Shooting Star – Stéphanie Benson

Dans Shooting Star, histoire sensible et dramatique, Stéphanie Benson nous fait le portrait d’une adolescence complexée, en quête de reconnaissance, victime d’une société du culte de l’image et de la notoriété adoubées par les émissions de télé.

L’histoire

Adolescente mal dans sa peau, invisible aux yeux de ses camarades de classe, sujet de moqueries et d’indifférence, Maddie cherche le moyen d’exister. Un jour, elle décide de s’inscrire à une émission de télé, Star de demain qui promulgue sur le devant de la scène de jeunes talents de la chanson. Persuadée d’avoir trouver le moyen de prouver à la face du monde qu’elle vaut quelque chose, Maddie s’enferme dans un fantasme de gloire et de notoriété. Ce n’est qu’à sa mort tragique que l’adolescente trouvera toute l’attention rêvée, la célébrité. Un groupe de garçon, devenus adultes, reviennent sur l’affaire, après avoir trouvé dans la benne à ordure le journal intime de Maddie, et s’interroge sur le pourquoi du comment et sur leur part de responsabilité dans la transformation et la descente aux enfers de leur camarade de classe.

Un avis ?

Shooting Star est intéressant dans sa conception, car le roman est raconté par l’intermédiaire des articles de presse relatant l’affaire, les extraits du journal de Maddie et la narration à la première personne du pluriel des garçons, conférant au récit trois points de vue différents dans la façon d’aborder l’histoire. Le style délié de Stéphanie Benson nous permet de rentrer directement dans le récit et d’y rester accrocher sur les 110 pages constituant le roman. A travers la figure fragile de la jeune Maddie et dans son désir d’exister, j’y ai retrouvé des filles connues dans mes années collège, mais aussi un peu de moi-même.

Vous allez voir ! Quand je serai une star, vous allez tous voir ! Quand je passerai à la télé, vous le regretterez ! Vous allez voir comme vous le regretterez !

Cependant, la réflexion moralisatrice sur les dangers de la télévision et ce qu’elle fait miroiter m’a semblé un peu convenu, éludant un problème plus grave : l’indifférence et la cruauté dont fait preuve les adolescents entre eux à l’école. Car le véritable problème de Maddie se trouve dans le comportement de ceux qui l’entourent et pas seulement des élèves, mais aussi celui de sa mère, complètement amorphe et absente. Ce conditionnement social a amené Maddie à vouloir rechercher l’attention par le biais de la célébrité, offerte par la Télé, simple outil répondant à une demande, et non pas l’inverse.

Il y a également un autre point qui m’a dérangée :

Nous avions l’impression qu’on aurait dû nous prévenir et, du coup, les feuilletons policiers gentillets et les romans jeunesse nous paraissait une insulte à notre intelligence. […] Pourquoi personne ne nous mettait vraiment en garde contre ce noyau noir et putride de l’âme adulte ?

Certes, on n’apprend pas vraiment dans certains livres de jeunesse ce dont est capable l’âme humaine dans ce qu’elle fait de plus horrible, mais en ce qui concerne les feuilletons télé, l’auteur se trompe.  On ne voit quasiment que ça, et je ne citerai pas les dizaines de séries américaines et européennes, ni les films qui en parlent, ni les journaux télévisés et autres médias. Je doute fortement que les adolescents d’aujourd’hui n’y ont pas accès. C’est pourquoi je trouve un peu présomptueux de la part de l’auteur de se vouloir être le garant de l’information des dangers de notre société et des prédateurs sexuels, entre autres.

Malgré cela, Shooting Star est un roman que j’aurais aimé avoir entre les mains adolescente. Avec ses sous-entendus délicats, Stéphanie Benson réussit à évoquer sans trop choquer (on est dans le roman de jeunesse quand même) le calvaire que Maddie a pu connaître et la culpabilité du groupe de garçons l’ayant  « connue ». 

2 réflexions sur “Shooting Star – Stéphanie Benson

  1. Elle traite du même thème que Claire-Lise Marguier dans « Le faire ou mourir », roman jeunesse également, mais qui s’attarde davantage sur la relation du jeune en détresse avec son entourage.
    Sinon, de Benson, j’ai lu un unique roman, « Le dossier Lazare », qui ne m’a pas donné envie d’aller plus loin !

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    1. Je ne connaissais pas Benson avant de lire ce livre ; pareil pour Marguier. De toute évidence, même si ce roman à des qualités, il survole pas mal de chose, alors cela ne m’étonne pas qu’on ait fait des livres plus développés sur la détresse et la solitude qui touchent certains ados.

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