcher sur les pas de son illustre paternel. Or, voilà déjà qu’elle n’est pas très douée en combat rapproché, son caractère indépendant et frondeur l’empêche de même penser à l’éventualité de travailler dans l’armée. Et pour le mariage, n’en parlons pas, c’est niet. Sa vie se retrouve bouleversée lorsqu’elle achète sur un coup de tête, un esclave herrani, Arin, qui va lui ouvrir les yeux sur son propre monde.

En gros.

Et non, on n’est pas dans du Prince Captif. Mimine avait checké avant cette fois-ci.

Et c’était vachement bien 

Dévoré en l’espace d’une journée, le livre m’avait plu. L’écriture était chouette et bien maîtrisée, rien d’étonnant à cela quand on voit le CV de l’autrice qui est passée par la case Harvard et les plus prestigieux ateliers d’écriture des USA. Je n’étais donc pas tombée dans une soupière bon marché aux relents d’oignons. Les personnages étaient bien campés, même si je regrettais un petit peu que les secondaires (comme la meilleure amie et le frère de cette dernière) ne soient pas plus présent, et l’univers époque Second Empire était à la fois crédible et intrigante. Quant à l’intrigue, elle reposait sur le mystère qui entourait l’esclave Arin et la relation qui petit à petit se jouait entre Kestrel et lui, et c’était très sympa.

En refermant le bouquin, j’avais même eu cette étrange sensation de mélancolie, perdue et abandonnée par cette fin qui nous laisse sur un dénouement « wow », promettant des conséquences difficiles. Limite si j’avais pas envie de me mettre à la version anglaise du tome 2, de suite, pour connaître la suite des aventures de Kestrel et Arin.

Donc. Le tome 2.

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Ce que raconte le tome 2 : The Crime

(attention, ça spoile) 

Après la sanglante rébellion herranie dirigée par Arin, Kestrel a tout perdu et vu des familles et des amis mourir devant ses yeux. Pourtant pour sauvez l’homme dont elle est tombée amoureuse et le peuple de ce dernier (qui légitimement reprend ses droits sur son pays), elle noue un pacte avec l’Empereur : « décarrez vos troupes d’Herran en la déclarant province libre de l’Empire, en échange je m’offre comme fiancée à vot’fils » (elle a pas dit ça comme ça, je suppose, mais l’idée reste la même). Ainsi, fraîchement fiancée, Kestrel vit au Palais Impérial, tandis qu’Arin, devenu Gouverneur d’Herran, se morfond de la perte de sa bien-aimée.

Et c’était… méh 

Je me frottais les mains de plaisir à l’idée de reprendre l’histoire. D’autant plus que le début était super, sisi. Je retrouvais Kestrel, une héroïne que j’aime beaucoup, battante et qui tente de s’en sortir même si elle échoue parce qu’elle n’est pas parfaite. L’ambiance à la capitale, surtout au palais, posait bien le piège dans lequel était enfermé Kestrel contre son gré. Rien que la toute, toute première scène de repas avec l’Empereur donnait le ton.

Et puis, l’intrigue machiavélique, le « terrible jeu d’échec » (sic la 4e couverture) a fait l’effet d’un soufflet au fromdu qui retombe.

Pourquoi ?

1- Les enjeux m’ont semblé reposer un peu trop sur les frêles épaules de la relation amoureuse des deux protagonistes. Arin est persuadé que Kestrel l’a trahi, Arin croit que Kestrel est méchante, Kestrel aimerait lui dire la vérité mais ne le peut pas. Leurs problèmes sont si compliqués que ça n’a plus aucun sens, d’autant que si Kestrel ne veut rien lui dire sur ses plans pour sauver le monde (ce qui arrangerait bien des situations), c’est qu’elle pense qu’Arin serait incapable de garder le contrôle et ferait donc tout capoter. Donc, en gros, la meuf, elle est en train de nous faire comprendre qu’elle prend son mec pour un débile… Super.

2- Arin. Dans le premier tome c’était un personnage intéressant qui s’est révélé même très émouvant (nan vraiment le gars, c’est de la chienne de vie qu’il a eu). L’avantage ? Pendant les 3/4 du roman, on n’avait jamais son point de vue, faisant de lui un personnage mystérieux aux motivations tout aussi mystérieuses. L’intérêt était donc MAXI TOTAL. Maintenant qu’on sait qui il est, on a accès à ses pensées et c’est la grosse erreur de ce tome 2 : les interactions entre Kestrel et Arin n’ont plus aucun secret pour le lecteur. On sait ce qu’ils pensent tous les deux et quand on veut nous faire comprendre qu’Arin a des doutes sur la loyauté de Kestrel, on ne peut pas être avec lui parce qu’on sait que Kestrel est une chouette fille. Arin devient alors une sorte de boulet de service. Tout le monde, même son mentor Tensen (personnage que j’ai beaucoup aimé ceci dit), le prend pour un idiot impulsif, ce qu’il confirme tant ses actions sont stupides et dénuées de toute prudence élémentaire. Et quand bien même il a, vers la deuxième moitié, une intrigue à lui, il passe son temps à penser à Kestrel et à comment elle l’a trahi, comment c’est trop un foufou d’être amoureux d’elle, qu’il faut pas, c’est pas bien…

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3- L’intrigue. Et là, ça a beaucoup pêché à mon sens. L’idée sur le papier est super, on sent qu’il y a un complot qui se prépare et l’attitude de l’Empereur fait monter la mayonnaise comme il faut. Or, pendant tout le milieu du roman, il ne se passe pas grand chose. Les héros se posent trop de questions, empêtrés qu’ils sont dans leur relation amoureuse à distance qui ne fonctionne clairement pas ; les personnages secondaires qui auraient pu être là en renfort sont laissés de côté et ne sont pas assez développés ; et la transparence des intentions de certains autres enlève du sel à l’intrigue qui du coup miaule faiblement. Le truc devient bateau et faut attendre les 50 dernières pages pour qu’on nous balance la cavalerie des rebondissements (qui sont plutôt cool mais moi à ce moment-là le bouquin m’avait déjà perdu pour de bon).

Faut que j’arrête le Young Adult en fait

Nan mais faut que je me rende à l’évidence, c’est définitivement pas mon truc (et là je sens le Brocoli sourire) : je suis généralement pas d’accord avec le parti pris des autrices, ni avec l’évolution des personnages (ni avec leur comportement tout court) et j’ai du mal à être passionnée par une romance quand l’intrigue est juste un décor de fond pour les tourments existentiels de deux jeunes tourtereaux. C’est dommage parce que la saga The Curse est bien écrite, les phrases ont beau être simples et courtes, le vocabulaire et les sensations sont parfaits.

 

 

15 réflexions sur “The Crime, t2 – Marie Rutkoski

      1. Je trouve l’univers trop fade du moins dans le premier tome. Et puis ce huis clos si j’adore cet effet en littérature, là j’ai trouvé que c’était ennuyeux par moment. Et les personnages pour moi c’était bof bof. Après je reconnais qu’il y a du rythme, que l’intrigue est solide et que le twist final est bien maitrisé. Voilà voilà. En fait plus je repense à ma lecture du tome 1 moins je suis convaincue de lire la suite ^^.

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  1. Oh comme ça me refroidit tel un gratin refroidi. J’avais trop keephé le premier et surtout avec cette fin, je m’étais dit que ça allait envoyer du bois.. J’ai bien fait d’attendre un peu avant de me ruer en librairie. :/

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      1. Bah après je me dis aussi qu’il faudrait parfois attendre que les sagas soient complètes pour les entamer en YA… Parce qu’une fois sur deux, j’arrive plus à me souvenir du précédent, ou j’en garde un souvenir faussé et ça m’aide tellement pas à entrer dans la suite. :/

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      1. Bonne question ^^
        J’ai vu passé beaucoup d’avis en demi teinte mais sur booktube… Je n’ai pas vraiment retenu les noms (-Je regarde beaucoup sans être abonné), mais cest’le sentiment général !

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  2. Haaa. En commençant la lecture de ta chronique je me suis dit, hé mais je vais peut être laisser une chance à cette saga, elle a l’air chouette ! Et puis baam, je lis (en diagonale pour éviter le spoil intempestif) ton avis sur le tome 2 et psssh ça a fait le bruit d’un soufflé qui retombe. Bref, je pense que si je lis cette saga, j’attendrais qu’elle soit dispo à la médiathèque, j’ai point envie d’investir !

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