Six of Crows – Leigh Bardugo

Mimine et Titine, les deux comparses des Lectures Communes dantesques, sont de retour avec un roman jeunesse sensas’. Après avoir été alléchées par la chronique de Bloup qui tel Maître Corbeau sur un arbre perché tenant en son bec un ouvrage, le Broco et moi-même avons immédiatement décidé de nous lancer dans la lecture de Six of Crows, cette saga jeunesse (pas si jeunesse) dont on nous prédisait que du bien. D’autant plus qu’à ce moment-là, on avait drôlement besoin d’une lecture sympa qui nous permettrait de dépasser le trauma-coup de coeur de La servante écarlate… 

L’avis du Brocoli de Merlin >HERE<

Dans les bas-fonds de Ketterdam, vit tout un entrelacs de gangs criminels qui font la part belle aux casinos, petites magouilles, grosses escroqueries et maisons de plaisir dans le seul but de se faire un max d’argent. Enfant du Barrel, ce quartier poisseux et glauque où pigeonner les autres c’est tout simplement survivre, Kaz Bekker « les Mains Sales » en est le parfait produit. Malgré son jeune âge, il est le chef d’une bande de voyous, les Corbeaux, qu’il dirige d’une main de fer. Voleur et magicien brillant mais implacable, parfois cruel, Kaz fait de ses tours de passe-passe ses atouts fétiches. Impossible de la lui faire à l’envers, « l’Ordure du Barrel » aura toujours un coup d’avance. Et puis un jour, le jeune homme se voit confier une mission suicidaire avec à la clé un beau pactole de pépètes : s’infiltrer au Palais des Glaces, la plus grande et la plus imprenable forteresse Fjerda et enlever un alchimiste dont les découvertes mettraient en péril la relative paix du monde. Kaz constitue alors une fine équipe d’adolescents surdoués :

  • Jesper, le maître de la gachette accro au jeu d’argent,
  • Inej, l’acrobate-espionne-assassin et bras droit de Kaz,
  • Nina, la Grisha aux puissants pouvoirs magiques,
  • Wylan, fils d’aristo fugueur, expert en mécanique,
  • Matthias, ancien soldat d’élite Fjerda.

Et là Mimine a dit BANCO. Avec ses faux airs d’Ocean’s Eleven à la sauce steampunk et avec ce côté canaille et fantasy des Salauds Gentilshommes (si vous ne connaissez pas encore ce MAGNIFIQUE premier tome de Scott Lynch, on serait plus d’un à vous crier de vous j’ter dessus), ce premier tome des Six of Crows m’a séduite en tout point. Autant dire que ça tape haut dans le panier de pêches.

Déjà, premier point à noter, c’est loin d’être si jeunesse que ça. Si certains ont peur justement du côté YA trop prononcé, sachez mes chers agneaux qu’on tape là dans du sérieux, du sévère, de la « chienne de vie » allègrement. C’est d’ailleurs assez étonnant à quel point le côté jeunesse du récit est très nuancé, alors que le roman relève du récit d’apprentissage particulièrement juste et bien mené. L’histoire des six personnages que nous découvrons, grâce à une narration alternée bien à propos, est plutôt sombre voire même carrément tragique pour certains. La grande maturité dont fait preuve ces adolescents fait oublier leur âge et on aurait même bien du mal à les considérer comme des enfants. La faute à une vie difficile, où pour survivre il faut tuer, magouiller et pigeonner si on ne veut pas finir mort de faim dans une ruelle sombre.

J’ai été juste bluffée par le soin porté à la personnalité des personnages qui est carrément le point fort du roman. Loin des clichés du genre, les Six Corbeaux ont des caractères bien marqués, avec chacun un background étoffé qui prouve que l’auteure a eu le souci tout particulier de donner du corps à ses héros. D’où viennent-ils ? Comment en sont-ils arrivés là ? Pourquoi autant de souffrances ?

Faut dire que les thèmes abordés ne sont pas hyper joyeux. On nous parle quand même de prostitution infantile, de kidnapping d’enfant, de xénophobie (et des persécutions qui en découlent), d’homosexualité, d’abandon, de vengeance et de drame familial… Un peu plus et la fine équipe se retrouverait sur les fauteuils d’Evelyn Thomas. La question est de savoir comment ces petits êtres écorchés vont pouvoir se reconstruire et apprendre à se faire confiance les uns aux autres face aux dangers qui les attendent. Ce qui n’est pas forcément gagné… Mais l’amitié que l’on sent poindre malgré tout de temps en temps, ainsi que l’amour, pourraient bien être le salut de leur âme. (C’est beau ce que j’écris là).

C’est tellement bien fait et les personnages sont si attachants que j’ai été un tout petit peu déçue par le déroulement de la mission qui m’a semblé un poil légère et « facile » dans sa résolution. L’auteure a apparemment été faite dans le même moule que le réalisateur Guy Ritchie, usant des mêmes ficelles de narration en nous faisant retourner en arrière pour comprendre qu’en fait Machin a dit ça et fait ça il y a 20-30 pages sans que tu le saches, ce qui résolut le schmilblick. J’aime beaucoup le style Ritchie, c’est drôle, mais j’aurais pas dit non au même niveau de complexité apporté à l’action qu’aux personnages. Mais je suis un brin tatillon. Fallait bien que je trouve un point négatif (si léger soit-il), parce que dire que c’est génial tout du long c’est pas très constructif, n’est-ce pas ?

Je vous l’dit, on a frôlé le coup de coeur de pas grand chose. Pour être franche, je reste sur mes gardes pour la suite (que je me suis d’ors et déjà procurée) (la seconde LC est pas loin, j’vous préviens), appréhendant un peu (beaucoup) de ce que va faire l’auteure de son univers. Oui depuis The Glass Magicianje suis aussi méfiante qu’une chatte sur un rebord de fenêtre (?!), et j’ai maintenant peur de trop m’investir émotionnellement dans une saga qui pourrait finir par me décevoir. Que voulez-vous, le Petit Monstre a un petit coeur sensible.

18 réflexions sur “Six of Crows – Leigh Bardugo

  1. J’ai beaucoup aimé moi aussi ce livre! Ça déménage! Comme toi j’ai frôlé le coup de cœur, ce qui m’a dérangé je crois c’est vraiment l’age des personnages, il aurait seulement fallut qu’ils aient au moins 3 ans de plus (tatillonne la fille). Sinon j’ai vraiment adoré le personnage de Matthias qui est très direct et droit mais ne cesse de se remettre en question

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    1. Alors oui j’ai pas parlé de ce point « âge problématique » parce que je me suis résolue toute seule (la nana super forte). Au début, j’étais comme toi, à me dire qu’ils avaient carrément pas leur âge, qu’il y avait quand même un souci. Et puis au fur et à mesure, on se rend compte quand même que ça reste des ados (dans leur rapport aux autres, la façon dont les relations amoureuses pourraient se développer etc. par exemple). Mine de rien, s’ils font adulte certainement parce qu’ils y sont obligés dans le milieu dans lequel ils vivent, on sent que ça reste des « jeunes » pousses qui ont encore du chemin à faire.
      Sinon, moi c’est Kaz, mais ALORS direct. (Et Jesper, j’aime le côté « je désarmorce la situation tendue comme un string avec une petite blague »).

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  2. J’ai les deux premiers tomes dans ma PAL numérique et devant ton enthousiasme j’étais en train de me dire que je n’allais pas tarder à les en faire sortir… lorsque tu as prononcé le mot, ou plutôt les deux mots, fatals : Guy Ritchie ! Je déteste son style de réalisation (qui en plus me donne toujours le mal de mer alors que je n’ai jamais eu le mal de mer de ma vie en bateau, ce qui est quand même très fort) ^^

    Non mais en vrai, tu m’as quand même donné envie :-)

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  3. Pareil, j’suis carrément traumatisée par The Glass Magician, je regarde tous mes tomes 2 comme si ils allaient me faire un sale coup. Beware deuxième tome ! I’m watching you (et là, je fais les gros yeux à la Mimine, mais bizarrement, ça marche moins bien chez moi :p )

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