La croisade noire du Jedi fou – Timothy Zahn

Vous ai-je parlé de mon gourou SF/comics ? Non ? Ah mais il faut que je répare cet oubli monstrueux. Je vous présente donc Lost in Chapter 13 (appelez-le Lost, pas de chichis) qui officie sur son propre blog du même nom (cliquez donc là).

Le problème avec lui, c’est que dès que tu te mets à lire un de ces articles sur Deadpool ou les comics des Gardiens de la Galaxie (entre autres) tu n’as plus qu’une envie : abandonner tes lectures en cours, ton boulot, ton chat, tes enfants, ton mari, ta femme, tes amis, bref toute forme de vie sociale, et de te plonger à corps perdu dans les oeuvres citées. Mais voilà, les journées ne font toujours que 24h et il faut faire des choix (budgétairement parlant). Alors, tel un maître Jedi, il m’initie depuis notre rencontre sur mon article sur Star Wars Episode VII (y a qu’à voir notre conversation en commentaire, deux mordus qui se lâchent. Manquait plus que les gâteaux apéro et le pinard) et telle une jeune padawan, je me laisse guider les yeux fermés. Suite à son article étoffé, foisonnant, touffu sur l’Univers Étendu Star Wars (le lien ICI) désormais désavoué par George Lucas LucasArts et Disney et appelé « Légendes », je me suis laissée tentée par la lecture de la trilogie désormais célèbre chez les initiés, La croisade noire du Jedi fou, ou plus communément appelée « La trilogie de Thrawn », de Timothy Zahn Elle comporte alors trois romans L’Héritier de l’EmpireLa Bataille des Jedi et L’Ultime Commandement, que j’ai lus d’une traite. 1270 pages. Et ouais.

Alors est-ce que j’ai aimé ? Je te sens fébrile mon cher Lost. Il faut dire que mon gourou m’avait menacée de ne plus m’adresser la parole si je n’appréciais pas ma lecture. Autant dire que j’avais le canon de son pistolaser sur la tempe. Et pis, c’est qu’il l’attend mon avis depuis le temps ! Voici ta patience récompensée mon chat.

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A long time ago in a galaxy far, far away… 

On pourrait penser que tout allait dans le meilleur des mondes depuis la fin de l’Empire Galactique et la mort de l’Empereur Palpatine. Que nenni mes amis. Cinq ans après les événements relatés dans « Le Retour du Jedi », les restes de l’Empire vagabondent toujours dans la galaxie très très lointaine sous la bannière du Grand Amiral Thrawn, fin stratège à la peau bleu et au regard incandescent, bien décidé à remettre sur pied l’ancien ordre impérial. Pendant ce temps-là, alors que les Rebelles, installés dans l’ancien palais de l’Empereur, tentent avec difficulté d’ériger un nouveau gouvernement, Han et Leia Solo, mariés, attendent un heureux événement. Difficile pour eux de se voir, pourtant : Leia se trouve aux prises du pouvoir et se voit confier des missions diplomatiques ; Han est, quant à lui, envoyé à bord de son Faucon Millenium avec Chewbacca à travers toute la galaxie, pour d’autres missions plus… délicates et moins orthodoxes. Enfin, Luke Skywalker a la très difficile tâche de faire renaître de ses cendres l’Ordre Jedi et de partir à la recherche de nouveaux apprentis.

Envoyez les cacahouètes, c’est parti ! 

Bien que ma lecture remonte à loin (mois de mars), j’en garde un bon souvenir. Comme je l’ai déjà dit, je suis une grande fan de Star Wars. Je dirais même plus qu’entre Jean Marais, Zorro, les trois mousquetaires et D’Artagnan, Han Solo fait partie de mes héros d’enfance favoris. Pourtant, je n’avais encore jamais franchi le pas vers la lecture des romans de l’UE. Pas peur d’être déçue sans doute.

Je me suis donc retrouvée comme une gosse devant cette trilogie avec un certain bonheur mêlé d’appréhension. « Voir », ou plutôt lire, à nouveaux les aventures du trio iconique a été sacrément sympa. Je ne vous dis comme j’ai adoré de me retrouver dans le Faucon Millenium, de « revoir » Lando Calrissian, de me retrouver aux côtés de Luke dans ses turpitudes et ses doutes, tout seul face à sa grande destinée, d’accompagner Leia à la rencontre d’un peuple méconnu, et surtout, SURTOUT d’être en compagnie d’Han « Fucking » Solo.

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Si j’ai été un peu perdu par l’histoire très étoffée et par le fait que le trio est vite séparé par les événements dans une bonne partie du livre (donc une alternance du récit assez fréquente), j’ai adoré les passages avec Leia qui m’ont passionnée. Sans trop en dévoiler, elle va faire, en compagnie de Chewbacca et C3PO, la connaissance d’un peuple de guerriers à la solde de l’Empire dont l’histoire fort tragique est l’une des plus belles trouvailles de cette trilogie. Cela va permettre de voir Leia confrontée aux anciens méfaits de son père Dark Vador (désolée mais ce n’est plus un spoiler depuis trois décennies) et tentée de réparer les erreurs du passé. Cette partie du récit est certainement la plus aboutie et la plus profonde de la trilogie. Parler d’esclavagisme, de manipulation cruelle d’un peuple et face à ça l’indifférence des « gentils » est particulièrement salvateur et redonne un second souffle à la saga Star Wars, qui jusque là est assez mal partie niveau prise de risque et innovation, cinématographiquement parlant.

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Mais… Parce qu’il y en a toujours un

Je vais quand même émettre une réserve à cette lecture. Si l’écriture n’est pas vilaine, loin de là, on est quand même dans du produit dérivé et du coup dans un style très cinématographique, peu adapté pour un support littéraire. Je l’ai particulièrement ressenti dans l’enchaînement des péripéties frénétiques, qui m’a fait perdre au bout d’un moment le fil rouge de l’histoire, et dans la répétition de leur déroulement.

Exemple type : Les personnages se retrouvent sur une planète pour aller chercher un objet ou un truc du genre. Manque de bol, le Grand Amiral Thrawn et son équipage, se trouve au même endroit par un effet du hasard. Les personnages vont donc plier bagages avec plus ou moins de dégâts (selon le temps de réaction de l’équipe de Thrawn), et s’en sortir plutôt bien.

L’intrigue est principalement constituée de ces sauts éphémères en des lieux différents. Ça n’aurait clairement pas été un problème pour moi si cela ne se déroulait pas systématiquement. Le style assez peu descriptif fait que le récit ne se repose pas souvent et que les planètes « visitées » ne sont plus que des « décors » qui finissent à force par se ressembler. J’ai également eu du mal avec le rythme un peu trop soutenu et la prolifération de scènes de bagarre sur terre ou dans l’espace qui elles pour le coup sont décrites avec minutie. Si elles ont pu me faire triper au début, elles ont fini par me lasser au bout de 300 pages de lecture. Faut savoir que j’ai un mal de chien, dans n’importe quel type de roman, à bien m’imaginer les détails d’une scène d’action. Du coup, ça me gonfle parce que ça me demande trop d’efforts, ça ralentit ma lecture et je finis par sauter des pages (Ouh la vilaine !). 

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D’autre part, on est dans de l’univers étendu, ce qui veut dire que l’univers Star Wars n’appartient pas à Timothy Zahn. J’ai bien senti que l’auteur avait les mains et poings liés dès que ça demandait de décrire avec plus de précisions un lieu et l’intériorité des personnages. Zahn n’a pas beaucoup de champ d’action, faut bien se l’avouer. Si pour les personnages connus dans les films, cela ne pose pas trop de souci, ça devient un peu problématique quand de nouveaux personnages apparaissent. Je pense notamment à Mara Jade, personnage devenu emblématique de l’UE, qui par le peu de profondeur qu’on lui donne, est un chouïa agaçante. Ses motivations belliqueuses envers Luke par exemple. Elle le déteste pour une raison qui se veut crédible mais qui reste assez démesurée à mon sens ou alors trop peu exploitée. Il en va de même pour le personnage du Grand Amiral Thrawn qui est assez basique dans le rôle du méchant, bien qu’étant doté d’une intelligence surhumaine et d’un talent inné pour la stratégie militaire. Un peu plus de subtilité dans la conception du personnage l’aurait rendu davantage passionnant.

Bomb Time

Malgré ces points négatifs, cette lecture restera une très belle échappée dans les étoiles et aura eu le mérite de remplir ma petite besace « Culture geek ». Mon fangirling m’a pas mal aidée à me plonger dans l’histoire, faut bien se le dire. Je regretterai presque de ne pas l’avoir lu quand j’étais ado où ma Star Wars mania était au summum de sa splendeur.

Mais, mon plus grand regret sera qu’on ne verra jamais cette histoire adaptée au cinéma, parce que sincèrement en film, la trilogie aurait sacrément envoyé du pâté. Mon désarroi et ma déception, face à la platitude de l’Episode VII de J.J. Abrams, sont d’autant plus grands quand on voit qu’il existe un scénario pas con, original, avec de l’humour, de l’action et de l’émotion, à portée de main. Alors mon Jay Jay, génie surestimé, va donc (re)lire tes classiques avant de nous pondre tes productions fades et insignifiantes. Ça vaut aussi pour les scénaristes et les producteurs. Merci.

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3 réflexions sur “La croisade noire du Jedi fou – Timothy Zahn

  1. \o/
    Merci pour cette magnifique intro, j’en ai encore la larme à l’oeil.

    Cela dit, tu t’en doutes, je vais te pondre un pavé suite à cet article. :D
    Déjà, premier point, faut pas mettre George Lucas dans le même panier que Disney. Lucas n’a jamais eu l’intention de virer l’UE du canon, lui s’en foutait royalement (c’est d’ailleurs pour ça qu’il avait fait en sorte que la période de la prélogie soit vierge d’oeuvres : qu’on évite de mélanger les deux). Quand Lucasfilms (avec Lucasarts et tout le reste) a été vendu à Disney, Lucas s’était déjà retiré du groupe, il n’avait plus qu’un rôle de « conseiller » (en gros un titre honorifique pour rendre hommage à tout ce qu’il a fait mais qui l’empêche d’avoir un vrai rôle décisionnaire, faut dire que ça ne l’intéressait plus après tous les procès d’intentions qu’il se prenait). Donc c’est Lucasarts et Disney qui ont renié l’UE si magnifique.

    Un autre point sur lequel je vais devoir te contredire, c’est la liberté qu’a eu Timothy Zahn pour écrire ses livres. Pour remettre les choses dans leur contexte, cette trilogie est sortie en 1991. Avant ça, il y avait surtout des comics, quelques bouquins pas forcément fameux et le jeu de rôle papier. L’idée de la continuité n’était pas encore vraiment en place et il n’y avait pas grand monde pour s’assurer de la cohérence entre les différentes oeuvres. D’ailleurs Zahn avait reçu le livre de règles du jeu de rôle comme guide, rien de plus. C’est vraiment cette trilogie qui va mettre les choses en place, c’est l’élément fondateur de l’UE et de sa continuité (c’est pour ça que la race des méchants dans le NJO est nommé après Zahn). Tout ça pour dire qu’il a eu une grand liberté pour écrire. Tout ce qui apparaît dans ces livres (ou presque) a été créé par Zahn : Mara Jade est un personnage qui vient uniquement de son esprit, personne ne lui avait dit quoi en faire, pareil pour Thrawn. Donc malheureusement si tu ne les as pas aimés, tu peux être déçue de l’auteur pour le coup. Il a heureusement amené des choses que tu as appréciés, par exemple les Noghris et Lady Vader (en français ce doit être Dame Vador j’imagine), c’est lui.
    (Bon d’un point de vue très personnel, je ne partage pas du tout ton point de vue, j’adore Mara Jade et Thrawn est tellement réussi que je ne le vois jamais comme un méchant mais bon je l’avais lu bien plus tôt que toi et sans avoir une grande culture littéraire donc ça a peut-être joué mais de toute façon ça reste une histoire de goût donc voilà.)

    Ensuite, pour répondre à ton parallèle entre l’Episode VII et cette trilogie, en fait JJ Abrams dans son « scenario » a surtout plagié les grosses sagas qui viennent après (New Jedi Order – Legacy of the Force – Fate of the Jedi) mais sans avoir le talent pour en faire quelque chose d’acceptable (ouais je trolle mais il l’a bien mérité). Encore, tu n’as pas lu ces sagas donc tu ne vois pas encore à quel point le film est décevant quand on met bout à bout tous les livres qu’ils ont plagiés pour faire leur « truc » (parce que ouais, tout a été repris, y a 0 idée originale dans le film). En plus, point bonus : il n’y a pas de lens flare dans les livres.
    De toute façon c’est pas pour rien qu’à l’époque ces livres étaient marketés comme les Episodes VII-VIII-IX. ^^

    Après ces détails « techniques », je suis content de voir que tu as passé un bon moment avec cette trilogie, ça m’aurait quand même ennuyé que tu n’accroches pas. Cela dit, pour les scènes d’action, ça fait effectivement partie des éléments incontournables des romans Star Wars, du coup si tu as du mal avec ce côté, c’est vrai que l’UE n’est peut-être pas trop pour toi (zut, je ne vais pas pouvoir te « forcer » à lire le NJO :p ).
    T’as bien gagné ton bisou pour avoir fait ce joli article. (Et promis, je ne te harcèlerai pas trop pour qu’on continue à parler de ces bouquins et des points de scenario que tu n’as pas spoilés ici. ^^ )

    Aimé par 1 personne

    1. Ah merci pour les précisions sur l’implication de LucasArts pour l’UE, je me suis fait fourvoyer par les articles de presse que j’ai lu à ce sujet qui parlait de George Lucas et non de la compagnie.

      Si tu dis que Timothy Zahn a bénéficié d’une grande liberté, c’est plus grave que je ne le pensais et c’est peut-être avec lui que j’ai du mal du coup. Après, à la réflexion cela vient sans doute du genre « univers étendu » qui doit permettre aux autres auteurs un plus grand champ libre de création en évitant de trop développer. Je pense que c’est le même processus que la fanfiction, les lecteurs fan de l’univers d’origine sont capables de voir les personnages avec un minimum de détails. Du coup, Mara Jade reste pour moi une petite déception. En tant que personnage ciné, son développement en l’état n’aurait pas posé de problème, mais en tant que personnage littéraire, y a clairement pas assez pour moi pour que je puisse m’attacher à elle. Comme tu l’as dit, j’ai lu la trilogie un peu tard, du coup avec mon bagage littéraire de maintenant j’ai un peu de mal avec le style de Zahn. C’est pourquoi j’aurais aimé lire ça étant ado, j’aurais été moins regardante et plus réceptive.

      Pour ce qui est de JJ Abrams, je parle d’en général et pas particulièrement de cette trilogie. Je voulais souligner le fait que raconter une histoire originale avec tous les ingrédients pour faire un bon film c’est possible et qu’Abrams et son équipe n’avaient qu’à se baisser au lieu de nous faire un gloubiboulga. Après je m’étais renseigner sur le NJO en lisant des gros résumés bien avant de voir l’Episode VII (justement quand j’étais ado et que je voulais connaître un peu la « suite »). Donc oui, j’ai une assez bonne idée du ratage de ce film quand on sait ce qu’on aurait pu avoir. ^^

      Même si j’ai bien aimé lire cette trilogie, je pense que je vais m’arrêter là car je sens que j’aurais vraiment du mal avec le style « univers étendu ». Si en plus comme on le dit la trilogie de Zahn est une des meilleures aussi bien en termes d’histoire et que d’écriture, je n’ose même pas imaginer ce que doit ressembler les autres bouquins. x)

      Ceci étant dit, je ne regrette absolument pas ma lecture et je suis bien contente que tu m’aies ouvert un petit pan à cet UE. Et je suis contente que mon article t’ait tout de même plu :))

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