Star Trek, Into Darkness

star-trek-into-darkness-posterJe n’ai pas pour habitude de faire des billets sur les films que j’ai vu, mais je fais une exception pour cette fois, quitte à renouveler l’expérience à l’occasion. C’est donc à la sortie de la séance, samedi dernier, que j’ai eu envie de m’épancher sur la déception ressentie face à Star Trek Into Darkness. Et pourtant, il semblait tellement prometteur ! Faut jamais se fier à ces foutues bandes-annonces.

Mettons les points sur les « i ». Je ne suis pas une immense fan de l’univers Star Trek. Les seuls souvenirs que j’ai viennent de ma petite enfance, quand ma mère regardait les épisodes sur Canal Jimmy. Alors quand le nouveau Star Trek de J.J Abrams est sorti en 2009, je n’avais pas d’avis tranchés. Belle surprise cependant, bons acteurs (même si je ne suis pas une grande admiratrice du bellâtre « Captain Kirk » qu’ils nous ont mis dans les pattes), un scénario sympa, un super Spock (le personnage le plus intéressant), un bon film tout simplement. Me voilà attendant avec impatience le prochain opus. On nous promet du lourd, du « dark », de l’humour et de l’émotion. Et surtout, surtout ! Benedict Cumberbatch dans le rôle du méchant. Voix grave, visage d’alien et immense talent !

Résultat : un scénario aux abonnés absents et un manque flagrant de subtilité que le visuel « grand spectacle » n’arrive pas à combler.

Pourquoi ?

Quand on a fait de la télé comme Abrams (Alias, Lost, Fringe…), on reste formaté aux codes des séries. Parfois, au cinéma, ça peut donner du bon, mais aussi du mauvais. Et je pense que c’est par là qu’Abrams et son équipe se sont plantés. Effectivement,  et c’est ce qui a fait la recette de son succès, JJ Abrams accorde beaucoup d’importance au traitement des personnages, à leur évolution et à l’attachement que le spectateur leur porte. Ça a marché pour le premier opus de Star Trek en 2009 : la relation Spock-Kirk semble devenir le centre d’intérêt de la nouvelle franchise et ça fonctionne, en tout cas pour le premier film. Seulement, à trop vouloir en faire, on perd de la finesse.

Star Trek Into Darkness nous gave de répliques vaseuses, de blagues potaches entre deux séquences « émotion » téléphonées et de disputes de couple (Spock-Kirk, Spock-sa copine, Kirk-Scotty), le tout sur un rythme très (trop) calculé : un coup je te mets de l’humour, un autre de l’émotion, après de l’action, retour à l’humour, hop là de l’émotion… etc. Bref, la petite cuisine d’Abrams n’arrive pas à faire monter la mayonnaise et on se retrouve avec de la moutarde qui pique le nez. Même Cumberbatch, qui est pourtant très bon, est de temps en temps limite, faute en est non pas à son talent d’acteur, mais au scénario bien faiblard.

Pour reprendre la réplique d’un ami (à l’époque au sujet de Batman Rises), le scénario a été torché sur du papier bristol. Les intentions du Méchant nous ont été vendues comme très compliquées, très « daaark », alors qu’en fait elles ne cassent pas trois pattes à un canard (la vengeance encore une fois), l’histoire met beaucoup de temps à décoller et on comprend qu’en fait tout n’est que prétexte pour prouver que le Capitaine Kirk est un bon capitaine et que Spock aime finalement bien Kirk. Attendez… Ce n’était pas déjà l’intrigue du film précédent ?

Finalement, Star Trek aurait dû rester une série. Le début du film nous le montre avec la séquence sur la planète volcanique qui reste le meilleur passage du film. Car l’esprit « Star Trek » c’est ça : l’exploration de nouvelles planètes et de nouvelles civilisations (comme Stargate pour ma génération) conduite par une équipe d’explorateur. Car, si on allège la lourdeur et la répétition des gags, on s’attache beaucoup à l’équipe de l’Enterprise. Il y aurait eu matière à faire quelque chose de vraiment bien et les défauts du film présentés ici n’auraient pas été dérangeants, Abrams et son équipe étant dans leur élément. Mais voilà, en ce moment, c’est la mode des remake des grandes séries/sagas/comics sur grand écran à la sauce « dark ». Or du « dark » dans Star Trek Into Darkness, hormis le titre et le méchant, j’en ai pas trouvé.

Bonus

Pour ceux qui aiment : La bande originale est superbe ! Composée par Michael Giacchino (il est à Abrams ce que John Williams est à Spielberg et Lucas), je vous invite à l’écouter sans retenue.

3 réflexions sur “Star Trek, Into Darkness

  1. Après avoir lu ton commentaire chez June, ma curiosité m’a amené jusqu’ici et forcément je suis très beaucoup d’accord avec toi. Ton dernier paragraphe est l’essentiel de ce que je disais sur le film.
    Néanmoins (ouais je joue mon chieur partout, c’est comme ça :p ) Star Trek n’est pas forcément à rester uniquement une série télé. Déjà il y a une tripotée de romans de bonne facture donc ça déjà voilà. Surtout avant les deux films (très mauvais) avec JJ Abrams aux commandes, Star Trek c’est 10 films, 10 vrais films. Tous ne sont pas des chefs d’oeuvre, c’est évident, mais ils font clairement partie de l’univers Star Trek. A ce titre, un film comme First Contact (mon préféré) est essentiel dans le chronologie de l’univers. Donc non, Star Trek ne doit pas rester qu’une série, mais vouloir transformer les films en des ersatz de Star Wars, ça c’est vraiment pourri.
    M’enfin donc, j’ai la même conclusion que toi : rendez-nous nos explorations spatiales, nos treks dans les étoiles qui ont donné le nom à la série !

    Aimé par 1 personne

    1. Vu que je suis pas une grande connaisseuse de Star Trek et surtout des films, mon avis sur « ST aurait dû rester une série » est un peu biaisé. ^^ Je fais confiance à ta connaissance (comme toujours) et je me dis qu’il faudrait que je me mette aux films, une bonne fois pour toute !

      Aimé par 1 personne

      1. Te refaire tous les films n’est pas forcément une saine idée (à mon sens). Les vieux films ont vraiment pris un gros coup de vieux. Typiquement, le premier film t’as la séquence magnifique de la première présentation de l’Enterprise avec Kirk dans sa nacelle qui tourne autour du vaisseau pour bien l’admirer, aujourd’hui c’est juste moche ça (alors que je me rappelle ça me donnait des frissons quand j’étais plus jeune). Dans 2001 A Space Odyssey, la même séquence est devenue kitsch mais garde une vraie classe (merci la musique), dans Star Trek c’est juste chiant à regarder. Le deuxième film s’appelle « Wrath of Khan » et comme tu t’en doutes, il a servi d’inspiration pour créer ce nouveau film mais autant l’histoire est pas mal, visuellement et dans la mise en scène c’est assez difficile aujourd’hui (cela dit, ça permet de faire le parallèle avec le film de ton article parce qu’il y a certaines choses qui sont reprises). En gros, il vaut mieux commencer les films avec First Contact (qui est le numéro 6 il me semble), c’est le deuxième film de la période The Next Generation (la meilleure série Star Trek à ce jour), le premier film de cette période c’est Generations qui fait le lien entre Kirk et Picard (comme les films William Shattner a mal vieilli) mais ce film est assez dispensable.
        Entre Wrath of Khan et First Contact, les films ne sont pas forcément très bons donc en gros ce que je recommanderai à visionner c’est Star Trek the Motion Picture et Wrath of Khan (les deux premiers donc) mais uniquement si tu n’as pas peur du traitement des films qui a pris un énorme coup de vieux. Après ça, c’est First Contact et tous les films qui ont suivi (surtout Nemesis). Tu vas jusqu’au dixième film et tu auras vu l’essentiel côté films Star Trek. :)

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s