Terminus Elicius – Karine Giebel

L’heure est grave mes chers margoulins (oui en ce moment ça va dépoter niveau chroniques, j’ai tellement de retard que ça en est inadmissible). J’ai lu le premier roman de Karine Giebel que Belfond avait proposé sur Netgalley il y a quelques mois de cela. Je les remercie tous deux en leur demandant de bien vouloir m’excuser pour le retard de ce billet. *ventre à terre en chemise de bure* D’autant plus que je dois vous livrer un avis pas folichon folichon.

De quoi ça cause ? 

L’action se situe à Marseille (déjà ça commence bien). Jeanne est secrétaire dans un commissariat. Chaque jour, elle fait le même trajet en TER, aux mêmes heures, à la même place. Qu’il pleuve ou qu’il vante, son chemin est immuable. Vivant chez sa mère un peu oppressante, cloitrée sans amis ni vie amoureuse, la vie de Jeanne est d’une morne banalité. Un soir en rentrant, elle découvre une lettre qui lui est adressée à sa place habituelle. Un admirateur secret peut-être ? En tout cas une gentille correspondance romantique se met en place jusqu’au moment où l’admirateur lui avoue être un serial killer qui tue pour les beaux yeux de Jeanne…

L’amour vache quoi.

giphy
Ce calembour était parfaitement gratuit. J’assume.

Alors, c’était… ? 

Je vais pas y aller par quatre chemins de campagne : Terminus Elicius c’est vraiment pas top. Alors que j’avais été assez épatée lorsque j’avais découvert le talent de Giebel dans Purgatoire des innocents qui dans le genre thriller qui te glace le sang se posait là comme quasi un modèle du genre, ici je n’ai absolument pas eu l’impression de retrouver l’auteure. Alors certes, c’est un premier roman, faut être indulgent, sympa, etc. Quoique vous savez quoi, non. J’ai même du mal à comprendre comment le roman a pu trouver acquéreur.

Le concept de base est plutôt intéressant, j’admets, et j’ai même décelé par-ci par-là l’esprit tordu caractéristique de l’auteure, notamment vers la fin (qui est assez chouette pour le coup). Mais alors le reste… Je ne sais pas quoi vous dire.

Les personnages sont à l’ouest. Jeanne, par exemple : un peu (beaucoup) concon qui au lieu de donner les lettres du serial killer à ses collègues de la police nationale (ce qui serait logique, on est bien d’accord là-dessus ?) les garde précieusement tout en se demandant comment elle pourrait faire pour arrêter le tueur. Cocotte, le choix n’est pourtant pas compliqué :

  • Option a) tu les donnes à la police
  • Option b) tu les donnes à la police
  • Option c) NOM D’UNE PINE D’HUITRE tu les donnes à la police !!

Réflexion faite, quand tu vois le gabarit des fameux collègues de Jeanne, tu comprends ses réticences. Ceux-là même qui après 3h à chercher des points communs entre les victimes, se disent que ça se pourrait bien être l’âge. Mais bien sûr que c’est l’âge bande de nuls. Le profiler que vous avez fait venir exprès de Paris vous l’avait confirmé 3 jours plus tôt !

giphy-downsized-large (1).gif
Coucou je suis de la police.

Quant au tueur (il en tient aussi une bonne couche celui-là), que j’appellerai Jean-Kevin Le Fou

  1. Parce que tout le monde passe son temps à dire et à redire que c’est un fou. Nan nan si, on insiste bien bien dessus. TOUT LE TEMPS.
  2. J’aime bien Jean-Kevin, c’est un prénom qui va drôlement bien à notre tueur.

donc, Jean Kevin est un poète psychopathe et amoureux de Jeanne à qui il envoie des lettres enflammées aux envolées lyriques un peu ridicules. Ce pauvre Jean-Kevin m’a plus fait l’effet d’un mec un peu trop émotif et torturé qui a trop écouté Evanescence dans sa chambre en affutant ses couteaux et en grommelant sa vengeance. Voyez, le méchant qui n’en impose pas et qui fait un peu pitié, c’est Jean-Kevin. Le climax psychologique du personnage est clairement atteint lorsque notre foufou, dans un accès de colère incontrôlable, tape dans le sable et balance des petits cailloux sur les rochers…

giphy (89).gif
Donc voilà, moi à ce moment-là, on m’avait perdu pour de bon.

Tout cela ajouté à une écriture assez naïve qui veut nous faire croire à des histoires d’amour improbables, j’ai été partagée entre une profonde perplexité et une hilarité mal contenue.

Mimine conseille ? 

Non, vous vous en doutez. Ça va au-delà du goût personnel à ce niveau-là. Le roman est tout simplement pas bon, pas assez abouti, très brouillon et bien en-dessous de ce que Karine Giebel peut nous donner à lire. Si je n’avais pas du écrire un avis pour le partenariat, je m’en serai vivement abstenue. On m’a toujours dit qu’il faut jamais donner un coup de pied à une poule qui boîte. C’est pas charitable.

20 réflexions sur “Terminus Elicius – Karine Giebel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s