Port d’Âmes – Lionel Davoust

De temps en temps, j’aime bien découvrir de nouvelles maisons d’édition, surtout quand elles sont spécialisées dans l’Imaginaire. Déjà vu chez la copine Prettyrosemary, Port-d’Âmes m’avait tapé dans l’oeil et après quelques recherches sur le blog de l’auteur et le site de la maison d’éditions rennaise Critic, j’ai craqué un jour de baguenaudage en librairie. Verdict ? Pas emballée des masses. Pourtant tous les ingrédients étaient là…

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Rhuys ap Kaledàn, issu de la noblesse, a 14 ans quand le titre et les propriétés de la famille sont vendus suite aux dettes de son oncle. Condamné à une peine de 8 ans dans la marine Royale, l‘héritier déchu se voit séparer de son père et de son train de vie confortable. Après quelques années de danger et de rude labeur, Rhuys, enfin libéré de ses obligations, échoue dans la Cité Franche, Aniagrad, bien décidé à reconquérir son titre et l’honneur perdu. Avant de mourir, son père lui a laissé un petit pécule, sauvé in extremis de la banqueroute, et d’une recommandation : trouver Edelcar Manziel. Sans en s’en rendre compte, Rhuys va tomber dans le jeu des complots, des secrets et des rouages de la Cité Franche.

Port-d’Âmes est un one-shot se déroulant dans le même univers que les précédents romans de Lionel Davoust La Volonté du Dragon et La route de la Conquête que bien évidemment je n’ai pas lu, mais qui me tentent bien. Ici, entre intrigue de cour et histoire d’amour, Davoust t’embarque dans un univers riche où se cache derrière toute une mythologie travaillée. Ajouté à cela, une très belle plume, le roman avait tout pour être une bonne lecture.

Mais si les premières pages m’ont enchantées, le reste m’a cependant moins convaincue. J’ai eu énormément de mal à finir le roman, dont la lecture s’est déroulée sur plus d’une semaine, sans jamais vraiment réussir à adhérer à l’histoire. Ça m’arrive de temps en temps et c’est vraiment pénible quand tous les éléments sont là pour passer un bon moment, mais que tu n’y arrives tout simplement pas. Bon déjà, le pauvre livre a été lu juste après ma lecture de La Passe-miroir qui m’a on ne peut plus marquée. J’ai eu du mal à sortir de l’univers de Christelle Dabos et ça s’est un peu fait ressentir sur la lecture suivante. Et encore que…

Mon gros problème, disons-le tout de suite qu’on en finisse, c’est le héros. Et là quand tu as du mal avec le personnage principal, t’es pas dans la mouise. Il est bien sympathique, Rhuys, mais je lui ai trouvé un certain manque de personnalité. Enfin du moins il en a une mais elle est tellement ennuyeuse ! C’est le parfait stéréotype du « gentil » héros courageux, impétueux et naïf (mon dieu ce qu’il est naïf) par inexpérience, certes, mais naïf tout de même. Un véritable chaton dans une arène de tigres.

La naïveté comme outil de narration, c’est bien. Balader son héros et son lecteur, c’est super, j’adore me faire avoir comme une bernique. Mais c’est mieux quand le lecteur est au même niveau que le personnage. Ici, ce n’est pas le cas. Parfois j’avais envie de secouer Rhuys par les épaules : « Mais tu le vois pas qu’on est en train de te prendre pour un couillon, tu le vois pas que ça sens le traquenard à mille lieues ?! » Non, Rhuys ne le voit pas. Et c’est là tout le problème. Comment t’attacher à une histoire et à un personnage si tu sens les choses arriver et si tu en arrives à respecter davantage les antagonistes que le héros. Oui vous avez bien lu. Par moments, je me sentais tellement plus en phase avec les méchants de l’histoire qu’avec Rhuys !

Alors je ne sais pas si j’ai un esprit machiavélique ou tordu, mais ouais j’avoue. J’aime les salauds. Ces anti-héros ou en tout cas ces héros qui mettent leur petit mouchoir sur leurs principes de temps en temps. Moi, les chevaliers blancs, ça m’ennuie ferme.

Sincèrement, je pense que le format « one-shot » pose problème ici. Se voulant comme un récit initiatique, le roman construit l’ascension et la perte des illusions d’un héros mais s’arrête au moment où le personnage commençait justement à devenir intéressant. Port-d’Âmes aurait été un parfait premier tome d’une saga. J’ai fini la lecture sur une note de frustration car j’aurais aimé retrouver le nouveau Rhuys dans une nouvelle aventure dans l’univers, à Aniagard ou ailleurs.

12 réflexions sur “Port d’Âmes – Lionel Davoust

  1. Je suis d’accord avec toi. Les héros blancs comme neige n’ont aucun intérêt. Un personnage doit être cabossé, malmené par son auteur pour être attirant. J’ai lu récemment un roman aux éditions du chat noir exactement comme ça. L’héroïne était d’une naïveté limite cruche de sorte que j’avais envie de la secouer pour lui dire d’être moins c****. ça m’a gâché ma lecture donc je comprends tout à fait ton point de vue.

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  2. Okay, okay, pour le coup je t’accorde un crédit de recommandation qui tombe à l’eau de mon côté (valable dix ans). Je comprends tout à fait que le héros ait pu t’agacer, ça a failli pour moi, mais pour une raison un peu magique (la lecture, ça tient souvent à ça), ça l’a fait de mon côté. Et puis l’univers m’a plu alors…

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