La voix des vagues – Jackie Copleton

J’ai découvert récemment que ma liseuse était compatible avec NetGalley (royaume d’Ali Baba pour blogueurs & cie) alors que j’était persuadée pendant un an que ce n’était pas le cas, me privant du coup de beaucoup de joie. En fait, il fallait juste télécharger Adobe Digital Edition.

Ainsi donc, j’ai pu lire un très, très beau roman qui m’a été envoyé, via NetGalley, par les éditions Les Escales (que je remercie très fort au passage) et qui sort aujourd’hui en librairie.

Attention, aujourd’hui, Mimine est sérieuse. Hé ho ! On déconne pas avec les SP. Ni avec une aussi belle lecture.

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Amaterasu Takahashi, vieille dame japonaise vivant aux Etats-Unis, reçoit un jour la visite d’un homme horriblement défiguré qui prétend être son petit-fils Hideo. Or, Hideo ainsi que sa mère Yuko, fille unique d’Amaterasu, ont tous les deux péris le 9 août 1945 à Nagasaki, victimes parmi tant d’autres de la Bombe H. La vieille dame refuse de le croire. Si cet homme est vraiment ce qu’il prétend être, pourquoi a-t-il attendu 40 ans pour refaire surface ? Alors qu’Amaterasu croyait avoir définitivement enfoui son passé, la déferlante des souvenirs va la submerger. Petit à petit, à travers le journal intime de sa fille et les lettres du père adoptif qui a recueilli Hideo, l’histoire d’une famille traditionnelle japonaise va éclore, révélant des trahisons, des secrets et des rancoeurs cachées.

Jackie Copleton signe là son tout premier roman aussi beau, délicat et fort qu’un cerisier japonais. Elle retranscrit les événements historiques et tragiques de 9 août 1945 en les incluant dans un drame familial dont les noeuds se démêlent au fil de la lecture. Un drame qui semble commencer le jour où la jeune Yuko tombe éperdument amoureuse d’un ami de son père, le très beau et séducteur Sato Jomei. Foudroyée lorsqu’elle apprend la liaison, Amaterasu va alors tout faire pour éloigner Sato qu’elle hait loin de sa fille.

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La voix des vagues est un chassé-croisé de destinées et d’époque, parfaitement maîtrisé. Ainsi, à travers la reconstitution d’un Japon d’avant 1945, dont les rites et les coutumes très strictes rythment le quotidien, Jackie Copleton tisse le portrait d’une mère et de sa fille, enchaînées à leurs devoirs familiaux. C’est d’ailleurs Amaterasu, la narratrice, qui m’a le plus plu. C’est une femme complexe et forte, dure et manipulatrice, un caractère qui s’explique par sa volonté de survivre dans une société où les femmes n’ont pas leur mot à dire et par son amour inconditionnel pour sa fille. L’humanité de cette femme se dévoile à travers ses défauts, les erreurs qu’elle a commises, mais surtout à travers un passé mystérieux et douloureux.

Avec un grand sens du romanesque, Jackie Copleton a écrit un roman dont l’intrigue est aussi palpitante qu’une enquête policière. En effet, les éléments qui nous permettent de comprendre la mécanique de l’intrigue et des personnages sont livrés au compte-gouttes et créer mine de rien un certain suspens qui nous empêche de lâcher le roman. Ce n’est qu’à la fin que toutes les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement et que l’on comprend enfin le drame qui s’est joué.

Je peux vous dire que sous mon plaid-doudou (dont je suis tombée follement amoureuse), j’ai dégusté ce roman avec un plaisir croissant. Y a même les yeux qui ont fini par piquer à un moment donné. Que voulez vous, Mimine a un petit coeur qui bat sous sa carapace.

J’ai énormément aimé cette façon que le roman a d’imbriquer une tragédie humaine et historique au récit d’une famille. C’est fait de telle manière que le contexte historique n’est pas juste utilisé comme un fond de carte postale, il a une réelle incidence dans l’intrigue qui se joue entre les personnages. Cette authenticité peut s’expliquer par le fait que l’auteur a pendant un temps vécu à Nagasaki et qu’elle a pu s’imprégner sur place des lieux et des témoignages pour construire son roman. D’ailleurs, le petit plus que j’ai apprécié, ce sont les débuts de chapitre qui décrivent à chaque fois un mot de vocabulaire sur une coutume ou un état d’esprit de la culture nippone. Mimine en apprend tous les jours.

Que pourrais-je dire d’autre ? « Lisez-le« ? Ouais, ça serait plutôt pas mal effectivement.

Éditions Les Escales, 304 pages, 21,90€.

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