American Desperado – Jon Roberts & Evan Wright

Tout en finissant American Desperado, j’étais rentrée en mode « gangsta, wesh t’as vu » en visionnant la dernière saison de Breaking Bad et en jouant intensivement à GTA V. C’est dire que je m’y connais maintenant dans le fabuleux et enchanteur milieu de la drogue et de la mafia. Je pourrais même monter ma propre affaire. Non mais c’est vrai, pourquoi s’embêter à trouver un boulot mal payé.

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Le petit bijou des éditions 13e note se pose là comme une oeuvre biographique relatant la vie d’un jeune caïd, Jon Roberts, dans la mafia des années 60 à 70, puis dans le milieu de la drogue dans les années 70 à fin 80, entre New-York et Miami.

En 2008,  l’écrivain et journaliste, Evan Wright eut l’idée d’interviewer sur trois longues années l’un des plus importants barons de la drogue de cette époque. C’est avec une certaine sincérité, parfois avec une certaine pudeur et quelques mensonges (pour protéger par exemple des personnes encore en vie et « très » respectables) que Jon Roberts se dévoile et raconte la folle aventure qu’il a vécue, de son père mafioso à ses débuts de délinquant juvénile à New-York, jusqu’à sa fulgurante ascension à Miami, alors que le marché de la drogue crée un boom économique. Il faut bien l’admettre, il est difficile de ne pas apprécier le gaillard.

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Avec son humour, sa franchise, ses mensonges, son insoupçonnée tolérance (anti-raciste proclamé), sa violence, tout le monde est d’accord (lui le premier) pour dire que c’est quand même un psychopathe, un homme sans remords ni scrupules qui a mené une vie faste et dangereuse, en dépensant en drogue, en putes, en voitures et en chevaux les millions de $ gagnés. Et pourtant, on ne peut pas s’empêcher d’être fasciné par le personnage, par les stratagèmes très malins pour déjouer la vigilance des policiers et par les incroyables anecdotes plus folles les unes que les autres. Comment peut-on aimer un homme qui se dit lui-même n’avoir rien de bon en lui ?

La première raison est qu’on est assez facilement pris d’admiration pour les « bad guys », les cow boys hors-la-loi. Les films et les séries nous font aimer, avec un peu de culpabilité cependant, ces anti-héros pour qui le Bien et le Mal sont des notions aussi abstraites qu’un dentier à une poule.

La seconde raison est que Evan Wright arrive à faire ressortir la part d’humanité qui se cache derrière Jon Roberts. En allant chercher les témoignages de la soeur de Roberts, des amis, des anciens partenaires, mais aussi le policier qui a fini par le coffrer, Wright ne ménage pas son sujet, mais ne le condamne pas non plus, laissant le libre arbitre à son lecteur.

Épopée contemporaine passionnante, American Desperado est un voyage délirant, génial et terrible.

 

6 réflexions sur “American Desperado – Jon Roberts & Evan Wright

  1. ça a beau être une crapule, on finit par bien l’aimer quand même notre Jon. J’ai adoré quand il donnait des petites astuces et des combines. On se retrouve vraiment plongé dans le milieu de la mafia et c’est surprenant de constater que le cinéma n’a finalement pas inventé grand chose sur le sujet et que la fiction n’est pas si éloignée que ça de la réalité.

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