La Faucheuse T1 – Niels Shusterman

Mimine se décide enfin à ressortir du placard certains billets du mois de Mars qu’elle n’avait pas encore trouvé le temps de corriger et de publier. Vous m’direz il était temps et vous auriez bien raison. Il y a quelques semaines, donc, votre charmante servante monstrueuse s’était fait un petit kiff personnel dans la littérature Young Adult en tapant dans les nouveautés du moment. Pif paf pouf, La Faucheuse fût l’agréable surprise du mois !

Le récit se déroule dans un univers dystopique où les êtres humains ont trouvé le moyen d’être immortel. Or voilà c’est pas vraiment la joie. Avec leur vie prolongée à l’infini, les gens vivent dans une forme de dépression chronique où plus rien n’a aucune valeur ni d’enjeux. Gouvernés par une Intelligence Artificielle, le Thunderhead, sorte d’immense cloud qui régit leur vie, les êtres humains sont de parfaits assistés, apathiques. La seule menace qui plane sur eux reste les Faucheurs. En effet pour réduire la démographie et empêcher l’humanité de trop s’étendre, les Faucheurs remplissent comme leur nom l’indique leur devoir : au hasard, à n’importe quel heure de la journée, un Faucheur dûment entraîné à le droit de prendre la vie de n’importe qui….

Un job peu glorieux que Rowan et Citra, deux adolescents de milieux différents, vont découvrir lorsque Maître Faraday leur propose de devenir ses apprentis Faucheur. Une offre qui ne se refuse pas car lorsque l’on devient Faucheur, la famille de l’élu reçoit l’immunité. En entrant dans les arcanes de la Mort, Rowan et Citra vont subir un apprentissage très dur et appréhender pour la première fois la Communauté des Faucheurs où la corruption et les débordements commencent à se faire sentir.

Tu tueras.

Tu tueras sans aucun partis pris, sans sectarisme et sans préméditation.

Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.

Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

Si on peut avoir l’impression au début que le roman met du temps à se mettre en place, c’est normal. L’intrigue et les enjeux (dont exprès je ne vous ai pas parlé) arrivent sans que l’on s’y attende vers le milieu de l’histoire. En attendant, l’auteur fait bien attention à nous présenter un univers détaillé. L’immortalité, thème que j’ai l’impression de voir de plus en plus, est abordée de manière à ce que l’on comprenne que cela n’a aucun sens et serait au contraire contre-productive. Petit pinaillage de ma part, je pense qu’il y a deux trois détails qui devraient être spécifiés : par exemple je doute que le meurtre ou les délits criminels soient complètement annihilés. L’auteur nous fait comprendre que la criminalité n’a plus de sens car tuer une personne qui serait immédiatement ressuscitée n’aurait pas de finalité. Et c’est là où je ne suis pas d’accord. Que faisons-nous des psychopathes, des pulsions meurtrières qui ne peuvent disparaître d’un simple claquement de doigt ? Comment le Thunderhead pourrait contrôler ces pulsions ?

Ah bah oui, hein, Mimine est ultra tatillonne. Elle prend les choses à coeur quand elle est plongée dans un univers aussi sympa.

En parlant du Thunderhead, l’Intelligence Artificielle, c’est bien la première fois que je lis une représentation bienveillante de notre plus grande crainte : l’avènement d’une IA contrôlant notre vie et observant le moindre de nos faits et gestes. Ici, montré de manière fort intelligente, le Thunderhead n’a pas de sentiments malveillants envers l’humanité. Au contraire étant une entité parfaitement rationnelle, son unique but est de faire en sorte que l’Humanité puisse vivre de la manière la plus agréable et la plus bénéfique qui soit. Après naturellement, les conséquences de son pouvoir sont elles néfastes : l’humanité n’a pas plus d’objectifs ni de désirs et semble « stagner » éternellement.

En ce qui concerne les personnages, ils sont plutôt bien ancrés sur des personnalités nuancées. Si j’ai beaucoup aimé Maître Faraday et Dame Curie, c’est le duo de héros Rowan et Citra qui m’a le plus touchée dans le sens où tous deux vont connaître une évolution très intéressante et surtout différente au cours du récit. Leur personnalité est bien mise en avant et « égale » d’un point de vue narratif. Chacun a ses failles et ses qualités qui les rendent d’autant plus humains. Je vous avoue j’ai eu une nette préférence pour Rowan même si Citra s’en sort à merveille, mais le garçon va connaître une formation tellement éprouvante et douloureuse que les épreuves vont être bien plus impactantes sur sa psychologie que sur celle de Citra.

Ainsi, je n’ai pas eu l’impression d’avoir affaire à un roman introductif (ce dont j’avais peur) mais bien à un roman d’apprentissage où intrigues, évolutions psychologiques et apprentissage forment un tout homogène et passionnant. Même la sempiternelle idylle qui figure apparemment dans le cahier des charges de toutes bonnes YA dignes de ce nom, perce de manière subtile et est au final bien rendue.

bolllywood
Mimine est jouasse.

Très vite séparés alors que des sentiments naissent entre les deux adolescents, leur relation réserve quelques obstacles bien difficiles à affronter. Autant vous dire, ne vous attendez pas à ce qu’ils se jettent l’un sur l’autre dès le début, ce n’est clairement pas le but du roman qui a déjà fort à faire à nous raconter une intrigue palpitante.

Et c’te fin en apothéose ! Arrivés à ce stade, vous avez le bouquin collé aux mains depuis les 30 dernières pages, je préfère vous prévenir. La suite promet du lourd et, j’espère, sera à la hauteur des attentes produites par cette fin. D’autant plus que bon… #TeamMaîtreLucifer quoi.

19 réflexions sur “La Faucheuse T1 – Niels Shusterman

  1. Ah ben je suis carrément d’accord avoir toi pour les psychopathes qui continueraient à tuer. Et je pense même que le fait que qqun ressuscite direct après sa mort violente encouragerait le crime ^^ (imagine, tu peux buter le mec qui te casse les pieds dans le métro, sans avoir sa mort sur la conscience xD)

    Blague à part, il me tente BEAUCOUP celui-là !

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  2. Le thème de l’immortalité ? Un univers détaillé ? Il n’en faut pas plus pour piquer ma curiosité. Voilà une lecture qui me tente bien, si jamais j’arrive à m’en sortir avec mon emploi du temps chargé.

    Petit plus : ce gif de Bajirao Mastani, ah, ce film… le kiff total.

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  3. J’avais tellement peur de cette romance qui pointait le bout de son nez ! Mais au final, comme tout dans ce livre, même la romance était juste !
    Donc, oui, j’ai beaucoup aimé ce livre. Vivement la suite !

    Aimé par 1 personne

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