Les Assassins – E.J. Ellory

Entre Ellory et moi c’est une histoire qui n’a pas duré très longtemps. On a rompu, pas méchamment mais fermement. C’était à l’époque de Seul le silence. L’écriture m’avait plu mais l’histoire tellement triste et glauque m’avait traumatisée. Il faut là reconnaître le talent d’écrivain d’Ellory pour avoir réussi à me faire déprimer pendant une période estivale très zen. Je m’étais dit plus jamais, mais c’était sans compter sur la blogo qui m’a adjuré de rempiler, au moins une fois, pour dépasser le trauma. J’ai craqué à Noël, passant devant une maison de la presse, pour Les Assassins.

J’ai vu, j’ai lu, j’ai vaincu. Et je n’ai pas vraiment accroché.

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John Costello est un jeune ado de tout ce qu’il y a de plus normal lorsque lui et sa petite-amie sont attaqués sauvagement par un serial killer, le « Marteau de Dieu ». Sa petite-amie meurt sur le coup alors que lui seul en réchappe, gardant à vie de grosses séquelles psychologiques. 20 ans plus tard, John est enquêteur pour un journal new yorkais. Véritable encyclopédie vivante sur les serial killers, il fait rapidement le lien entre différents meurtres récents, pourtant relativement anodins selon la police. Les meurtres semblent faire références à d’autres plus anciens commis par de célèbres meurtriers en série du XXe siècle. Ray Irving, inspecteur à la Criminelle est chargé des enquêtes et se voit obliger de faire appel au savoir de John Costello pour avoir une chance de mettre la main sur le nouveau serial killer, Le Commémorateur.

Comme dans Seul le silence (et dans ses autres romans d’après ce que j’ai compris), les héros des Assassins ont un de ces manques de bol, un karma bien pourri, une malchance qui s’acharne, bref n’ayons pas peur des mots, une sacrée vie de merde, quoi. Si on concède à John Costello, qui est devenu un névrosé agoraphobe bourré de TOCs, le droit de faire péter le baromètre « VDM », Ray Irving n’est pas mal non plus. Inspecteur de police désabusé qui voit des horreurs toute la journée, malade de son boulot, Irving a, en plus, perdu la femme qu’il aimait d’un cancer et ne s’en remet toujours pas. On peut faire confiance à Ellory pour te faire rationaliser tes petits problèmes personnels, c’est certain.

On se retrouve plonger dans une chasse à l’homme, hautement maîtrisée et documentée par Ellory. En effet, le polar que voici est composé d’autant de références sur les serial killers que de sucre dans un donut’s, puisqu’ici Ellory rend « hommage » à cette fascination quasi morbide qu’on peut avoir (je suis jamais la dernière pour regarder un « Faites entrer l’accusé ») pour les meurtres en série et les psychopathes. L’auteur pousse même le vice en voulant retranscrire au plus proche de la vérité le déroulement d’une enquête de police, avec ses hauts et ses bas, ses coups d’adrénaline et ses coups de mou. Du coup, on a affaire à un polar plutôt lent à se mettre en place et à une enquête qui patine drôlement, jusqu’à ce que la réslution arrive aux toutes dernières pages.

C’est peut-être cette façon de faire qui m’a moins convaincue. J’ai vraiment eu du mal à rentrer dedans, et il a fallu arriver à la 200ème page pour commencer à m’intéresser aux personnages et à l’enquête. Ça se ressent dans l’interaction entre les personnages : les dialogues se répètent et ne font pas vraiment avancer le schmilblick. Et c’est là, où la comparaison sur Seul le silence a fait son petit chemin dans ma tête. Bien qu’ils soient différents, j’ai préféré le côté « roman » du premier au côté « très policier » du second. Il m’a manqué quelque chose dans Les Assassins, une certaine profondeur dans le récit. Le personnage de Ray Irving est attachant et reste le personnage central, puisque Costello malgré toutes ses caractéristiques qui feraient de lui un super personnage de roman, reste en arrière plan, d’une certaine manière. C’est dommage. Quant à la journaliste, employeur de Costello et love interest de Irving, je n’ai que deux mots à dire : deux CLAQUES.

Il est vrai que j’ai de plus en plus de mal à lire des polars qui étaient pourtant ma grande passion, il y a encore quelques années. Je veux qu’on me raconte une histoire, des personnages, et un polar comme raconté ici ne me suffit pas. Finalement, je n’ai tenu que pour connaître le coupable. Du coup, je ne sais pas si j’aime Ellory ou non. Je ne sais même pas si j’ai envie d’en lire un autre de lui. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas. En tout cas, j’ai appris à ne jamais plus dire jamais.

11 réflexions sur “Les Assassins – E.J. Ellory

  1. Mouai, même ressenti que toi. Je crois qu’Ellory n’est pas pour moi… J’ai eu l’impression de lire une anthologique des plus grands meurtriers des USA et pas un roman en fait, on se s’attache pas aux persos (je n’arrivais jamais à me souvenir de qui est qui) et l’enquête est peut-être réaliste mais moooollllleeeee…

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  2. Et bien moi c’est avec « Seul le silence » justement que mon histoire d’amour a débuté avec Ellory.
    C’est vrai qu’il prend son temps, il installe une ambiance et elle est souvent bien noir. On aime ou on aime pas, perso j’adore et je trouve la plume d’Ellory magnifique.
    Dans « Les Assassins », c’est un peu différent c’est vrai mais perso j’ai tout de même aimé. Un peu moins mais beaucoup quand même :)

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      1. Oui tu peux retenter une 3ème fois mais vas-tu aimer ? ;)
        Si tu n’y es pas opposée, ça te permettra de confirmer ou infirmer ces premiers avis.
        Je me demande qui ne pense pas à moi en achetant un Ellory. Je crois que j’ai marqué pas mal de gens lol

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  3. Pareil que Nelfe pour moi : j’ai adoré « Seul le silence », un des rares romans que je garde en te^te du début à la fin après bien des années de lecture. Et à chaque fois que je retrouve Ellory, c’est un plaisir…

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