Les Mystères de Larispem, tome 1 – Lucie Pierrat-Pajot

Mes chatons, je vous souhaite le bonjour en cette journée commémorative du Débarquement de Normandie. Oui, c’est important. Parce que ça me permet de me rappeler que c’est l’anniversaire de mon paternel. Alors joyeux anniversaire à lui. Maintenant que cette information fort utile pour votre journée est bien passée, passons aux choses sérieuses. Parce qu’on déconne, on déconne, mais y a du boulot.

Le premier tome Les Mystères de Larispem de Lucie Pierrat-Pajot est la petite nouveauté jeunesse qui a remporté la 2e édition du concours du premier roman organisé par Gallimard jeunesse, RTL et Télérama. Si je suis si au courant (pour une fois que ça m’arrive) c’est parce que la première édition du concours, on s’en souvient tous, a lancé Christelle Dabos et Les Fiancés de l’hiver. Inutile que je vous en parle je crois. Non, effectivement c’est inutile. Ni que je vous parle de mon amour obsessionnel pour cette saga. Non plus, c’est pas la peine. Bon. On commence alors ? Oui ça serait bien. 

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1899, à l’aube du XXe siècle, la Cité-État indépendante de Larispem est gouvernée par un régime populiste, où les bouchers font partie de la caste la plus puissante de la société, alors que les bourgeois et les nobles, eux, ont été chassés, voire massacrés, après une sanglante révolution trente ans plus tôt. Carmine et Liberté sont deux jeunes adolescentes, l’une apprentie louchébem, l’autre mécanicienne. Débrouillardes dans cette cité au fort pouvoir idéologique mais bien peu idyllique, elles se voient parfois obligées, pour arrondir les fins de mois, de partir à la chasse aux objets de valeur appartenant à l’ancienne noblesse. Au cour d’une de ces nuits, elles trouvent un mystérieux livre dont certaines personnes tout aussi mystérieuses aimeraient bien s’approprier. Pendant ce temps là, Nathanaël est un orphelin qui n’a qu’une idée en tête : quitter une bonne fois pour toute l’orphelinat. Mais d’étranges événements surviennent dans l’enceinte de l’établissement sur lesquels le jeune garçon va vouloir enquêter. Ces trois destins vont se voir chambouler, car la menace gronde sur la cité. En effet, les Frères de Sang, une cellule terroriste d’anciens nobles, pourraient bien être de retour et vouloir prendre leur revanche.

Bon, commençons par le plus flagrant : la couverture claque sa mémé ! Que ce soit les illustrations (de Donatien Mary), la typo ou le liseré doré en surbrillance (qu’on ne voit naturellement pas sur la photo), le directeur artistique de Gallimard Jeunesse s’est clairement fait plaisir. C’est pourquoi ce livre trônera fièrement sur mes étagères (enfin rangées après 5 ans en jachère) même si je n’ai pas été spécialement emballée par ma lecture. 

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Et pourtant le roman a de bien belles qualités. Déjà, c’est très bien écrit. Là-dessus y a rien à dire. C’est agréable, le vocabulaire est recherché et j’ai particulièrement apprécié le langage en verlan des bouchers (qui existe vraiment ce que je ne savais pas) qui donne un certain cachet au récit. D’autre part, l’univers a son originalité, avec un style « steampunk Vernien » fort sympathique, et j’ai beaucoup aimé (fan d’Histoire de France que je suis) la reprise d’un fait historique, la Commune de Paris de 1871, dont le cours des événements a été changé dans le roman, le gouvernement ici perdant la guerre civile, entraînant un renversement des castes sociales.

Mais voilà, malgré l’inventivité présente, je n’ai pas accroché à ce roman. Ce qui m’a le plus dérangée finalement c’est que l’histoire de ce premier tome est essentiellement une grande exposition de l’univers et des personnages. Le roman est en plus assez court (260 pages) si bien qu’en finissant le tome, j’ai eu l’impression qu’il manquait un bout de l’histoire, comme si on avait coupé en plein milieu. Je vous avoue que je me suis sentie un peu flouée et mal récompensée pour ma patience. C’est vraiment frustrant parce que c’était pile au moment où le récit commençait ENFIN à décoller alors que jusqu’ici je m’ennuyais un peu. C’est un peu comme si tu avais passé 4 heures sur ton super vaisseau de l’espace en Lego et une fois fini, on te l’arrachait des mains sans que tu puisses en profiter.

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Depuis la fin de ma lecture, il y a quelques semaines, j’ai pas mal réfléchi aux raisons qui avaient fait que je n’avais pas adhéré. J’en suis venue à la conclusion que la saga de Lucie Pierrat-Pajot reste très jeunesse, trop peut-être pour moi. Je pense sincèrement que l’histoire aurait également mérité quelques chapitres de plus, rien que pour donner un peu plus d’épaisseur aux personnages pour qui je n’ai pas eu beaucoup d’attachement. Je ne suis pourtant pas une fervente défenseur des pavés et je ne trouve pas qu’épaisseur rime avec qualité, mais dans ce cas précis, le petit volume est vraiment un défaut. Le récit s’éparpille entre les différents enjeux de présentation de l’univers et des personnages principaux qui en plus ne vivent pas forcément les événements ensemble. Ça devient d’autant plus compliqué quand on veut nous raconter beaucoup de choses.

Encore une fois, ces remarques viennent d’une adulte de 25 ans qui ne doit pas être la cible visée et qui attend toujours un peu plus d’une bonne histoire, qu’elle soit jeunesse ou non. Cet avis très personnel suivant mes propres goûts est donc à prendre avec des pincettes, car la qualité est bien là, ça ne fait aucun doute. 

9 réflexions sur “Les Mystères de Larispem, tome 1 – Lucie Pierrat-Pajot

  1. Je l’ai aussi lu et si j’en pense quasi la même chose que toi, je suis moins déçue. Sans doute parce que j’ai plus l’habitude de lire de la jeunesse :) Mais je trouve qu’il manque effectivement un chapitre ou deux avant de clôturer ce premier tome, on est vraiment coupé en plein élan et c’est dommage ! J’espère qu’on aura tout de même la suite, il y a un énorme potentiel :)

    Aimé par 2 people

  2. J’hésite à découvrir cette histoire. L’univers de Christelle Dabos m’a tellement emballée que je m’attends à la même chose pour ce livre publié grâce au même concours…
    La barre est haute et je sens que je vais être déçue. Et puis, en lisant ta chronique, je me dis que oui, il y a bien des chances pour que la déception se fasse sentir.

    Aimé par 1 personne

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