Marie-Blanche – Jim Fergus

Lake Forest, Illinois. A 96 ans, la vieille dame à laquelle Jim Fergus rend visite a l’air bien inoffensive… Renée de Fontarce McCormick, sa grand-mère, est pourtant une femme de tête, au caractère entier, qui a connu un destin hors du commun. De son aristocratique France natale aux rives du Nouveau Monde en passant par les sables d’Egypte, Jim Fergus retrace son parcours et voit petit à petit apparaître le visage de sa propre mère, Marie-Blanche. Pour essayer de comprendre; pour, peut-être, renouer avec les femmes de sa vie.

 Tout commence lorsque Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, amorphe et muette. S’engage alors une conversation à sens unique plutôt houleuse où le petit-fils crache sa rancœur à la figure de cette vieille femme froide et dure qui ne lui a jamais témoigné la moindre tendresse ni la moindre affection.

Comme pour palier au vide que la mort précoce d’une mère et l’indifférence d’une grand-mère lui ont causé, l’auteur s’engage à raconter à sa façon leur histoire. Cependant, et l’auteur le fait observer lui-même, Fergus ne nous livre pas une biographie. Bien que certains éléments du récit, certains lieux et personnages ont effectivement existé, on nous rappel tout de même que Marie-Blanche reste une fiction, peut-être même une fantasmagorie de Fergus pour combler l’absence. Écrire pour guérir.

Connaissant un destin hors norme, voire tragique, les deux femmes n’ont jamais réussi à s’aimer ni à se comprendre. La mère, Renée, a le caractère d’une Scarlett O’Hara, riche et pourrie gâtée, mais assez intelligente pour garder sa place au sommet de la société française de ce début du XXe siècle, quitte à faire preuve de cruauté. Quant à Marie-Blanche, même si les mêmes chances lui ont été donnée, elle souffre de l’écrasante personnalité de sa mère, de son intransigeance à son égard et de la déception qu’elle lui inspire continuellement. Il faut croire que la pauvre fait toujours les mauvais choix, n’ayant pas l’instinct de survie maternel.  Comme la fatalité d’une tragédie grecque, le destin de ces deux femmes pèse sur leurs épaules et empoisonne leur vie et celle de leurs proches sans que rien ne puisse arrêter le cours du temps.

Personnellement, j’ai adoré le récit de Renée. Cette jeune femme force l’admiration, contrairement à sa fille Marie-Blanche, jeune femme pathétique. Je me suis surprise à avoir la même intransigeance envers elle que sa mère et de la traiter avec un certain mépris.

Marie-Blanche est une lecture très plaisante, tellement que je me surprenais parfois à lire plus de 200 pages d’un coup (assez rare dans mon cas). Une bonne écriture même si certains passages sont un peu racoleurs. L’auteur sait vraiment bien y faire pour garder l’attention de son lecteur sur 730 pages. Chapeau !

10 réflexions sur “Marie-Blanche – Jim Fergus

  1. Qu’il était passionnant cet entretien avec l’auteur ! (vous pouvez l’écouter sur le site de France-Inter) Et qu’elle semblait touchante l’histoire familiale qui devait nous narrer le destin tragique de la mère de l’auteur qui fut victime d’une filiation trouble, d’une mère plutôt toxique, d’un oncle incestueux et de déracinements successifs qui conduisirent rapidement Marie-Blanche à noyer ses blessures dans l’alcool et à séjourner dans des établissements psychiatriques pour finir par s’échapper définitivement de la vie en passant par une fenêtre.Tous les ingrédients étaient réunis pour une fresque familiale comme je les aime. Seulement voilà, il suffit de pas grand chose pour qu’une mayonnaise ne prenne pas, et là la sauce a tourné rapidement. Je n’ai pas réussi à mettre la main sur « la puissance romanesque » d’ « une saga familiale bouleversante » et « splendide » qui s’apparente au « chef d’oeuvre » et autres qualificatifs dithyrambiques qui parsèment la 4ème de couverture.L’ennui m’étant tombé dessus très rapidement suite à une narration sans émotions ni intensité dramatique, à un style des plus banals, à une succession de faits qui laisse peu de place à l’introspection, j’ai jeté ce pavé l’éponge, à la page 229 (sur 606), ravalant ma déception, ruminant ma colère (22 € quand même) et ronchonnant qu’on ne m’y prendrait plus.Après ça, comment voulez-vous que je me réconcilie avec les auteurs américains ?

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    1. Votre constat pour les auteurs américains ne doit pas être si terrible. Et puis, sincèrement, Jim Fergus est un bon romancier, mais le qualifier comme étant l’Auteur américain à lire, c’est un peu trop. Lisez Irving, Roth, Harrison, Morrison, … Ne découragez pas ! :)

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