Les visages – Jesse Kellerman

Premier roman du jeune Jesse Kellerman, Les visages est un thriller aux nombreuses qualités avec néanmoins des faiblesses.

La plus grande oeuvre d’art jamais créée dort dans les cartons d’un appartement miteux. Ethan Muller, un galeriste new-yorkais, décide aussitôt d’exposer ces étranges tableaux, qui mêlent à un décor torturé d’innocents portraits d’enfants. Le succès est immédiat, le monde crie au génie. Mais un policier à la retraite croit reconnaître certains visages : ceux d’enfants victimes de meurtres irrésolus… 

Ce thriller comporte plusieurs particularités qui se distinguent du plus grand nombre. Tout d’abord, les faits sont relatés par le personnage principal, Ethan Muller, qui tentent de retranscrire l’expérience qu’il a vécu : la découverte des oeuvres, la disparition de leur auteur et l’enquête sur les sordides affaires dont sont sujets les visages d’enfants  dessinés. Grâce à la narration à la première personne du sujet, on entre facilement dans le quotidien de notre héros, jeune galeriste de famille très aisée, narcissique et désillusionné, mais malgré tout sympathique.

La deuxième particularité, qu’on retrouve chez Dennis Lehane, c’est qu’on a pas affaire à un thriller lambda (meurtre+enquête+policier = résolution et fin de l’histoire). En effet, Jesse Kellerman a tenté de raconter une véritable histoire plutôt que de tracer les plans d’une enquête policière vu et revu à la TV ou dans d’autres livres. Chaque personnage possède sa petite histoire personnelle, influençant leurs actes et leur comportement, et c’est agréable d’avoir des personnages qui prennent forme petit à petit qu’on apprend à les connaître.

Enfin dernière particularité : il y a une alternance entre deux récits différents. Le premier est le récit actuel avec Ethan Muller, le héros. Quant au deuxième, il relate comment  l’empire Muller s’est bâtit au fil des décennies, en commençant par le jeune immigré allemand Solomon, ancêtre d’Ethan. Cette construction étonne au départ, puis alors que l’histoire se révèle, on comprend qu’une cohérence s’est placée entre les deux différentes histoires.

Le milieu où se déroule l’histoire est également un point qui donne une épaisseur au roman. Le monde de l’art, new-yorkais, y est décrit voir même certaines fois sérieusement critiqué par le héros lui-même. Un milieu où l’art et le business ne forme qu’un, où le bénéfice et non plus l’oeuvre d’art compte.

Malgré tout, le roman comporte quelques faiblesses. J’aurais aimé en savoir plus dans la partie famille, sur Ethan et sa relation avec son père. J’aurais aimé un roman un petit peu plus haletant dans la partie enquête, car même si je ne me suis pas ennuyée, le roman ne m’a pas transportée non plus. A mon avis, il est difficile d’alterner roman de base et thriller et au final Les visages a des faiblesses dans les deux parties du récit, pas assez approfondies l’une et l’autre.

2 réflexions sur “Les visages – Jesse Kellerman

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