Le sermon sur la chute de Rome – Jérôme Ferrari

Charmantpetitmonstre et Jérôme FerrariÇa parle de quoi ?

Dans un village corse, deux amis d’enfance abandonnent leurs études philosophiques pour reprendre le bar local délaissé. Croyant pouvoir créer un monde meilleur, une vie paisible sous le soleil corse, Mathieu et Libero vont prendre conscience qu’il est impossible de rendre un monde meilleur lorsque celui-ci est déjà décadent.

Alors, coup de cœur ?

Il n’est pas facile de rentrer dans ce texte, et pourtant j’ai adoré. Pourquoi ?  Je ne saurais véritablement l’expliquer. Le coup de cœur est un sentiment très fort, parfois irrationnel, surtout lorsque l’histoire  ne m’a pas tellement enthousiasmée.

Plutôt banal, le fond même du récit devient très vite secondaire face à sa forme: l’exigeante écriture de Ferrari. Je n’avais pas ressenti un tel engouement pour « la phrase » depuis ma lecture de Dans la foule de Laurent Mauvignier. Car comme Mauvignier, le récit de Ferrari est sublimé par une écriture très travaillée et pourtant très fluide. Il m’est arrivée de ne lire que pour l’acte de lecture ; je me moquais de la poursuite de l’histoire, tout ce qui importait était d’être emportée par ces longues phrases, comme on peut l’être lorsqu’on écoute de la musique.

Mais, la raison pour laquelle je n’ai pas été entièrement conquise par le récit est ce sentiment gênant de ne pas avoir compris l’essence même du roman. En effet, le livre fait référence au sermon de Saint Augustin lors de la chute de Rome, d’où le titre. Ce sermon aurait été déclamé par Saint Augustin, au Ve siècle, alors que le monde connaît un véritable choc: la Ville Éternelle, Rome, est saccagée par des hordes de barbares; les réfugiés affluent sur le continent africain et accusent l’abandon des rites et sacrifices païens au profit du christianisme comme cause direct de leurs malheurs.  Même en mettant toute la bonne volonté du monde, je n’arrive pas à saisir le rapport entre le sermon de Saint-Augustin et le destin de Matthieu, Marcel, son grand-père, et de Libero, les trois personnages principaux masculins. C’est agaçant lorsqu’on se doute bien que ce n’est pas par hasard si l’auteur met en relation son récit avec le sermon de Saint Augustin.

Malgré cela, Le sermon sur la chute de Rome reste un grand coup de cœur pour l’écriture et la découverte d’un auteur très prometteur. M. Ferrari, je compte vous suivre de près, en commençant par lire vos autres livres.

logo_3357438

8 réflexions sur “Le sermon sur la chute de Rome – Jérôme Ferrari

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s