La Fourmi rouge – Emilie Chazerand

Vous le savez, depuis mon incroyable lecture de Songe à la douceur (zizi), je suis en pleine (re)découverte des éditions Sarbacane avec ravissement et paillettes de licorne dans les yeux (bordel ça pique). Donc, je zieutais la bave aux lèvres La Fourmi rouge, c’te petite nouveauté 2017, grâce aux avis dithyrambiques des copinautes Brocoli et Lupiot, quand le Génie de la lampe a exaucé mon voeu : hop ! v’là t’y pas l’exemplaire tout beau tout neuf dans mes mains (merci Génie #EditionsSarbacane).

De ce que de quoi ça cause

Vania Strudel. 15 ans. Un nom difficile à porter. Un oeil qui part en cacahouète. Un père taxidermiste.

Malgré son intelligence et son humour décapant, comment dire que Vania n’est pas la fille la plus populaire de son lycée. C’est une ratée, une loseuse selon ses propres dires, qui dans sa chambre fabrique des petites boîtes recréant des scènes de vie avec des petites bonshommes. Bref, Vania a 15 ans et elle est déjà vieille. Jusqu’au jour où elle reçoit un étrange mail anonyme qui la somme de se s’couer les pruneaux, de se bouger et de s’ouvrir un peu au monde. D’arrêter de se considérer comme une petite fourmi noire banale, sans intérêt et d’être enfin une fourmi rouge, piquante et unique.

Alors comme ça, c’est du livre de guedin ?! 

Si vous aviez encore des doutes sur la qualité de la littérature jeunesse d’aujourd’hui (ça arrive, hein), La Fourmi rouge va vous faire changer d’avis tout de suite parce que… C’TE BOWTÉ. Dans l’écriture. Dans les personnages. Dans l’histoire. Tout.

Encore une fois, Mimine est baba-tisée.

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La Fourmi rouge était un coup de coeur annoncé et je n’ai pas été déçue. La preuve : je l’ai dévoré en deux jours, sous la couette avec des petits sablés maison (il me semblait important de préciser ce détail).

Le chili est aux Strudel ce que l’anneau est à Gollum : rien ni personne ne peut se mettre entre lui et nous.

La Fourmi rouge c’est un humour incroyable et un rythme de la phrase pétaradant qui te font rire aux larmes. On nous parle quand même d’une ado franchement pas servi par le destin, qui souffre de la disparition de sa mère, qui est victime d’humiliation à l’école à cause d’une Miss Connasse-Blonde-Populaire et qui est en sus pourvu d’un petit handicap facial. Pourtant, Vania ne vit pas comme une petite chose fragile. Avec un bagou qui vaut bien un uppercut dans la face, elle est championne de la punchline.

La Fourmi rouge c’est, à l’instar d’une jolie fable, tout un tas de personnages marginaux : le père Gottfried, taxidermiste passionné ; la meilleure amie bonasse mais souffrant d’un fish odor syndrom qui du coup l’isole du reste du monde ; la mère de la meilleure amie névrosée et collectionneuse de perruques à qui elle donne des noms ; la voisine juive en mal d’amour vivant avec son papa tétraplégique ; et le meilleur ami Pierre-Rachid qui devenu BoGoss’ pendant l’été sort avec Miss Connasse-Blonde-Populaire au grand désespoir de Vania.

La Fourmi rouge c’est pas tout rose. Tout n’est pas parfait dans l’univers de Vania. Tout ne se déroule pas idéalement bien. Le drame et la mélancolie de la vie n’est jamais loin et derrière la blague et le rire, les failles de nos personnages se dévoilent.

La Fourmi rouge c’est une belle relation père-fille. Deux âmes brisées qui se tiennent à bout de bras pour ne pas couler. Une relation forte, complice mais fragile qui va avoir ses hauts et ses bas, chacun tentant de protéger l’autre avec moult maladresses.

La Fourmi rouge c’est tendre, c’est touchant mais surtout c’est crédible. Car Vania reste tout de même une adolescente de son âge, un poil égocentrique, un poil bougonne et ronchonne. On rit de ses maladresses, de ses étourderies et de sa propension extraordinaire à se mettre dans des situations parfaitement ridicules ; on l’aime pour ses coups de gueule et ses coups de coeur ; et on l’admire pour ses répliques qui font mouche à chaque fois.

BREF. Je vous défie de ne pas succomber aux charmes de La Fourmi. 

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Ce que ce roman risque de provoquer chez vous

Testé par votre servante
  • Rire aux larmes pendant 10 MIN à cause de l’histoire d’un hamster, empaillé en scred. 
  • Jalouser l’humour et les répliques d’une ado de 15 ans.
  • Vouloir absolument acquérir une ouafture.
  • Avoir envie de manger un chili.
  • Laisser couler sa p’tite larme à la toute fin.
  • Avoir des idées plein la tête de comment ce roman pourrait être un SUPER film à la Wes Andersen.
  • Vouloir devenir réalisateur.
  • Ecrire « je suis une fourmi rouge » sur sa fiche Pôle Emploi.

 

16 réflexions sur “La Fourmi rouge – Emilie Chazerand

  1. Comment rendre justice à ce roman extraordinaire en une seule leçon ! Bravo ! J’ai tellement aimé ce roman moi aussi. Et ces punchlines incroyables et toutes ses relations entremêlées et crédible à souhait. C’est un super roman que je conseille beaucoup à ma librairie. J’ai envie qu’il soit dans toutes les mains !

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