Fondation, Tome 1 – Isaac Asimov

Isaac Asimov, avec Philip K. Dick, c’est le nom que tu entends à chaque fois dès qu’on parle Science-Fiction. Alors, parce que ça fait partie d’une des lectures du Challenge des 100 et parce que Mimine elle aime bien savoir de quoi on cause, la lecture du premier tome du Cycle de Fondation ne s’est pas fait attendre. Résultat ? On frôle le coup de coeur.

Avant de commencer, un petit rappel pour les non-initiés. Le Cycle de Fondation comportait au départ 5 tomes auxquels Asimov a rajouté deux préquelles Prélude à Fondation et L’Aube de Fondation. Dans ma version, l’intégrale n°1 qui comporte les 3 « vrais » premiers tomes, je n’ai pas les préquelles et je considère donc que je commence avec le premier tome officielle du Cycle, Fondation. Voilà, j’aime bien quand les choses sont claires.

IMG_1291

Vers l’an 12000 de l’Ère galactique, un groupe de psychohistoriens qui ont la capacité de prévoir le futur en se basant sur des données sociologiques, économiques et sur la psychologie des masses, annonce que l’Empire galactique décadent s’effondrera au bout de trois siècles sans que personne ne puisse rien faire pour l’en empêcher, entraînant avec lui la perte du savoir et de la civilisation de la galaxie. Pour contrer le chaos qui va suivre et qui selon les estimations devraient durer plus de 30 000 ans avant qu’un nouvel Empire émerge, Hal Seldon, grand maître vénéré de la psychohistoire, propose alors d’emmener 100 000 scientifiques triés sur le volet sur une planète en bordure du système, et loin du pouvoir impérial, pour créer la Fondation, une organisation qui collecterait dans une Encyclopédie tout le savoir et les techniques de la civilisation impériale avant qu’ils ne disparaissent dans l’oubli. De cette façon, la durée du « chaos » serait considérablement amoindrie pour passer de 30 000 ans à 1 000 ans. Mais ça, ce n’est que le projet officiel de Hal Seldon. Officieusement, la mission scientifique de la Fondation n’a d’autre but que de devenir un nouvel Empire, lorsque le premier aura totalement disparu.

Ici, pas question d’entendre parler d’extraterrestres ni de robots, mais d’hommes qui vont se battre pour avoir leur part du gâteau sur les ruines d’un Empire en perte de vitesse. Isaac Asimov nous entraîne dans une incroyable conquête spatiale expansionniste où les hommes de la Fondation vont devoir au fil des siècles se battre pour survivre mais aussi pour s’imposer face aux menaces que représentent les autres planètes. À force de manigances politiques et de manipulations religieuses, la Fondation croît sous nos yeux, en déjouant les complots internes et externes de la planète et les nombreuses crises prévues par les psychohistoriens.

Disons-le tout de suite, j’ai été entièrement conquise par ce récit très bien écrit, ambitieux, foisonnant et passionnant, que j’ai dévoré en une journée.

Plutôt facile à lire, moi qui m’attendais à un jargon technologique imbitable, et pas très long (à peine 300 pages dans ma version) le premier tome du Cycle fait la chronique d’une organisation scientifique puis politique grâce à un découpage en plusieurs parties qui représentent une période précise dans l’histoire de la Fondation. C’est pourquoi, et peut-être que certains seront ou ont été surpris, il n’y a pas de personnages principaux humains que l’on suit tout au long du récit, puisque le seul et unique personnage reste la Fondation. En effet, chaque partie raconte une crise que l’organisation va connaître et décrit tous les moyens que ses dirigeants vont mettre en oeuvre pour la sauver. Dirigeants qui eux-même doivent faire face à des coups d’état et des querelles au sein même de leur gouvernement. Et là Mimine se frotte les mains et exulte de joie. Car Mimine adooore les intrigues politiques, les coups bas et les filsdeputeries en tout genre. Ici s’en est quasiment le thème principal, exploité à fond pour peindre l’émergence d’un nouveau système qui a encore bien du chemin à faire avant de devenir un empire. Et j’ai totalement adhéré à ça.

Le seul petit bémol qui fait que ce n’est pas totalement un coup de coeur alors qu’on en est pas loin, c’est le côté un peu répétitif des parties du récit. Chaque crise est prise en charge par un homme (différent à chaque fois) qui n’est pas le dirigeant de la Fondation, pas encore tout du moins, plus intelligent que les autres et qui par des moyens qui ne sont pas les mêmes à chaque fois je vous rassure, arrive à ses fins. Mais au bout de deux trois crises, on pige vite le truc et on ne se fait plus trop de souci pour le gars qui va sauver la situation.

Autre petit détail, infime, et « compréhensible » (j’insiste sur les guillemets) vu l’époque à laquelle le roman a été écrit (1951 pour la première publication), c’est le manque total de personnage féminin. Je suis arrivée à un point où je me suis demandée quand est-ce que le mot « femme » allait apparaître (il est apparu beaucoup plus loin, vers la fin). Alors bien que je « comprenne » que pour un homme comme Asimov des années 50, la politique n’était pas affaire de femme, il faut peut-être pas négliger le fait que ce n’est pas avec des chèvres que les hommes se reproduisent pour accroître la démographie de la planète. M’enfin.

Malgré ces petits grains de sable, je vous recommande fortement, vous vous en doutiez hein vous êtes pas con, la lecture de ce roman si vous voulez faire vos armes dans la littérature fondatrice de la SF. Moi pour ma part, je vais continuer ma lecture de l’intégrale avec la suite du Cycle, Fondation et Empire. Tout un programme !

35 sur 100

100 livres_2

24 réflexions sur “Fondation, Tome 1 – Isaac Asimov

  1. Alors là, tu donnes clairement envie parce qu’avant, pour moi, Asimov c’était du jargon scientifico-politico-incompréhensiblo mais apparemment non, donc c’est cool et ça remonte dans ma pile à lire

    Et gros lol pour la reproduction avec les chèvres… En même temps, c’est de la SF, il faut s’attendre à tout !

    Aimé par 1 personne

    1. Haha ! J’avoue que j’en menais pas large quand je l’ai commencé, mais dès les premières pages c’est allé comme un couteau sur du beurre. Et puis ce que j’aime bien dans la bonne SF comme ici, c’est que tu te rends compte quand même que le gus gus qui a écrit ça dans les 50’s te parle du monde dans lequel tu vis à travers son roman. Si ça ce n’est pas être visionnaire !

      Aimé par 1 personne

    1. Franchement, n’en ai pas peur, tu peux y aller franco. Moi-même j’avais des appréhensions avant de commencer et j’ai été agréablement surprise par la facilité que j’ai eu à rentrer dans le récit et à y adhérer jusqu’au bout. En fait, comme avec les classiques, on s’ent fait toute une montagne alors qu’en réalité ça reste souvent très accessible. C’est d’autant plus vrai ici où le roman reste très actuel. :)

      J'aime

  2. Dis donc, t’en es déjà à ta deuxième lecture pour le challenge, tu fait fort, tu as un bon rythme!! :D Bon, je suis pas une grande fan de SF (enfin c’est surtout que je n’y connais rien)… donc c’est pas sûr que j’accroche avec ce genre de lecture… mais pourquoi pas. Ton « quasi coup de cœur » m’intrigues ;) je me suis décidée, j’entame « Tous les matins du monde » de Pascal Quignard pour ma 2e lecture, rien à voir avec Asimov, haha!

    Aimé par 1 personne

    1. La vérité c’est que c’est le Brocoli qui m’a fait remarquer qu’Asimov était dans le challenge. Ça a été un heureux hasard ! :) Je ne suis pas non plus une grande connaisseuse de la SF, je m’y intéresse que depuis récemment et j’ai toujours un peu peur de ce que je vais y trouver. Jusqu’ici, je n’ai pas eu de déception.
      Ah c’est cool pour Quignard ! On m’en parle beaucoup mais je n’ai jamais pris le temps de m’y plonger. J’attends de voir ton avis. :)

      Aimé par 1 personne

      1. Ah ok, sympa comme le hasard fait bien les choses! :) Oui je comprends pour la SF, c’est un peu le même sentiment que j’ai. Je me suis contentée pour le moment de classiques : Le meilleur des mondes, Fahrenheit 451… Que j’ai beaucoup aimés. Je viens de finir le Quignard, c’est un joli roman qui se lit d’une traite, je poste mon billet bientôt :)

        J'aime

      2. Eh oui ! ;)
        Et ben moi, Fahrenheit et le meilleur des mondes, je m’y suis emmerdée, mais alors ! Heureusement que j’ai lu d’autres trucs parce que je trouve que pour commencer la SF c’est pas top (avis très très perso hein). Après j’avoue moi j’aime les space opera, les aventures, les guerres spatiales ou là dans Fondation des intrigues politiques etc.

        Aimé par 1 personne

  3. A une lointaine époque, j’avais commencé à acquérir les tomes du cycle, pour finir par les revendre… entre le Trône de fer, dont l’intégrale 5 traîne sur mes étagères depuis sa sortie sans que j’ose m’y attaquer (parce qu’il faudrait que je relise auparavant un résumé détaillé des épisodes précédents), et le reste de ma PAL, entamer une oeuvre à rallonge m’a un peu découragée.. un jour, peut-être, me laisserai-je à nouveau tenter.

    J'aime

    1. Comme je te comprends, ça peut très vite devenir lassant. Le trône de fer, en parlant de lui, j’ai complètement lâché l’affaire. Trop de pages, trop de trucs à retenir, trop de temps à y consacrer, trop de tout. Mais si tu as l’occasion, je te conseille vivement de racheter le cycle de fondation. Ou au moins le tome 1, pour voir si tu aimes, parce que à mon humble avis, ça vaut son petit détour dans le genre. :)

      J'aime

  4. J’adore aussi cette saga mais je te rejoins totalement sur le manque de personnages féminins ! Le pire c’est que, par la suite, ça ne s’améliore pas vraiment : même lorsqu’une femme est mise en scène dans le second tome, on sent qu’Asimov n’est pas habitué à les écrire et elle manque de profondeur… J’imagine que c’est assez symptomatique de son époque, après, et il essaye au moins un peu, c’est déjà ça^^ »
    J’aime beaucoup ton avis, en tout cas ! :)

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s