La Marche du mort – Larry McMurtry

Depuis que j’ai vu le remake des 7 Mercenaires au ciné le mois dernier (qui m’a franchement donné la banane), j’avais bien envie de me faire un p’tit western sympa version bouquin. Ça tombait super bien puisque je venais de m’acheter le livre que voici. Et question bourrinage et cartouches qui volent, y a matière.

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On connaît assez peu finalement Larry McMurtry en France, alors que franchement il y a de quoi. Oscarisé en 2005 pour le scénario du film Le Secret de Brokeback Mountain et détenteur du Prix Pulitzer de la Fiction en 1986 pour le premier tome de sa célèbre saga western Lonesome Dove (qui a eu une adaptation télé), Larry McMurtry, c’est pas vraiment Jo le clodo. C’est même un sacré bonhomme. Alors on fait quoi les enfants quand on n’a pas été élevé chez les porcs ? On remercie chaudement les éditions Gallmeister de nous sortir des petites perles de littérature américaine. Voilà.

La Marche du mort raconte la genèse du duo atypique que forment Augustus McCrae et Woodrow Call, découverts pour la première fois en cow-boy vieillissant dans les deux tomes de Lonesome Dove. Ici, fringuants jeunes hommes d’une vingtaine d’année, pleins d’énergie et désireux de faire leur preuve, ils se lancent dans l’aventure en intégrant un groupe de Texas Ranger.

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Alors oui mais non. On est assez loin du Chuck Norris et de ses bottines en croco, prêts à défoncer du communiste. Les Texas Ranger au XIXe siècle ressemblaient plutôt à ça, prêts à défoncer de l’indien à plumes. Nan mais y a pas de différence en fait…

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Donc nos deux copains, Woodrow et Gus se lancent dans l’aventure avec une certaine dose d’inconscience quand même. De bonne volonté mais sous-équipés et quasi sans expérience dans le maniement des armes, les deux bras-cassés se retrouvent dans le désert du Texas avec un groupe hétéroclite composé d’une pute mexicaine, d’un vieux cuistot, deux trois mercenaires, un capitaine incompétent, quelques autres gusgus inexpérimentés et deux pisteurs/chasseurs, eux, très compétents. Une équipe de choc censée sécuriser le périmètre d’un désert aussi grand qu’un état pour la construction d’une voix ferrée, désert qui appartient stricto sensu aux indigènes… Vous le sentez qu’il va leur arriver des bricoles ou pas ? Pif paf pouf, ça manque pas. C’est même la grosse panade quand il s’agit de faire face à une bande de Comanches guerriers, passés pro en scalp, qui eux par contre connaissent parfaitement le terrain. En même temps, les mecs, ils sont chez eux, hein. Ils font ce qu’ils veulent. 

Comme un bon film western, La Marche du mort est le genre de bouquin qui te donne envie de remettre ces fameuses bottes cavalières qui te boudinent le mollet et ton chapeau de cow-boy « panthère » rose, datant de ta dernière soirée à thème, et d’aller faire régner la loi sur ton poney dans les rues goudronnées de ta ville.

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Soyons honnête, l’atout charme, l’atout coeur, l’atout principal dans tout ça, c’est bien naturellement le duo Woodrow/Gus, formant ensemble une bien belle (et drôle) bromance. Les deux meilleurs amis sont pourtant mal assortis tant ils sont différents.

Woodrow Call, c’est le gars sérieux voyez, timoré et maussade, mais droit dans ses bottes. Quant à Gus McCrae c’est l’opposé. Beau-parleur, menteur, casse-cou et casse-couille et obsédé par les putains mexicaines, Gus est le boulet dans la vie de Woodrow, le petit caillou dans sa bottine, le gars qui te ramène plus d’ennuis qu’autre chose. Il n’empêche qu’ils s’aiment beaucoup Tic et Tac et au final se complètent pas mal. Ça devient juste un poil difficile quand ils tombent amoureux de la même nana, mais bon…

Il est surtout intéressant, quand on a lu avant Lonesome Dove (merveille que je vous conseille), de voir l’évolution de ce duo dans l’âge. Alors que je les ai connu dans leurs vieux jours à l’aube de leur dernière aventure, supportant difficilement les défauts de l’un et de l’autre après des décennies de vie commune, on les rencontre là tout jeune, tout frais, des gosses rêvant de devenir des héros. Confrontés ensemble à la dure vie de la pampa, Woodrow et Gus vont devoir s’endurcir et compter l’un sur l’autre comme jamais.

Entre les chevauchées endiablées, les ennuis de météo, les fusillades avec Mexicains et Comanches, les « pique-niques » au coin du feu et la peur viscérale du scalp (il y a de quoi franchement), on se laisse couler dans une épopée enivrante avec des personnages hauts en couleur. L’écriture peut paraître parfois un peu lourde, car il y a beaucoup de détails et pas mal de descriptions. Mais c’est largement rattrapé par le talent et l’enthousiasme presque enfantin communicatif de McMurtry qui recrée un décor et des personnages typiques du Far West, sans s’éloigner toutefois de la véracité historique.

Mimine valide et conseille ! 

7 réflexions sur “La Marche du mort – Larry McMurtry

  1. Mouahah ça fait trop envie, je crois que j’ai été convaincue fois mille quand tu as parlé de sortir en poney pour faire régner l’ordre dans le quartier. On se programme ça quand tu veux, entre deux fournées de cookies vegan.
    Nan, sans rire, va falloir lire ça aussi, en même temps je suis tellement fan de ce qu’ils publient chez Gallmeister.

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : Novembre 2016 |

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