Wastburg – Cédric Ferrand

Cadeau de Noël de la grande copine Prettyrosemary, j’ai profité du Weekend à 1000 (c’te week-end de fifou entièrement consacré à la lecture) pour sortir ce bouquin de Fantasy hors-normes. Bien gouailleur, crade et amoral, Wastburg et Mimine étaient faits pour se rencontrer. Merci Chaton, tu as visé juste.

Pour rendre justice au style bien particulier du bouquin et pour bien vous mettre dans l’ambiance, je laisse la place au formidable résumé de la quatrième de couverture. Faites place braves gens ! Ça va envoyer du steak.

Wastburg, une cité acculée entre deux royaumes, comme un bout de bidoche solidement coincé entre deux chicots douteux. Une gloire fanée qui attend un retour de printemps qui ne viendra jamais. Dans ses rues crapoteuses, les membres de la Garde battent le pavé. Simple gardoche en train de coincer la bulle, prévôt faisant la tournée des grands ducs à l’oeil ou bien échevin embourbé dans les politicailleries, la loi leur colle aux doigts comme une confiture tenace. La Garde finit toujours par mettre le groin dans tous les coups foireux de la cité. Et justement, quelqu’un à Wastburg est en train de tricoter un joli tracassin taillé sur mesure. Et toute la cité attend en se demandant au nez de qui ça va péter.

En gros, pour faire un petit point rapide avec vous, si vous voulez du héros aux dons particuliers qui part dans une quête initiatique en compagnie de joyeux compagnons, retournez chez votre mémé mes lapins, c’est certainement pas chez Ferrand que vous allez trouver ça. Oh que non. Pas de héros, ni même de personnage principal que l’on suit ici, sinon quelques figures plus importantes que les autres, Wastburg a pour unique héroïne elle-même, la Cité Franche aux ruelles escarpées et dangereuses. Du coup, ne vous attendez pas à vous attacher à un quelconque glandu, ce n’est même pas la peine d’y penser, le roman ayant une politique assez similaire à Game of Thrones. Traduction : ça meurt quasi à toutes les pages. Et dans la douleur.

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Déjà, dès la citation d’ouverture de China Mieville (auteur britannique qui n’a pas sa langue dans sa poche), je sentais qu’on allait taper dans de la Fantasy de guedin. Personnellement, cette citation m’a beaucoup fait rire, et même si elle risque de hérisser les poils de certaines personnes, elle reste une profession de foi atypique, augurant une histoire bien bad ass qui se détache des codes traditionnels de la Fantasy

Tolkien est le kyste sur le cul de la littérature fantasy. Son oeuvre est massive et contagieuse : vous ne pouvez pas l’ignorer, n’essayer donc même pas. Le mieux que vous puissiez faire, c’est d’essayer de crever l’abcès. Car il y a beaucoup à exécrer : sa suffisance wagnérienne, ses aventures bellicistes en culotte courte, son amour étriqué et réactionnaire pour les statu quo hiérarchiques, sa croyance en une moralité absolue qui confond morale et complexité politique. Les clichés de Tolkien (elfes, nains et anneaux magiques) se sont répandus comme des virus. Il a écrit que le rôle de la fantasy était de « réconforter », créant ainsi l’obligation pour l’écrivain de fantasy de dorloter le lecteur.

S’il faut s’habituer pendant un temps à l’ambiance générale et à l’idée que le p’tit mec que t’aime bien va finir par se faire tailler le ventre, Wastburg est un petit bijou, un one-shot rare où la gaudriole et la picole sont plus importantes que n’importe quelle bravoure. C’est très fâcheux cependant de ne pas avoir les yeux en face des trous quand un margoulin, ou une petite saloperie du genre, est en train de préparer un truc pas jojo dans la cité Franche dont on mesure à peine les conséquences.

Amateurs du genre, pourfendeurs des clichés et amoureux du style argotique et un poil canaillou, je ne peux que vous recommander chaudement cette lecture. Quant à ceux qui, comme moi, auraient la soudaine envie de se tatouer sur la miche droite cette ultimate citation : « Faut faire des saloperies pour avoir la conscience tranquille », v’nez je vous paie un coup au Balto. Tournée générale !

15 réflexions sur “Wastburg – Cédric Ferrand

  1. Bon… encore un livre à ajouter dans ma wish list, je ne connaissais pas du tout ce titre mais tu en parles si bien et je suis amoureuse de tes articles. Surtout que de la fantasy avec plein de sang et plein de meurtre, avec un style atypique, vibrant ça ne court pas les rues !

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  2. AH TROP CONTENTE ! Par contre, après une chronique pareille, comme ne pas juste me jeter dessus quoi ? (oui parce que Machine s’en est acheté un exemplaire aussi… J’avais dit que fallait pas me laisser sans surveillance avec une CB)
    Je frétille déjà à l’idée de lire tous pleins de saletés, de meurtres et d’histoires de types pas nets. En plus, la fantasy avec des villes comme persos principaux c’est la vie.

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  3. Je n’avais pas du tout accroché à cette lecture. Elle m’avait pourtant été conseillée par mon libraire qui l’avait présenté comme un Glen Cook. Alors, je sais que le personnage principal est en vérité la ville de Wastburg mais tuer les personnages à chaque fin de chapitre, c’est sympa au début puis après ça lasse. Quant à Miéville, je l’avais trouvé très présomptueux.

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    1. Nan mais je peux comprendre que l’écriture fragmentée avec un effet choral puisse gêner. J’avoue qu’au bout d’un moment, quand j’ai compris que ça allait être ça jusqu’à la fin, ça ne m’a plus trop dérangée. Après pour ce qui est de la citation de Miéville, bien sûr que c’est présomptueux ! :p C’est ce qui m’a assez plu, je dois bien avouer. Avoir le culot de dire ça (j’avoue également que je suis assez d’accord avec le Monsieur) de cette façon, j’ai trouvé ça assez extra. Mais encore une fois j’comprends que ça puisse embarrasser.

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