Les Vice-Rois – Gérard de Cortanze

Charmantpetitmonstre Vice rois (2)

Je n’aime pas faire un billet sur un livre lorsque la lecture a été abandonnée. Comment expliquer qu’un roman ne vous a pas plu alors que tous les éléments pour une bonne lecture sont présents ?

Ercole Tommaso est un jeune aristocrate, seul héritier de sa lignée, qui voit son monde bouleversé par la révolution italienne, le Risorgimento. Ruiné, il doit épouser la fille d’un riche entrepreneur, représentant de la nouvelle Italie où l’aristocratie n’a plus sa place.

Le prefetto, homme à présent influent, courtisé, ne partageait pas le pessimisme de son gendre pour lequel une certaine Italie poétique, voire romantique, celle d’une certaine douceur de vivre, des cyprès et des orangers, du rythme des saisons, d’un « ordre » naturel imposé à l’homme par la volonté divine, avait totalement disparu.

Inspiré de l’histoire familiale de Gérard de Cortanze, Les Vice-Rois fait partie de ces espoirs déçus qui à l’ouverture de la première page promettent un beau moment de lecture et qui soudain, comme un soufflé qui se dégonfle, voit la curiosité du lecteur redescendre soudainement. Et pourtant l’écriture condensée est plaisante ; le contexte historique de l’œuvre, le Risorgimento, est un pan de l’Histoire de l’Italie que nous connaissons peu. Il voit la chute des idéaux de la vieille Italie au profit d’une nouvelle ère, celle des bourgeois et des entrepreneurs, alors que les conséquences pour les aristocrates italiens sont désastreuses ; incapables de se relever, ils s’éteignent petit à petit, se murant dans le désarrois et l’immobilisme. Le personnage de Tommaso émeut par la lucidité dont il fait preuve face aux événements du Risorgimento, ne pouvant réagir sans trahir les principes de sa caste. Car, comme le Prince Salina du Guépard de Lampedusa, Ercole Tommaso n’a pas d’autres choix que d’être le spectateur muet de la disparition programmée de son univers.

Quand il y avait des vice-rois, nous étions des vice-rois ; maintenant qu’il n’y a que des députés, nous sommes des députés.

Mais c’est arrivée au moment où le personnage d’Ercole laisse la place au personnage de Roberto, son fils, dans la continuité de l’histoire, que j’ai commencé à me lasser. Les descriptions de courses automobiles, la passion de Roberto, ont mis à rude épreuve mon envie de poursuivre la lecture. Et puis j’ai décroché, j’ai lu d’autres livres avant de rendre les armes aux cent dernières pages.

Ce roman n’a pas mérité mon abandon, mais si je dois me forcer, que devient le plaisir de la lecture ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s