L’instinct de l’équarisseur – Thomas Day

Parce qu’en ce moment je suis assez chaud patate pour lire tout ce qui touche de près ou de loin à Sherlock Holmes, je suis tombée par le plus grand des hasards sur un étrange objet littéraire : L’instinct de l’équarisseur. 

Déjà Thomas Day, bon, j’en avais entendu parler lors de mes pérégrinations dans la blogosphère. Le mec en a dans le pantalon niveau littérature et j’aime autant vous dire qu’il faut sacrément en avoir quand on a décidé de toucher à l’un des héros littéraires les plus emblématiques du XXe siècle.

Parce que voilà, Day nous raconte que Sherlock Holmes existe bel et bien. Sauf que lui et son compère, le Dr Watson, se trouve dans un univers parallèle où se mêlent ère victorienne déclinante et technologies extraterrestres. Grâce à une invention de son crue, Watson réussit à passer dans l’univers d’Arthur Conan Doyle pour lui demander son aide en échange de quoi Doyle aura le droit d’écrire leurs aventures dans son monde, sans mentionner toutefois les extraterrestres et autres bizarreries qu’il rencontrera. Alors lorsqu’un jour, Watson débarque avec fracas dans son bureau et lui demande expressément de le rejoindre dans l’autre univers, Arthur ne se fait (quasi) pas prier. D’autant plus que là c’est franchement sérieux : un tueur sanguinaire se faisant appeler Jack l’Éventreur, sévit dans les bas quartiers de Londen, la capitale de la Monarchie Libertaire Britannique.

C’te délire de fan.

En partant d’une citation du vrai Arthur Conan Doyle qui n’en pouvait plus de son héros, cette bête bien trop envahissante, dont voici la teneur « Mariez-le, assassinez-le, disposez de lui comme bon vous semble« , Thomas Day a appliqué à la lettre les recommandations du maître. Et croyez-moi, il s’est fait carrément plèze.

Avec le prétexte un peu poussif que Sherlock Holmes a tellement besoin d’un chroniqueur pour conter ses aventures qu’il va jusqu’à en chercher un dans un autre monde (parce que Watson il pue le pâté ?), Arthur Conan Doyle devient un personnage à part entière, tiraillé entre son devoir envers sa femme enceinte jusqu’au cou et l’envie de galoper aux côtés du duo magique. Devenu enquêteur malgré lui, Conan Doyle va même rencontrer, dans « son » Whitechapel, un Oscar Wilde malicieux en quête de sensations fortes et tous deux vont tenter de résoudre, en l’espace de quelques chapitres assez divins, l’énigme de Jack l’Éventreur. N’est-ce pas une jolie boule de croquette ça ? Jack London fait aussi une petite apparition (oui tant qu’à faire) et bien naturellement James Moriarty prépare son grand retour.

C’est la foire d’empoigne cette affaire me direz-vous et vous aurez raison. Complètement déjanté et what-the-fuck, L’instinct de l’équarisseur est l’oeuvre d’un fan qui a surtout cherché à se faire plaisir. Oui c’est gros et c’est même si gros parfois qu’on a du mal à y croire. Et pourtant, ça se lit et bien, car il faut reconnaître que Thomas Day a une belle plume. Mêlant plusieurs genres (roman gothique, policier, fantasy et science fiction), le roman est doté d’un humour, d’une énergie et d’un souffle romanesque tels qu’on lui pardonnerait presque ces défauts. J’aime la sincérité et la passion de Thomas Day, mais le monsieur se laisse un peu trop aller dans ses délires. A vouloir trop en faire, l’auteur s’éparpille souvent, laissant de côté Holmes et Watson et leur univers qui restera simplement esquissé. C’est dommage parce qu’après m’avoir fait éclater de rire (de joie) en décrivant l’image d’une « Holmesmobile » avec Doyle, Watson et Holmes, armés jusqu’aux dents et prêts à bouter du saligaud, le champ des possibilités pour de nouvelles aventures extra-holmesiennes était large.

Ce roman ne plaira pas à tout le monde, je préfère prévenir. L’ambiance parfois glauque et malsaine que revêt l’histoire par moment, risque d’en refroidir quelques uns. Pour ma part, j’ai découvert un auteur avec qui nous partageons des références communes et un amour pour la réécriture. Bien loin d’avoir été échaudée, autant vous dire, que le reste de sa bibliographique est d’ores et déjà dans mes petits carnets.

 

18 réflexions sur “L’instinct de l’équarisseur – Thomas Day

    1. JE LE SAVAIS ! :D
      Par contre attention, comme je l’ai dit, c’est parfois hyper étrange, d’autant plus que j’ai oublié de parler de l’Interlude (passage qui arrive en plein milieu du récit) et qui est particulièrement… étrange ? obscène ? glauque ?
      Enfin, moi ça m’a surprise un peu. Mais j’ai bien l’impression que Thomas Day c’est un univers à lui tout seul !

      Aimé par 1 personne

    1. D’autant plus que c’est chez toi que j’ai vu passé le mois dernier ou avant Noël quelques ouvrages du bonhomme. Si bien que dès que j’ai vu le nom de l’auteur sur le bouquin, c’était comme une évidence.
      Après faut avouer le gars, il en fait des caisses tellement il est excité par son univers, mais je trouve ça tellement sympa autant de passion !

      Aimé par 1 personne

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