Martyrs, T1 – Olivier Peru

Ça y’est, j’ai fini tous mes chocolats et j’ai digéré la pintade aux marrons, le poulet aux morilles, le saumon, le foie gras, le fromage, le Welsh du Nord, le confit de canard, les huîtres, la Forêt Noire et la Bûche aux marrons glacés. J’ai réussi à éviter la crise de foie annuelle grâce à mon mental et à ma résistance dignes d’un sportif de compèt. Maintenant que l’estomac est au régime soupe pour son plus grand bonheur, je vais enfin pouvoir me consacrer aux multiples billets non écrits depuis mon départ en vacances. C’est dur de s’y remettre, surtout quand tu dois faire le billet d’un livre que tu as lu il y a deux semaines. Les affaires reprennent donc du service avec le très bon Martyrs, lecture de Noël qui restera dans les annales du petit monstre.

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Dans le royaume de Palerkan, le destin de plusieurs personnages se mêlent. Deux frères assassins Aserkeers qui parcourent le royaume au grès de leurs contrats. Une princesse emprisonnée à vie dans son château de conte de fée. Un souverain mal aimé, obèse et boulimique, fin stratège qui n’aurait jamais du être roi. Un vendeur de chevaux qui cherche à se venger de la mort de sa femme en fomentant une insurrection. Et un mystérieux borgne au don d’ubiquité qui semble relier tous les fils.

Si vous avez envie d’un (très) bon roman de Fantasy avec une (très) bonne histoire et de super personnages, Martyrs est fait pour vous. C’est un roman foisonnant, épique et tragique, d’une richesse narrative qui ne laisse aucun répit ni temps mort que nous livre là le talentueux Olivier Peru. Avec une grande dextérité, l’auteur arrive à jongler entre les différents tenants et aboutissants d’une intrigue complexe, aussi bien politique qu’humaine, et les différents points de vue. Et tout ça en rendant un tout cohérent et immersif. Comme les pièces d’un puzzle éparpillées, le roman offre une galerie de personnages tous aussi captivants les uns que les autres, se rejoignant et se croisant jusqu’à dévoiler un ensemble homogène, réunis vers un grand et surprenant dénouement.

On suit les deux frères, Helbrand et Irmine Lancefall, orphelins et condamnés à vivre comme des hors-la-loi depuis que leur race fût exterminée. Ce sont des Aserkeers, peuple de guerriers légendaires et puissants caractérisés par leurs yeux d’or et massacrés par la royauté. Courant le royaume tout en remplissant des contrats d’assassin et évitant le plus possible de rencontrer les soldats du roi, ils n’ont aucune attache et nourrissent des rêves d’ailleurs. Mais la rencontre avec un borgne, dont l’identité reste inconnue, va les mener sur un jeu de piste les conduisant tout droit vers Alerssen, la cité libre de la Reycorax (la Loi du Roi) où la belle et jeune Kassis est retenue prisonnière à vie dans son château par décret royal. La jeune adolescente a été victime d’une tentative d’empoisonnement et les deux frères sont engagés pour la protéger mais également pour retrouver le coupable.

Mais pas que.

Loin de là, le roi Karmalys dans sa tour d’ivoire gouverne le royaume d’une main de fer à force de ruses, de manipulations et de coups bas. Repoussant et dépressif, il porte le poids de la couronne comme un fardeau et se réfugie dans la gloutonnerie pour palier à la lourde responsabilité de sa fonction et de son existence, celles qu’il n’aurait jamais dû avoir, n’étant pas destiné à être roi. Le personnage est d’une rare complexité, le sentiment qu’on a à son égard est autant de la pitié que de la répulsion, tant sa souffrance nuance la cruauté dont il fait preuve dans ses décisions. Et il n’est pas le seul à être traité ainsi. Olivier Peru arrive à dégager chez ses personnages une humanité qui quelque soit leurs actions font d’eux des êtres à part entière, anti-manichéens. 

Martyrs rassemble tout ce que j’aime dans un roman Fantasy : des intrigues et stratégies politiques, des personnages complexes et nuancés très attachants pour la plupart, un récit mythique aux accents tragiques, un univers riche et codifié ultra maîtrisé et une belle histoire d’amour loin d’être niaise.

Le seul défaut que je pourrais souligner, c’est que parfois c’est un peu trop long. L’auteur a vraiment le souci du détail et le complot qu’il a mis en place doit être parfaitement calibré. Mais à force d’avoir le point de vue de tout le monde, au même moment quasiment sur le plan chronologique, ça ralentit le récit et vers les 200 dernières pages on a envie d’avoir le fin mot de ce premier tome. Oui car il y en a un deuxième, et avec une fin pareille, je me demande bien ce que nous réserve Peru. Affaire à suivre donc…

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