La Rue – Ann Petry

Coucou. C’est encore moi ce matin, fraîche comme un gardon, qui vous poste un nouvel avis. Moi j’suis la femme-canon, voyez. Une fois lancée dans les airs, on ne m’arrête plus.

giphy
Regardez ! Je vooooole !!! 

En vrai, j’ai fait ma maligne en demandant trop de titres sur Netgalley et me voilà façon tomate farcie à devoir enchaîner les avis. Du coup, vaut mieux que j’écrème le lait de la laitière tout de suite, comme ça les éditeurs seront rassurés, moi j’vais plus paniquer sur les datelines, le monde sera heureux, bisoubisounours et bigoudi.

Voici donc un autre partenariat avec Belfond et Netgalley. On respire, tout va bien. Contrairement à hier, Mimine est contente de cette lecture. Alors grand merci aux éditions Belfond pour leur confiance (et leur patience) et à Netgalley bien entendu.

Ce que de quoi ça cause. 

En 1946, dans les rues de Harlem, Lutie Johnson se bat chaque jour pour offrir à son fils de 8 ans une place meilleure dans ce bas monde. Or voilà, quand on est noir dans un pays de blancs et que les lois ne sont pas toujours du bon côté, il est bien difficile d’avancer. Ayant quitté son mari parce qu’il la trompait avec une autre pendant que Madame trimait jour et nuit comme gouvernante chez une riche famille blanche, Lutie va montrer une détermination phénoménale pour sortir de sa condition et empêcher que la rue n’emporte son fils dans l’engrenage des gangs.

Mimine, elle est contente ou bien ? 

Ouais vachement. Surtout très soulagée de ne pas devoir faire encore un avis négatif sur un partenariat Netgalley et assez enchantée de découvrir une auteure que je ne connaissais pas. 

Bon par contre, attention, l’histoire de La Rue n’est pas jojo. Ça a tellement chamboulé le petit coeur de Mimine qu’elle se voit mal de dire des bêtises en gif (elle l’a fait en intro, donc ça va). A partir de maintenant, Mimine elle est sérieuse.

Dans La Rue, c’est un Harlem des années 40 que nous découvrons. C’est sale, c’est crade et l’optimisme est remisé au fin fond d’un mouchoir de poche. Dans l’immeuble insalubre où vit Lutie et son fils Bub au prix de nombreux sacrifices, plusieurs personnages se côtoient : un concierge repoussant, lubrique (genre il passe son temps à monter des stratagèmes pour mettre Lutie dans son lit) et profondément méchant qui bat sa maîtresse, une petit chose fragile et soumise, et une matrone intraitable qui gère un bordel d’une main tout en zieutant le monde d’un oeil ironique.

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photography of Gordon Parks

Différents points de vue s’alternent, donnant au récit un effet choral et montrant une vision plus large des conséquences que la rue, la misère et la ghettoïsation raciale ont de néfastes sur les destinées humaines.

Quant à Lutie, fière et ambitieuse, elle est prête à corriger son fils d’une bonne gifle si elle le surprend à être cireur de chaussure ou vendeur de cigarettes alors que ça pourrait aider le foyer à mieux vivre. Mais Lutie résiste. L’espoir qu’un jour elle pourra sortir de cet appartement aux murs moisis et que son fils atteindra un meilleur statut social l’empêche de s’effondrer. Seulement voilà, nous sommes en 1946, dans le quartier le plus pauvre de New-York et Lutie n’a pas la bonne couleur de peau pour réaliser ses rêves. La descente aux enfers n’en sera que plus poignante.

La Rue connaît enfin une réédition cette année. Paru en 1947 aux Etats-Unis et vendu à plus d’un million d’exemplaires dans son pays mais passé quasi inaperçu chez nous, c’est l’un des premiers romans d’Ann Petry. Cette auteure afro-américaine a puisé dans ses expériences et sa vie du quartier et ça se sent clairement. Quelque chose d’indéfinissable à expliquer, mais l’on sent dans la description des odeurs, des comportements et des lieux qu’il y a du vécu derrière tous ces mots : le roman n’en ressort que plus grand.

Mimine conseille ? 

Oui. Vous découvrirez une belle plume et des personnages touchants, détestables, vénaux, cupides, courageux… Un roman donc qui non seulement se taille une belle tranche dans tout ce que l’âme humaine peut représenter mais a aussi une caution historique sur la condition des afro-américains dans le célèbre Harlem.

D’ailleurs, petit aparté, en faisant quelques recherches sur Ann Petry, j’ai découvert le Harlem Renaissance, période prolifique en terme d’art et de littérature qui a fait d’Harlem pendant l’Entre-deux-guerres la capitale de la culture afro-américaine. Connaissant que très très peu cette période littéraire, si vous avez des titres en tête, n’hésitez pas en commentaire à m’en faire part, j’aimerais pouvoir me pencher dessus et découvrir de nouveaux horizons.

 

11 réflexions sur “La Rue – Ann Petry

  1. Tiens voilà un titre qui ferait un tyrès bon contrepoint au Gang des rêves, même époque, même lieu ou presque, même milieu social, sauf que dans ce dernier titre, la réalité est un peu gommée et vire au conte de fée !

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  2. Je suis en train de lire Le gang des rêves, ça me rappelle un peu ce que tu dis dans ta chronique, même si là les personnages ne sont pas noirs, dans le Gang des rêves c’est toute une histoire sur l’immigration, la mafia, la violence, l’amour, la ghettoïsation. Je vais noter ce titre !

    Aimé par 1 personne

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