L’insoutenable légèreté de l’être – Milan Kundera

S’il y a un titre de livre que je préfère entre tous, c’est bien celui-là. Que se soit pour sa consonance ou pour son sens, je trouve ce titre tout simplement beau. Il a su mettre en plus le doigt sur le sentiment que j’ai éprouvé ces dernières semaines après les attentats. Et puis enfin, c’est peut-être le seul titre de l’oeuvre de Milan Kundera qui ne me semble pas avoir été choisi après tirage au sort, à l’instar des autres titres. Voyez plutôt : L’Identité, L’Immortalité, La Plaisanterie, L’Ignorance, La Lenteur, etc.

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Comme pour tous les romans de Kundera, il est assez difficile de parler de l’histoire. Généralement, le récit est éclaté en différents points de vue, sans compter l’intervention de l’auteur-narrateur qui s’amuse à parler avec son lecteur directement de l’avenir de ses personnages et de lui raconter quelques anecdotes sur Beethoven ou Goethe. Le titre de l’oeuvre donne la clé de lecture pour le roman ou tout du moins le thème autour du quel les personnages et leur destinée vont graviter. Enfin, il y a toujours au moins une histoire d’amour entre un homme et une femme, toujours un peu compliquée, toujours un peu ambiguë.

Ici, on suit Tomas chirurgien et célibataire endurci qui rencontre Tereza, petite provinciale échappée de sa famille difficile. Mais également Sabina, la maîtresse artiste de Tomas et Franz l’amant bourgeois de Sabina. Je vous ai dit que les amours chez Kundera étaient compliquées. Le plus intéressant c’est que le roman se passe pendant et après le Printemps de Prague dans l’ancienne République Tchèque. Comme le titre l’indique assez philosophiquement, le thème s’articule entre la légèreté, qui serait une notion positive, et la pesanteur, une notion négative. La légèreté est incarnée par Sabina et Tomas, deux êtres qui fuient les responsabilités et les histoires sentimentales, contrairement à Franz et à Tereza qui symbolisent l’attachement et les principes éthiques, idéologiques et humaines.

OK. Je sais que ça n’a pas l’air bien jojo mais quoiqu’on puisse croire, Kundera n’est vraiment pas un auteur difficile à lire. Son style bien à lui, entre le romancier qui ne se prend pas au sérieux et le philosophe pédagogue, entre le clown et le savant, permet de désamorcer la difficulté et de prendre beaucoup de plaisir à lire. Je me permets de faire ce rappel mes chatons, quand je pense à la grimace qu’a fait un de mes amis quand je lui ai dit ce que je lisais en ce moment (Pipou, KUNDERA C’EST BIEN !).

Les chapitres sont courts, ne dépassant pas plus de 4 pages, et l’implication de l’Histoire (le régime soviétique, le totalitarisme, toussa toussa) sert la petite histoire des personnages, non pas comme simple cadre de fond, mais comme acteur majeur de leur destin. Malgré tout ça, personnellement je n’ai pas été entièrement convaincue par le roman le plus connu de Kundera. Je crois que le thème central ne m’a pas plu plus que ça. Je préfère nettement L’Immortalité dans le quel je trouve Kundera plus intéressant, plus drôle aussi et la question de l’immortalité (oui c’est mon dada) à travers des anecdotes sur Goethe plus savoureuse.

3 réflexions sur “L’insoutenable légèreté de l’être – Milan Kundera

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