Au revoir là-haut – Pierre Lemaître

7764116949_au-revoir-la-haut-de-pierre-lemaitre-est-edite-chez-albin-michelUne fois n’est pas coutume, j’ai lu un livre de la rentrée littéraire de cette année, sans attendre l’année prochaine pour m’y atteler.

L’avantage de travailler en édition l’été, quand il n’y a personne au bureau, c’est de pouvoir accaparer l’unique exemplaire de LIRE de l’étage et de l’étudier de bout en bout. Comme je l’ai dit dans un précédent billet, cette rentrée 2013 ne m’inspire pas des masses. Cependant, deux titres ont réussi à retenir mon attention, dont le premier, l’objet de ce billet, Au revoir là-haut, roman sur la guerre de 14-18, ou plutôt sur ses conséquences. L’autre avantage, quand tout le monde était partie se dorer la pilule au soleil (vous avez dit aigrie ?) était de pouvoir emprunter à la bibliothèque du CE les nouvelles acquisitions avant les autres. J’ai eu donc l’immense privilège d’être la première de la boîte à ouvrir le roman de Pierre Lemaître et de m’y plonger entièrement.

 

Au revoir là-haut ne décrit pas la guerre ni son déroulement dans les tranchées mais ce qu’il y a après. Pierre Lemaître propose donc de suivre trois soldats que tout oppose, jusqu’au jour du 2 novembre 1918 dans la tranchée 113 où le destin les réunit. Le premier est un soldat, ancien comptable, Albert Maillard ; le second est un lieutenant ambitieux et sans scrupules, Aulnay Pradelle, noblion sans le sous ; le troisième, Edouard Péricourt est le fils rejeté d’un grand magnat des affaires. Rien aurait du les rapprocher, si ce n’est la guerre et le fait qu’ils étaient dans la même unité.

Alors que l’armistice est annoncée comme imminente, les généraux décident de ne pas ralentir la cadence, mais au contraire de donner la charge pour gagner du terrain et pouvoir briller sous les décorations après la fin de la guerre. Pradelle, voulant sa part du gâteau, tente alors un coup de poker machiavélique : pour obliger les hommes à se battre, il organise un coup monté et, en tuant deux soldats de son unité, fait croire à ses hommes une embuscade de la part des Allemands. Mais, pendant la charge, Albert Maillard, un des soldats, découvre le pot-au-rose et se fait de Pradelle son ennemi juré.

Au revoir là-haut dépeint la cruauté et le cynisme d’un pays pour des soldats qui auraient mieux fait de mourir là-bas en héros. Edouard et Albert, devenus inséparables depuis que l’un sauva la vie de l’autre au prix de la moitié de son visage, incarnent ces soldats, de retour à la civilisation, ignorés par le gouvernement. Passablement en vie, les deux compères tentent coûte que coûte  de survivre jusqu’à échaffauder une escroquerie d’envergure nationale, profitant de la culpabilité de la population pour s’enrichir. Sans être le meilleur roman que j’ai lu, l’ouvrage de Pierre Lemaître arrive à se démarquer par une narration particulière où un narrateur omniscient tente, avec ironie, de nous raconter le destin particulier de ces deux vétérans.  Bien que les personnages soient parfois un peu caricaturaux et qu’on aurait souhaité un peu plus de finesse, le roman se lit d’une traite. Mais, je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque un petit je-ne-sais-quoi au récit, mais ça vient peut-être de moi qui n’était pas dans les meilleures dispositions pour lire, détendue.

Il y a quelques jours, j’ai appris que Au revoir là-haut était sélectionné pour le Prix Goncourt. Si je devais donner mon avis, je dirais que Pierre Lemaître ne sera pas l’heureux élu cette année…

2 réflexions sur “Au revoir là-haut – Pierre Lemaître

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