Dracula – Bram Stoker

Y a des bouquins comme ça qui ont une telle importance dans la culture populaire que passer à côté serait une hérésie. Alors voilà avec Charlit des livres (dont l’avis est ici), on s’est décidée à se mettre en lecture commune sur Dracula de Bram Stoker et c’était vachement chouette.

Je vous avouerais qu’avant de lire Dracula, tout ce que je connaissais du vampire des origines, c’était un mec en cape d’opérette qui sortait de sa box les bras levés. J’avais également très peu de souvenir du film de Francis Ford Coppola, l’adaptation ciné avec Gary Oldman, si ce n’est un mec chelou léchant une lame de rasoir ensanglantée (traumatisant) et Keanu Reeves en pleine érection dans le pantalon pendant qu’une Monica Bellucci vampire lui faisait un massage (moins traumatisant)(quoique…).

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Tout commence avec Jonathan Harker est un jeune solicitor (une sorte de notaire) qui a pour mission de rendre visite à un riche client, le comte Dracula, dans son château en Translyvanie. Bien accueilli au premier abord avec grande courtoisie, le jeune homme ne tarde pas à remarquer l’étrangeté de son hôte et de son quotidien. À part lui et le comte, personne ne semble vivre dans la sombre demeure et les interactions avec Dracula ne se déroule mystérieusement que la nuit. Au fur et à mesure que le temps passe, l’étau se referme sur Harker qui se rend compte qu’il n’est plus un invité, mais bien prisonnier du comte. Pendant ce temps-là, la fiancée d’Harker, Mina et son amie Lucy passent un séjour ensemble sur la côté anglaise, jusqu’à ce que Lucy montre des signes inquiétants de somnambulisme et porte deux petites entailles sur son cou…

Bram Stoker a pris le parti de raconter son histoire sous la forme de journaux intimes et de correspondances, ce qui peut être un peu déconcertant mais pas si étrange que ça quand on sait que c’était une manière courante dans la littérature fantastique du XIXe siècle. Ainsi, le récit vu à travers les yeux des nombreux protagonistes et entrecoupé par leurs écrits a pour effet de donner une illusion de crédibilité et de nous immerger dans un véritable récit fantastique, où la réalité est souvent remise en question par l’apparition d’étranges phénomènes. C’est au lecteur que revient la tâche de recouper les différents éléments et de finalement comprendre que ce qui arrive à la pauvre Lucy n’est absolument pas naturel.

Là où je trouve que Bram Stoker a fait fort, c’est le récit d’Harker chez Dracula qui apparaît au tout début du roman. Installant une atmosphère mystérieuse et oppressante, Stoker nous livre quasiment le gros atout de son histoire sur un plateau d’argent. Une visite guidée dans le château de Dracula, franchement, n’est-ce pas mortel ? Comme introduction, y a pas mieux et pour preuve j’ai été complètement happée dès les premières pages.

C’est à presque regretter que ça se termine trop tôt, tant le changement est brutal dès que le récit bascule en Angleterre et qu’on passe la main (entre autres) aux jeunes filles, Mina et Lucy qui s’écrivent des lettres et tiennent leur propre journal intime. Alors elles s’adorent, elles s’aiment, elles chérissent leur parfait et formidable fiancé, la vie est merveilleuse, les petits papillons volent, les oiseaux chantent…

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Ça faut l’avouer, c’est le petit défaut des écrivains masculins du XIXe siècle quand ils écrivent des personnages féminins. Alors quand ils les font parler… Ça donne un peu des niaiseries sans nom qui donnent envie à Mimine de gerber dans son sac. Mais heureusement ça ne dure pas dès que les problèmes de santé de Lucy arrivent et que viennent à sa rescousse le docteur Seward et… Van Helsing.

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Alors non pas lui. En 1897, Van Helsing est plutôt du genre rouflaquettes et redingote, bien que sa rudesse et son sang-froid font de lui l’homme de la situation. La chasse aux vampires peut donc commencer.

Et là vous vous demandez « Mais alors Dracula dans tout ça ? ». Certes, le personnage est physiquement en arrière plan la plupart du temps. C’est en réalité la menace qu’il symbolise et qui plane constamment sur les personnages qui fait de Dracula une figure emblématique et charismatique.

Je crois que je ne m’étais jamais vraiment rendue compte à quel point Bram Stoker avait posé les bases du mythe du vampire et à quel point cela avait pu influencer notre littérature moderne. Oui Mimine se réveille, faites pas attention. J’en étais presque à m’étonner de voir apparaître les mots désormais kitschs dans la littérature vampirique, « cercueil » « pieu » « ail » « chauve-souris », alors que bien évidemment s’ils nous sont tellement connus, c’est grâce à Dracula.

Si on y réfléchit bien, c’est en fait grâce/à cause de (barrez la mention inutile) de Bram Stoker qu’on a eu le droit à la déferlante Twilight puis à 50 nuances de Grey… Comment ça je suis de mauvaise foi ? Bon d’accord, c’est Anne Rice, auteure d’Entretien avec un vampire qui a implanté le côté sex-appeal des vampires dans nos esprits. Oui mais sans Bram ? Pas d’Anne. Pas d’Anne ? Pas de Stephanie. Pas de Stephanie ? Pas de E.L. James. Pas de E.L. James ? Pas de Mimine au bord du gouffre quand elle voit la couverture FifthyShades. Alors ? Merci Tonton. 

Bon, j’arrête de déconner et je conclus proprement. Oui Mimine a beaucoup aimé cette lecture et est ravie d’avoir pu finir ce roman commencé quand elle était ado. Une lecture indispensable et fluide qui ne nous fait plus quitter le lit jusqu’à ce qu’on est le fin mot de l’histoire.

 

15 réflexions sur “Dracula – Bram Stoker

  1. Je l’ai acheté en VO il y a mille ans (LOL, ça, ça va être rigolo) et tu m’as peut-être donné envie de sauter le pas prochainement. Et ça m’étonne pas que le passage de la visite guidée soit l’un des plus keephants du bouquin, je l’avais adoré dans le film de Coppola, tellement CREEPY MON DIEU.

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    1. Oui tu fais bien de t’y remettre ! Faut dire quand on est jeune, Dracula de Stoker c’est pas vraiment sexy. A la première tentative, je pigeais absolument rien de ce qu’il se passait. Alors quand je l’ai repris avec quelques années de plus au compteur, j’ai été surprise par la facilité à se mettre dedans. Grandir, ce n’est pas que bénéfique pour l’acné, c’est très bon pour la littérature aussi. x)

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  2. Ouais mais Dracucul il ne brille pas comme une boule à facettes au soleil, lui, et toc :-P

    Plus sérieusement, j’ai lu Dracula plusieurs fois depuis mon adolescence et même si ce n’est pas Bram Stoker qui a inventé la figure du vampire, c’est effectivement qui a posé les bases de la littérature vampirique. Sinon j’aime beaucoup Mina mais Lucy est assez neuneu ^^.

    J’aime aussi beaucoup l’adaptation de Coppola, où j’ai un gros crush malsain sur Dracula :-P (et purée je n’avais jamais percuté que Monica Bellucci jouait dedans ! )

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  3. J’avais commencé ce livre quand je n’étais pas prête à le lire, je me souviens juste des centaines de descriptions qui ont achevé mon plaisir de ma lecture (j’étais trop jeune pour comprendre l’importance des descriptions dans un roman TT). Mais ton avis (encore une fois x)) me donne envie de m’y replonger !

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