Sumerki – Dmitry Glukhovsky

Je vous en avais déjà parlé de celui-ci à diverses occasions. Roman fantastique des éditions L’Atalante et Prix Utopiales 2014, il m’en fallait pas plus pour me jeter dessus. J’ai lu ce roman dans des conditions particulières qui m’ont obligée à arrêter la lecture et la reprendre plus tard. Eh ben conditions ou pas conditions, il m’a foutu la pétoche jusqu’à la fin !

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Le narrateur Dmitry Alexeïevitch est un traducteur fauché qui telle une péripatéticienne du bois de Boulogne serait prêt à accepter n’importe quel travail rémunéré. Ça tombe bien parce que son agence de traduction lui remet en dernier recours un obscur manuscrit espagnol, datant du XVIe siècle, dont s’occupait le dernier traducteur qui a récemment disparu. Le fameux texte raconte l’expédition d’une troupe espagnole au Yucatàn à la recherche d’un trésor aussi impalpable que dangereux. Pendant ce temps là, alors que Dmitry s’enfonce de plus en plus dans sa traduction, la planète connaît des bouleversements météorologiques alarmants. Coïncidences ? Peut-être pas…

Plus qu’un roman d’intrigue et de suspens, Sumerki est un roman d’ambiance. Tout est fait pour que le lecteur soit plongé jusqu’au cou dans une histoire sombre, ambiguë et glaçante. Histoire qui sait très bien alterner le récit de notre narrateur Dmitry et celui du conquistador qui rapporte les événements étranges de son expédition. À l’instar de Dmitry, j’ai été happée, si ce n’est hantée (j’ai réussi à faire des cauchemars quand même) par le récit de ce manuscrit pour lequel j’ai éprouvé la même fascination que le narrateur. Entre la Russie de Poutine et le Yucatàn des mayas, difficile de dire laquelle de ces deux atmosphères est la plus angoissante.

Comme tout bon roman fantastique qui se respecte, le narrateur n’arrange pas les choses. Le petit gars vit seul, ne voit personne à part quelques employés de l’agence. Il n’a pas d’amis, pas de famille ni de compagnon, sauf si on prend en compte son chien décédé qu’il voit et promène la nuit dans ses rêves. Le narrateur est la personnification de la solitude et le profil type du personnage de récit fantastique. Puisque personne n’est là pour le rassurer et lui remettre les pieds sur terre, Dmitry va vite devenir obsédé par ce manuscrit, accro tel un fan de The Walking Dead à l’histoire qu’il traduit. Tombant dans la paranoïa, il commence à douter de la réalité, de sa santé mentale et des autres. Et toi, petit lecteur, au chaud dans son lit, tu n’es guère rassuré quand tu vois ton narrateur perdre un peu la boule.

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Malgré quelques lenteurs par-ci par-là, Sumerki nous réserve de purs moments de folie, d’angoisse et même parfois d’horreur (l’épisode du miroir reste un must), mâtiné d’une certaine philosophie sur la vie, la mort et l’espoir. La fin, digne de ce nom, arrive à point nommé pour remettre du diesel dans l’intrigue et nous donner enfin les dernières pièces de puzzle qui nous manquait, dans un bouquet final pétaradant.

Je préfère prévenir : attention âmes sensibles s’abstenir ou au moins arrangez-vous pour ne pas dormir seuls la nuit tombée. Pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux par contre, si vous aimez les légendes et les prophéties Mayas, le genre fantastique et que vous avez adorés Le Horla de Maupassant, Sumerki est fait pour vous.

15 réflexions sur “Sumerki – Dmitry Glukhovsky

  1. Mr K a lu il y a peu son dernier roman, « FUTU.RE », et il a été enchanté. En fait c’est peu de le dire puisqu’il a été dithyrambique dans sa chronique. Je vais lui piquer maintenant :)
    Avec ton avis ci sur un autre de ses romans, je commence à me dire que cet auteur est un incontournable !

    Aimé par 1 personne

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