Le dîner – Herman Koch

C’est le printemps, tu as envie de te prélasser dans une chaise longue avec un bon petit livre, bien sympatoche, où tout le monde est heureux, où tout le monde s’aime, où tu te dis que la famille, bah il n’y a rien de plus beau. Halte-là, petit optimiste printanier, Le dîner n’est pas fait pour toi !

Le dîner
Bon appétit !

L’histoire

Deux couples se rejoignent dans un grand restaurant, les deux hommes sont frères : le premier est le narrateur, l’autre le futur Premier Ministre des Pays-Bas. Ça papote, ça cause de films, de politique, de racisme, des dernières et prochaines vacances. L’apéritif coûte une blind, mais ce n’est pas grave, c’est tellement bon de se revoir. Et puis arrive, le plat principal. Les enfants des deux couples ont fait une connerie. Une grosse. Très grosse. En fait, on parle même de crime ignoble là.

Un avis ? 

Ce fût une lecture bien singulière. Tout d’abord, j’ai dévoré les 150 premières pages, poussée par une curiosité morbide : qu’est-ce que ces galopins avaient bien pu commettre de si horrible ? Et puis j’ai ralenti la cadence, agacée par le narrateur, père un peu lâche, tentant vainement d’acquérir l’amour de son fils en lui apportant une oreille attentive et complice. J’étais prête à abandonner, croyant avoir lu suffisamment pour m’être fait une idée du roman, quand enfin, j’ai « compris » que ce qui au départ semblait être l’histoire d’un drame familial était en réalité une parabole cruelle et amorale de la société et de la notion de famille. Au fur et à mesure que l’histoire avance, la nature du narrateur et de ses proches se dévoile et renverse l’impression que je m’étais faite d’eux, éclairant le roman d’un aspect sinistre. Bien sûr que le narrateur est antipathique, bien sûr qu’on ne peut pas s’attacher aux personnages ni au narrateur, bien sûr que ce père et cette mère ne sont pas lâches, ils sont juste bien pires. Leur amour parental est prêt à tout, dans la moindre crasse, la moindre ignominie pour que leur vie de famille, heureuse, ne soit pas tachée par cet « incident », cette « erreur » malencontreuse. Est-ce de la pure folie ? Est-ce que ces gens sont « normaux »? Jusqu’où est-on prêt à aller pour protéger les gens qu’on aime ? 

Avec Le dîner, la première impression n’est jamais la bonne et Herman Koch s’en joue avec délice. La tension monte en crescendo jusqu’au bouquet final : l’apothéose du cynisme dont fait preuve Koch depuis le début, mais que je n’avais pas perçu tout de suite. Et je dirais tant mieux. J’avais peur en commençant ce livre que mon intérêt diminue considérablement au moment où la vérité sur le crime commis éclaterait : finalement, l’acte criminel passe au second plan. J’ai été bien plus passionnée par l’attitude des parents et leur passé qui, grâce aux flashbacks racontés par le narrateur, révèle que le pommier était pourri bien avant la pomme.

Je reprocherais cependant au Dîner les petites réflexions pseudo-philosophiques et intello dont le narrateur nous « régale » à chaque instant, nous faisant partager ses digressions sur tout ce qui lui tombe sous les yeux, de la petite cuillère à la verge de son voisin d’urinoir. Je m’en serais vraiment passée.

5 réflexions sur “Le dîner – Herman Koch

    1. Je suis en train de lire « Villa avec piscine » et effectivement si t’a plu, tu aimeras « Le Dîner ». Ce qui m’a gêné ne te gênera pas, étant donné que tu as déjà lu du Koch, donc tu devrais être déjà habituée à l’ambiance.

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