Celle qui a tous les dons – M.R. Carey

Et c’est encore une fois une très belle découverte des éditions L’Atalante (oui encore) que voici. Pendant mon séjour à Londres le mois dernier, j’avais emmené ma partenaire officielle de voyage avec moi dans laquelle j’avais un roman que j’attendais de lire avec impatience. Ça tombait d’autant mieux que ce livre SF-anticipation se passe dans une Angleterre et un Londres décimés. Alors, entre deux averses, dans un des nombreux pubs et salons de thé que j’ai pratiqué durant mon séjour (il a beaucoup plu), j’ai lu le premier coup de coeur du mois d’octobre et de cette saison automnale. Alléluia, Mazel Tov, Hamdoulillah & co !

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Mélanie est une petite fille surdouée qui a un quotidien rythmé par un modus operandi identique. Tous les matins, à la même heure, on vient la chercher dans sa cellule. On l’attache à sa chaise roulante selon un rituel militaire stricte et immuable, et on l’emmène dans sa salle de classe avec ses petits camarades. Sa prof préférée, c’est Mme Justineau. Elle, elle est gentille. Elle leur apprend pleins de choses intéressantes et c’est la seule maîtresse qui leur raconte des histoires, surtout sur la mythologie grecque. Tous les jours de la semaine se déroulent de la même manière. Le week-end, Mélanie et ses camarades sont enfermés dans leur cellule respective et n’ont pas le droit de parler. Cette routine est parfois interrompue par l’absence de certains de ses camarades. Mélanie ne sait pas où ils vont, mais en tout cas ce dont elle est sûre c’est qu’ils ne reviennent jamais…

TINTINTIIIINN ! Les points de suspension font toujours leur petit effet.

Je vous dis tout de suite que ça va être très dur de vous parler de ce bouquin sans trop vous en dévoiler (« je leur dis, je leur dis pas ? »). Limite, j’aimerais avoir les cojones pour m’arrêter là et vous dire « Lisez-le. De rien, c’est cadeau » et m’en aller comme une reine, drapée de mon manteau d’hermine.

Parce que ça mes chatons, ÇA c’est un petit bijou ! Je suis fière de dire qu’il n’y a pas un seul passage du livre que j’ai trouvé moyen. J’ai adoré le début qui m’a beaucoup émue et fait verser une larmichette, j’ai adoré la fin que je trouve belle et en même temps amère, j’ai adoré les personnages, leur implication et leur propre conception de ce « nouveau » monde et j’ai adoré l’ambiance qui réussit à renouveler le genre.

« Mais tu vas nous le cracher ton morcif ? De quoi tu parles ? ». Bon d’accord, je vous le dis. Ça parle de zombie. Enfin seulement techniquement, puisque l’auteur ne mentionne jamais le mot « zombie » dans son roman.

Un petit groupe de rescapés va se retrouver confrontés à la jungle du dehors. Je ne vous dis pas comment ni pourquoi ils en sont arrivés là, parce que ça fait partie des choses que je n’ai pas le droit de vous spoiler. Ma bonté me perdra. Ce groupe donc hétéroclite est composé d’une institutrice, d’un militaire grabataire, d’un bleu et d’une scientifique. Le roman alterne entre des moments gores et glaçants et d’autres plus contemplatifs qui se concentrent sur la complexité des personnages, leur état d’âme et leur passé. J’aime beaucoup le parti-pris de l’auteur qui n’a pas écrit des « méchants » et des « gentils » caricaturaux. Même le pire des sal.. des « pas gentils » arrive à avoir une certaine humanité malgré tout.

Ce que j’ai le plus apprécié, c’est sans doute la confrontation des différentes générations représentés par les différents personnages. Le monde est tombé sous l’emprise du virus qui a décimé 80% de l’espèce humaine depuis quelques décennies. Il y a donc des personnages qui ont connu l’avant-apocalypse et ceux qui sont nés après la catastrophe. Les émotions sont d’autant plus fortes que ceux de la génération d’avant peuvent mesurer l’étendue de la perte.  Quant à ceux qui sont nés après et ont donc vécu toute leur vie dans ce nouveau monde, ils ne connaissent rien de l’ancien : la monnaie, le cinéma, la musique, l’utilisation des transports en commun… Bref tout ce qui constituait le quotidien, le notre, avant le virus. Ça peut paraître anodin, mais c’est vraiment ce que je trouve le plus effrayant dans toutes ces histoires de fin du monde, que ce soit dans ce roman ou dans The Walking Dead, la série de référence pour les noob de mon espèce (Qui s’est ça Romero ? Connais pas). Dire que tout ce que tu connais, tout ce qui constitue ta vie terrestre, sans parler de ton entourage, peut disparaître en un claquement de doigt… FLIPPANT !

« Et mais alors ? Et Mélanie ? » me fait-on remarquer. Ah oui. Quant à la petite Mélanie eh ben…

Non. Je ne vous dis rien. Je vous laisse le découvrir.

L’instant « Making-of »

Dans mon planning (oui ce fameux planning), j’avais décidé de publier le billet de ce livre avant FUTU.RE, l’ayant terminé avant en premier (suis-je très claire ?). Et puis, Glukhovski et sa bombe de roman a tout déréglé, m’a accaparée, m’a kidnappé la cervelle et je n’ai pas pu retravailler l’avis avant publication de Celle qui a tous les dons. Du coup on a l’impression que FUTU.RE est mon premier coup de coeur depuis ma petite traversée du désert, alors qu’en fait c’est bien Celle qui a tous les dons qui remporte la palme de « 1er coup de coeur du mois »; bien que ce coup de coeur ne soit pas aussi atomique que FUTU.RE (il y a beaucoup trop de « coup de coeur » dans cette phrase). Note pour moi-même : apprendre à mieux gérer ce FOUTU planning. 

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