Johnny Depp en 5 films

Sur le même ton que notre édition « Tom Cruise », June et moi, cinéphiles dans l’âme, avons décidé d’en remettre une couche avec un acteur qui connaît en ce moment une petite perte de régime. EUPHÉMISME. Nan sans déc, celui qui a volé le mojo de Johnny Depp qu’il se rende à la police. TOUT DE SUITE.

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Ah mon Johnny ! Il y a dix ans, entre deux vannes de Gad Elmaleh, je déclamais mon amour, dans cette horrible salle réservée aux rebus de l’humanité (aka la Terminale Littéraire) pour ce quarantenaire aussi cool que talentueux, marié à Vanessa Paradis, ce mec qui faisait les beaux jours du cinéma de genre (et celui de Tim Burton) et qui me faisait me déplacer au cinéma dès que son nom apparaissait sur l’affiche. Mais voilà qu’une décennie et un divorce plus tard, Johnny, ainsi que Tim et Gad, ont perdu de leur superbe, enchaînant les demi-échecs ou pire, provoquant l’indifférence la plus totale. Qui l’aurait cru ? Certainement pas l’adolescente de 17 ans qui serait certainement mortifiée de voir que ses références ultimes sont tombées de leur piédestal.

Au vu de sa filmographie étoffée, faire des choix fût difficile et en même temps assez évident. Ainsi, les films cités rendent compte de la diversité de jeu de Johnny Depp.

Nota Bene : J’ai essayé de ne pas mettre QUE du Tim Burton. L’exercice, de ce côté là, fût difficile.

Nota Bene 2 : À ma grande honte, je n’ai pas vu Ed Wood de Tim Burton qui paraît-il est excellent et où Jojo est particulièrement convaincant. Donc je ne peux en faire mention.

Edward aux mains d’argent de Tim Burton, 1990.

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Comment ne pas commencer un top sur Johnny Depp sans mentionner la toute première collaboration Depp-Burton ? Fin des années 80, Johnny, encore frais, jeune et fougueux, sort tout juste de sa série 21 Jump Street dans laquelle l’acteur n’avait pas vraiment eu la possibilité de montrer l’ampleur de son jeu. Tim Burton, quant à lui vient tout juste de finir la production de Batman (celui avec Jack « Joker » Nicholson) et souhaite revenir à son cinéma à lui, bien loin des desiderata des gros studios. BIM. Edward aux mains d’argentconte fantastique plein de poésie qui met à l’honneur la figure de l’artiste brimé et incompris cher à Burton, rend compte de la fusion qui s’opère entre deux artistes talentueux, encore libres et pleins de créativité, sans la pression de la célébrité, et bien loin de la caricature qu’ils incarneront par la suite. Johnny, y interprétant le rôle principal, campe une réécriture du monstre de Frankenstein au coeur tendre, trop tendre, mutique et terriblement émouvant.

Si vous n’avez pas vu ce film, il est ABSOLUMENT nécessaire de réparer cette erreur.

Donnie Brasco de Mike Newell, 1997.

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Alors pour être honnête, j’ai vu ce film pendant l’écriture de cette chronique, mon recul par rapport à mon visionnage est de ce fait assez bas. Cependant, Donnie Brasco est plutôt un bon film où un flic du FBI (Jojo) infiltre le cercle privé de la mafia par l’intermédiaire d’un de ses membres (Al Pacino). Et si je le mentionne ici dans ce top, c’est l’étonnement que j’ai eu de voir Depp dans un film où :

1) il n’est pas grimé, excepté le look année 70 et les grosses lunettes fumées,

2) il ne fait aucune de ses fameuses mimiques (donc il est capable de jouer sans, c’est à noter),

3) il joue un rôle sérieux avec sobriété (à noter également qu’un jour Jojo savait faire dans le low profile) et

4) il est dans un film au propos terre à terre, où il n’y a ni chanson, ni fantastique, ni Helene Bonham Carter.

Un Jojo jeune donc, pas encore immensément célèbre et qui donne la réplique à monstre sacré. Je vous avoue que le rôle de Depp n’est pas mémorable même si tout à fait honorable, mais pour toutes les raisons citées précédemment, il devait figurer dans ce top. Et surtout parce qu’il me fallait absolument un film qui ne soit ni de Tim Burton, ni d’une franchise cinématographique, un film qui sorte un peu du lot quoi. Jugez un peu de ma conscience professionnelle.

Sleepy Hollow de Tim Burton, 1999.

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Hasard de la chronologie et de mes choix, on retape dans du Burton avec cette fois-ci mon film burtonien préféré. Johnny Depp incarne Icabode Crane, un jeune inspecteur de police au XVIIIe siècle, aux méthodes d’investigation moderne basées sur la raison et les indices d’une scène de crime mais incomprises par ses supérieures. Peureux, parfois lâche, mais astucieux et sensible, le personnage de Crane est campé par un Johnny Depp encore inspiré qui nous offre pour la première fois l’esquisse des fameuses « mimiques » qui le rendront célèbre. Le potentiel comique de Depp y est donc bien présent et sert à merveille le décalage opéré dans ce film qui oscille entre le conte fantastique gore et le ton burlesque de certaines scènes.

Mentions spéciales aux seconds rôles campés par de célèbres acteurs/actrices : Miranda Richardson, Christopher Lee, Richard Griffiths, Michael Gambon et Christopher Walken.

Mentions spéciales 2 aux évanouissements répétés de Depp/Crane. J’ai dit qu’il était sensible, le pauvre garçon.

Pirates des Caraïbes de Gore Verbinski, 2003.

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Ah. La bête. Pirates des Caraïbes, le film qui aura provoqué l’hystérie et élevé le génie créatif d’un Johnny Depp au sommet de sa forme. Oui, on l’oublie souvent maintenant que la franchise n’en finit plus d’allonger les opus, mais son interprétation de Jack Sparrow avait porté un vent de fraîcheur sur le cinéma de blockbuster, si bien qu’il n’avait pas volé sa nomination aux Golden Globe. Drôles et loufoques, sa dégaine et sa gestuelle maniérée détermineront sa marque de fabrique qui, hélas, tire désormais sur la longueur avec un peu trop d’insistance (cf. le regrettable Lone Ranger et les derniers opus des Pirates). Et pourtant, s’il fallait le dire, Jack Sparrow reste un des meilleurs rôles de composition de Johnny Depp, rendant le rimmel sous les yeux et les dreadlocks « perlées » au goût du jour. Franchement, qui n’a pas rit à la première apparition du personnage, droit comme un I et digne sur son mât alors que son rafiot misérable coule lentement ? À côté des partenaires fadouilles et agaçants, Orlando Bloom et Keira Knightley pour ne pas les citer, Johnny Depp ne pouvait que briller.

∇ ∇ ∇ ∇

Malheureusement, à partir de là, fort de son succès, Jojo a commencé à se reposer sur ses lauriers, allant jusqu’à s’enfermer dans la caricature d’un jeu de moins en moins inventif. On ne l’a pas vu venir tout de suite remarquez, pas en 2003, mais petit à petit jusqu’aux années 2010, où là deux drames sont arrivés : Alice aux pays des merveilles et Dark Shadow. De Tim Burton. Mais, ce n’est pas le propos ici (on ne vous pas cache l’envie avec June de faire un Johnny Depp partie 2 : les navets).

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C’est pourquoi vous me voyez en manque d’idée. Il y aurait pourtant de quoi faire entre Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, Sweeney Todd de Tim Burton, Les Noces funèbres de Tim Burton ou bien Neverland de Marc Forster… Mais tous ces films m’ont trouvée plus ou moins mitigée. Excepté Les Noces Funèbres que j’adore, mais assez parlé de Tim Burton. Alors, laissons passer quelques années.

Charlie Mordecai de David Koepp, 2015.

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Oui, ce film n’est pas mémorable. Oui Jojo cabotine comme jamais. Oui il a un drôle d’accent anglais surjoué. Et pourtant ! Le film fonctionne. J’ai ri. Pas à tout, parce que Jojo finit par fatiguer à la fin, mais je n’ai pu m’empêcher d’apprécier ses tentatives de retrouver son dynamisme et sa créativité. Et rien que pour ça je ne peux qu’approuver. Johnny Depp interprète donc un excentrique et riche historien d’art, lubrique et alcoolo, mandaté par le gouvernement pour retrouver un tableau volé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Déjà avec ce pitch de base, je suis cliente. Burlesque, loufoque, gags en pagaille et un Jojo grimé et costumé avec une moustache improbable, Charlie Mordecai tient du nanard brillant avec grande classe. 

∇ ∇ ∇ ∇

Un petit mot pour conclure

Qu’on aime ou pas Johnny Depp, il faut avouer quand même qu’il est difficile de passer à côté du phénomène qu’il a incarné. On a souvent dit de lui que c’était un acteur qui ne se mettait pas en véritable danger avec des rôles difficiles psychologiquement. Certes, nous ne le verrons certainement jamais dans des rôles « profonds » plébiscités par les Oscars et autres prestigieuses récompenses. Néanmoins, Johnny Depp est pour moi l’essence même de ce qu’est l’amour du divertissement et de l’aspect incroyablement ludique du métier d’acteur. Il aime se déguiser, se grimer et s’amuser, so what ? Tout ce que je lui demande, en vérité, c’est de ne pas se reposer sur ses acquis et de continuer avec cette envie, peut-être perdu de vue ces derniers temps, de nous faire rêver. C’est pourquoi je l’attends au tournant avec le gros rôle de Gellert Grindewald qu’on lui a confié dans la nouvelle saga de J.K. Rowling. Wait and see… 

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Pas assez de Johnny Depp ? Venez donc découvrir la sélection de June.

30 réflexions sur “Johnny Depp en 5 films

  1. Ah ma Mimine, je vois que nous tirons plus ou moins la même conclusion. Peut-être suis-je un poil + optimiste, on verra si ça se vérifie. En tous cas on partage déjà deux incontournables de la sélection, ce qui est bien parce que ça veut dire 1° qu’on est d’accord 2° qu’on se complète. ;)

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  2. Comme je te comprends ! Je ressens le même désappointement quand je découvre un nouveau film de Johnny Depp. Et si je fais encore l’effort d’aller voir les nouveaux films de Tim Burton (parce que je suis quelqu’un de très (trop dans ce cas-là ?) fidèle, j’ai abandonné avec Johnny et j’ai même un peu peur de ce qu’il fera de Grindelwald… Par contre, ne pas avoir vu Ed Wood est une honte ! Non, je plaisante, mais je te le conseille aussi. Johnny Depp est super touchant dans le rôle de ce réalisateur vraiment nul mais débordant d’enthousiasme, d’innocence et d’amour pour son « art ».
    Quant à moi, c’est Charlie Mordecai que je n’ai jamais vu. Peut-être un jour pour le fun !
    (Et tu m’as fait rire avec les 4 points surprenants de Donnie Brasco ! Tu me donnes envie de le revoir, bien que je n’en ai pas un excellent souvenir. Il faut dire que les films de gangsters ne sont pas ma tasse de thé.)

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    1. Ah mais même les films de Tim Burton, j’y vais plus. Ces derniers temps, je suis tellement déçue de ses films que je préfère ne pas prendre de risque pour payer en plus une fortune.
      Et oui j’ai très peur pour Grindelwald, car quoiqu’en dise, c’était vraiment Johnny Depp qu’il fallait choisir pour le rôle.

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      1. Honnêtement, pour Tim Burton, si j’y vais, c’est seulement parce que j’ai un abonnement et que je ne paie pas plus cher si j’y vais ou pas. Au pire, je perds juste mon temps… et après, je peux pleurer en me rappelant Edward aux mains d’argent, Sleepy Hollow, Ed Wood et autres Beetlejuice…

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  3. Chouette article ! :)
    Dans le genre film sérieux sans Burton où Johnny ne fait pas trop son Johnny, il y a « Fenêtre secrète » aussi ! Pas le film du siècle et il a un peu vieilli, mais j’avais trouvé plutôt sympa (scénario de Stephen King, au passage) et ça change de le voir un peu sage ;)
    J’espère aussi que son prochain rôle remontera le niveau !

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  4. Autre film d’avant les mimiques et les nanars, «Dead man» de Jim Jarmush est superbe 🙂 Je partage ton avis sur sa carrière et j’espère que son prochain rôle nous rappellera que c’est un grand acteur !

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  5. J’aime plus du tout le bonhomme, il m’énerve, j’ai envie de le baffer à chaque fois que je le vois dans cette pub-là, pour du parfum je crois, et j’ai vraiment peur de ce qu’il va faire de Grindelwald. Même si je veux bien lui laisser le bénéfice du doute, il ne fait plus que faire des grimaces, ça m’agace.
    Après, je plussoie totalement ta sélection, il a fait de sacrés bons films le bougre, c’est d’autant plus énervant de le voir tourner la carte comme ça (je suis mauvaise quand je suis déçue). Et faudrait aussi que je vois Ed Wood, on me dit que je l’ai vu mais étrangement, m’en souviens pas, mais alors PAS DU TOUT…

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    1. Moi la dernière fois que je l’ai vu dans une émission (avec Benedict C.), je l’ai trouvé tellement « pas là », tellement à côté de ses pompes, ça m’a fait mal au coeur. Et ouais mais pour Grindelwald, je suis entièrement d’accord, je suis terrifiée à l’idée qu’il puisse nous ruiner le personnage. J’essaye d’être optimiste et de tenter d’oublier les quelques secondes entr’aperçues de lui dans les Animaux Fantastiques. Parce qu’on me dira ce qu’on voudra, il n’y a pas d’être vivant qui respire là sous cette perruque immonde blonde/blanche. RESSAISIS TOI MON GRAND !

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      1. Voilà, ce mec a l’air d’être toujours sous influence d’un machin pas légal. Même si j’ai juste l’impression que c’est un genre qu’il se donne (je préférerais encore la première option).
        Et Grindelwald, c’était pas censé être le beau gosse parmi les beaux gosses ? Dans le genre méchant hyper charismatique ? Parce là, bon, il a pris un coup de vieux, pépère et il fait rien pour s’arranger (comment ça, on attaque pas sur le physique ?)(et c’était quoi, cette perruque ?!)

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      2. Ouais là on nous donne la version Grindelwald a abusé de la bibine pendant trop longtemps. Bouffi, les yeux ternes… il envoie pas du rêve. Quoique Voldemort non plus remarque, mais c’était Ralph Fiennes. On peut pas comparer l’incomparable.

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      3. Voilà, rien à voir, l’un a la classe, l’autre l’avait :p
        M’enfin, je lui laisse le bénéfice du doute, j’espère juste qu’il ne va pas pourrir mon groove avec cette saga (parce que le premier film est absolument géniaaaaal, non ?)

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  6. C’est bien on a eu la même adolescence. Et la même désillusion.
    Je suis passée de fan inconditionnelle à grosse blasée de la vie. Au point tel que j’ai eu mal à mater un film où il est à l’affiche. Mais comme tu dis, avec Les animaux fantastiques, on va quand même lui laisser une chance à ce brave Jojo. On n’est pas des bêtes.

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    1. Ouais mais non pareil, limite si je ne fuis pas carrément le film où il est. Sauf pour les Animaux Fantastiques où je devais être la dernière au monde à savoir qu’il y faisait une apparition. Imagine ma tête quand non seulement je l’ai vu apparaître (avec cette perruque dégueulasse, je ne le répéterai jamais assez) mais surtout quand j’ai compris le rôle qu’il jouait. Et là, ce fût le drame. Nan en vrai, je lui laisse une chance. T’en as qu’une Johnny, fais gaffe !

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