Pariz – Rodolphe Casso

Sortie ravie de ma lecture Post-Apo avec Station Eleven, j’avais bien envie de me remettre dans une ambiance « fin du monde, on va tous caner ». Alors dès que j’ai posé le regard sur la couverture splendide de Pariz, y a eu comme un coup de foudre et l’évidence que je ne pouvais pas partir de la librairie sans cette petite nouveauté des éditions Critic.

Bon déjà, rien qu’avec le synopsis, j’suis cliente. Alors que Paris est ravagé par une épidémie de mort-vivants, trois clodos du métro, la Gâchette, un grand black ancien enfant soldat, la Gobe, un raver au cerveau très diminué, accompagné de son chien Goa, puis la Goutte, le plus vieux et le plus alcoolisé d’entre tous qui traîne sa patte folle difficilement dans les couloirs, vont tenter de sauver leur peau. Pour cela, ils ont besoin de deux choses : un abri au chaud et un stock de binouze et de jaja (la base j’ai envie de dire) suffisamment conséquent pour survivre à l’Apocalypse.

Au détour d’un couloir, ils croisent la route de deux nazillons en mission suicide et membres d’une armée putschiste, la Restauration française, qui a fait main basse sur l’Assemblée nationale. Les cinq personnages vont alors composer le groupe de survivants le plus hétéroclite et le plus mal assorti de la capitale, comptant les uns sur les autres, bon gré mal gré, pour sortir de ce guêpier et éviter de se faire « croquer ».

Si l’histoire n’est pas exceptionnellement originale (soyons honnête ça commence à être sacrément difficile de taper dans l’originalité avec les zombies), le premier roman de Rodolphe Casso se démarque par un style et une forte personnalité. Entre références littéraires (cf. les citations pertinentes sur Paris en début de chapitre), culturelles et musicales, un langage argotique et gouailleur (tout ce que j’aime) qui donne à lire des dialogues savoureux, Pariz est un véritable petit vent de fraîcheur dans la littérature genrée. J’ai particulièrement apprécié la construction des personnages, dont les personnalités différentes tendent vers un anti-manichéisme de bon aloi. Vous verrez même l’apparition d’un personnage annexe à l’intrigue, la Goule (le nom, j’en suis fan) qui se révèle être un zombie dont le but est de vous faire la visite guidée de Paris à travers une déambulation éternelle.

Enfin, Casso est plutôt doué pour dépeindre des « scènes » qui cassent la baraque et qui vont te rester dans la tête pendant un bout de temps. Voyez, moi personnellement, je serais quasi open à vivre une invasion de zombie, si on me permettait de voir les Champs-Élysées noyés de zombies avec les Lacs du Connemara (oui oui) de Michel Sardou hurlant à plein tube. Genre gros délire WTF et galvanisant, ça se pose là quand même.

Alors même si le récit perd parfois de son souffle et qu’au milieu du roman j’ai commencé à sentir poindre une petite lassitude, heureusement guérie par une fin pleine de révélations et d’étincelles, ce one-shot (ouais les copains, pas de suite à l’horizon) est un coup d’essai réussi qui plaira aux amateurs du genre. Ayez quand même le coeur bien accroché, y a des moments c’est pas jojo. Rodolphe Casso m’a en tout cas séduite par son style et si Monsieur écrit un autre roman, Mimine dit pas qu’elle ne sera pas au rendez-vous.

8 réflexions sur “Pariz – Rodolphe Casso

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