Fangirl – Rainbow Rowell

Youplala ! Mimine revient après une petite pause bloguesque de deux semaines. C’était pas prévu, franchement pas, mais après avoir été sous le coup d’une panne de lecture où ouvrir un livre et lire 10 pages relevaient de l’effort olympique, j’ai ressenti le besoin de retrouver le chemin du clavier et des articles de blog. D’autant plus, que j’ai dans mes brouillons deux, trois bouquins dont j’avais très envie de vous parler. Allez, on commence ?

Donc, Fangirl de Rainbow Rowell.

Définition : Fangirl ˈfanɡəːl/  A female fan, especially one who is obsessive about comics, film, music, or science fiction.

Ça c’est moi.

Coucou

D’ailleurs, c’est bon nombre d’entre nous, y a pas à tortiller. Qu’on soit fangirl de films ou de bouquins, de personnages fictionnels ou d’autre chose, nous sommes tapées comme des Frappuccino bien comme il faut. Alors vous imaginez un bouquin qui a pour titre cette définition de notre nature, y a de quoi se jeter dessus comme sur un paquet de Figoulu. Une couverture girly, des couleurs acidulées, un titre accrocheur, Mimine a craqué. Superficiellement, y a pas de doute.

Cath est une grande fan de Simon Snow, le héros-sorcier d’une saga littéraire hyper connue à travers le monde et pour qui Cath voue une adulation sans borne. Toute ressemblance avec un autre héros de notre monde est bien évidemment fortuite. A tel point qu’elle est l’auteure célèbre de plusieurs fanfictions sur le web autour d’un ship gay entre Simon et Baz *kopf Drago Malefoy kopf*, son pire ennemi. Ainsi, la jeune Cath s’échappe de son quotidien pas toujours tip-top à travers les atermoiements amoureux de ces deux némésis. Un quotidien qui se voit vite chamboulé façon big adventure lorsque cette asociale et bougonne casanière est sur le point de vivre sa première entrée à la fac. Cath ne peut même pas compter sur le soutien de sa soeur jumelle Wren qui lui a fait comprendre qu’il était temps de prendre un peu ses distances en ne voulant pas partager sa chambre d’étudiante. Elle se retrouve donc dans un lieu qu’elle ne connaît pas, loin de ses repères familiers, à vivre avec une inconnue comme colocataire, aussi sympathique qu’une porte de WC et l’ami de cette dernière, aussi envahissant et résistant qu’un morpion sur un poil pubien. En gros, c’est la panique.

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Aimé ce roman n’a pas été de la tarte tout de suite, j’aime autant vous le dire. Si j’ai passé au final un excellent moment doux et chouchou-chocolat, c’était pas franchement gagné au départ. Rainbow Rowell (qui sont ces fifous qui ont appelé leur fille « Arc-en-ciel » ?) met du temps à mettre en place son histoire. On sait pas trop bien où elle nous emmène ni ce qu’elle veut nous raconter, le fil rouge de l’intrigue étant difficile à déterminer. Quant à l’héroïne, elle se révèle passablement agaçante par moments, le genre de nana qui ne veut même pas penser à sortir avec un mec qui boit et qui fume et qui considère qu’à 20 ans, on est vieux. Ouep. Du haut de mes 26 ans et 10 mois, j’suis une grand-mère quoi. Et puis bon. La conscience de Mimine a frappé à la porte et lui a fait savoir qu’il faudrait qu’elle se souvienne un peu de ce que c’était d’avoir 18 ans. D’accord, je l’admets, j’ai du être tout aussi énervante avec mes a priori et mes positions radicales, persuadée que je savais tout de la vie et que rien ne changerait jamais. A 18 ans.

Conscience 1 – Mimine 0.

Prenant ma patience et mon indulgence à deux mains et en avançant dans l’histoire petit pas par petit pas, j’ai fini par aimer tout ce petit univers, au point où, chaque soir je me faisais une joie de me plonger dans mon bouquin. En douceur donc, le naturel des personnages et les petites péripéties ont fait que j’ai commencé à m’attacher à cette histoire, à cette héroïne cabossée et à côté de ses pompes la majeur partie du temps. Ses questionnements, sa première expérience de fac et ses délires de fanfiction m’ont drôlement fait penser à moi au même âge, ce qui me fait dire qu’en fait, Arc-en-ciel et moi avons pas mal de choses en commun. Tout ça, ça sent le vécu.

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L’enthousiasme communicatif, l’humour bien présent qui m’a fait rire plusieurs fois aux éclats, mais aussi les sujets plus sérieux (la dépression et l’alcoolisme par exemple) ont su faire fondre mon petit coeur. Mais surtout, Fangirl ne serait rien sans la galerie de personnages secondaires qui gravitent autour de Cath. Même si certains auraient mérité un peu plus d’approfondissement, leur simple présence dans le récit et la manière dont ils sont décrits, permettent de s’attacher facilement à ces êtres de papier. Et là, je pense plus particulièrement au personnage de Levi, l’ami de la coloc’ de Cath, qui fait joyeusement office de lutin dégingandé, enthousiaste et optimiste, un peu bizarre et envahissant mais drôlement sympathique qui va mettre un peu de paillettes et de joie dans le quotidien morose et sclérosé de Cath. Merci Levi et tes punchlines, j’ai bien ri.

Fangirl est un roman d’apprentissage qui n’a pas de grands moments d’action, ça je ne vous le cache pas, mais qui s’attarde sur l’évolution d’une jeune fille au sortir de l’adolescence, avec toutes les angoisses que cela implique, intériorisant le tourbillonnement des émotions que l’on peut vivre à cet âge. Problèmes familiaux, problèmes sentimentaux, peur du rapport aux autres, peur de la page blanche, Fangirl c’est également une ode à l’écriture et à la problématique légitimité des auteurs de fanfiction (le propos d’Arc-en-ciel là-dessus est fort intéressant). J’dirais même, c’est un peu le roman de toutes les fangirl du monde entier qui se sont perdues des nuits entières dans la lecture ou l’écriture de fanfiction potterienne. Toute ressemblance avec l’auteur de ce billet serait parfaitement fortuite. Cela va sans dire. 

Le truc en plus ? Les chapitres entre-coupés par des extraits de la fanfiction de Cath, Carry On, qui nous dévoile l’objet de son obsession. Tiens ! mais c’est le titre d’un autre roman de Rainbow Rowell, ça ! Ça voudrait dire qu’il y aurait quelque part dans notre monde merveilleux un roman tiré d’une fanfiction qui n’aurait aucun rapport avec Twilight ? Miracle ! Mimine risque fort de se le procurer, ça ne fait aucun doute.

16 réflexions sur “Fangirl – Rainbow Rowell

  1. Je l’ai lu l’année dernière mais malheureusement je suis restée à ton premier ressenti… Cath m’a un peu gonflé et j’ai pas réussi à accrocher à ce roman :/
    J’ai largement préféré Eleanor & Park, alors que les personnages sont bien plus jeunes. Va savoir.
    Mais on est d’accord, putain Arc en Ciel quoi.

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  2. J’aime bien le prénom de cette dame, on peut faire tout un tas de jeu de mots autour. C’est funky. Suffit de parler de couleurs, et bam jeu de mots. La pauvre, elle a du en baver quand même.
    Sinon, je n’ai jamais lu dame Arc-en-ciel encore, mais il faut que je le fasse un jour ou l’autre (plutôt « ou l’autre » en ce moment j’admets.), en tout cas ta chroniques est plus positive que les dernière que j’ai lu sur ce livre, alors du coup je suis vraiment obligée de le lire pour me forger un avis, parce que la bookosphère dessus elle est un peu malmenée, y’a des gros hauts, et des.. gros gros bas aussi.

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    1. Difficile à porter un nom de licorne. Quoique aux USA, ils sont assez tolérant niveau prénom, Arc-en-ciel a peut-être eu la chance d’être copine avec Sunny, Cloudy et Stormy.
      J’ai tout entendu sur Madame Toutes les Couleurs, comme toi. J’crois qu’il faut pas trop se poser de question quand on lit Fangirl, faut se laisser aller dans le mood. J’y ai trouvé quelque chose de sympathique et d’attendrissant. Mais je comprends tout à fait qu’on ne puisse pas aimé. Les goûts et les couleurs… HAHA. Le jeu de mot !

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    1. Nan c’est sûre il n’y a pas d’action, c’est le récit d’une année écoulée, mais c’est vrai au début on est juste en train de se demander quand est-ce que débute l’histoire. Après quand on a compris, c’est sympa. Sur tes conseils d’ailleurs, je compte bien prochainement m’attaquer à Carry On. Maintenant que je connais un peu le style de Madame. :)

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  3. C’est bien on aura vécu une panne en parallèle. x)
    Ca m’a l’air sympatoche mais je vais peut-être commencer par Eleanor&Park que je zieute depuis plusieurs années maintenant, on en dit du bien partout toussatoussa.

    J’ajouterai que tes couleurs qui déchirent, de la peinture RAUUSE au vernis JAUNE, en passant par le bouquin VERT me mettent en joie.

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  4. C’est marrant, j’ai rédigé mon brouillon de chronique pas plus tard que ce matin !
    Mais je suis un poil moins enthousiaste que toi. Même si Cath est effectivement un poil agaçante, ce n’est pas ce qui m’a gênée. J’y ai vraiment vu une certaine facilité dans la façon dont les évènements se déroulent pour une fin un peu trop bisounours (et donc qui manquait trop de crédibilité) pour moi. C’est hyper personnel, mais j’ai vraiment du mal avec ces personnages qui galèrent, se questionnent, grandissent et arrivé à la fin, BOUM, ils sont super épanouis et ahlàlà, qu’est-ce que c’était formateur. Et c’est vraiment l’effet que ça m’a fait ici, même si j’ai passé un bon moment dans l’ensemble.
    (purée, dès que tu as commencé à appeler l’autrice Arc-en-Ciel, j’ai revu cet album pour enfant avec un poisson nommé Arc-en-Ciel que j’adorais quand j’étais gamine)

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis bien d’accord ! Les ficelles sont grosses, c’est mignon à l’écoeurement par moment. Pour ma part, je suis partie du principe que c’était le truc de l’auteur et donc j’ai mis mon petit mouchoir sur certains points, du coup la lecture en a été bien meilleure.

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