Les années douces – Hiromi Kawakami

Deuxième petite trouvaille du Salon du livre,  Les années douces d’Hiromi Kawakami est un charmant petit conte qui se laisse lire sans difficulté.

L’histoire est simple : la rencontre de deux personnes solitaires que tout oppose tant par l’âge que par l’intellect. Tsukiko, une femme de 38-39 ans croise un soir après le boulot dans un troquet son ancien professeur de japonais au lycée, Matsumoto Harutsuna, le « maître ». Partageant quelque verre de saké, de tofu et autres mets japonais que je ne connais pas (moi, à part les sushis…), Tsukiko et le maître vont lier une forme de relation qu’on ne peut ni qualifier d’amitié ni amoureuse. Par des hasards, dans la rue ou dans leur bar habituel, ils se rencontrent sans l’avoir prévu, mais content tout de même de se retrouver. Ce qui est certain c’est qu’il y a un lien qui les unit.

Le roman est construit sur leurs rencontres ou rendez-vous à travers des petits tableaux qui peignent les moments forts de leur relation et les tergiversations de l’héroïne et narratrice, Tsukiko.

Pour une fois, j’ai bien aimé l’héroïne. Bien sympathique, timide, complètement angoissée et rigolote de par ce fait, Tsukiko est le type de personnage pour lequel on ressent une certaine tendresse. D’ailleurs, elle m’a un peu fait penser à une héroïne de chick-lit, en plus subtil naturellement.

Subtilité. Voilà un mot qui définit bien ce roman. En effet, la façon dont l’auteur aborde les relations qui se nouent entre les différents personnages est délicate. Pas de vérités crues, pas de précipitations, j’ai eu l’impression de voler sur un petit nuage de pétales de cerisier. Oui, oui, vous avez bien lu. C’est l’effet que fait Les années douces, roman reposant, poétique et bien gentil.

J’ai particulièrement aimé cette entrée dans l’univers japonais : les coutumes alimentaires sont quasiment au coeur de l’histoire puisque les deux personnages se retrouvent très souvent autour d’une table pour manger ou pour, disons le clairement, se saouler. De même, pour les coutumes sociales représentées par la réserve de tous les personnages et l’attitude un peu rigide du « maître ». Une « couleur locale » très présente  qui m’a aussi un peu déroutée n’ayant plus de repères : par exemple je devais me forcer à me reprendre pour que je les imagine à table, non pas assis sur des chaises à l’occidental, mais par terre avec des baguettes.

Dernier point, j’avoue avoir été un petit gênée par deux points qui concerne le maître. Personnellement, s’il m’arrive un jour de retrouver un ancien prof de lycée, je n’aurais pas tellement envie de me prendre une cuite avec lui ni d’aller au zoo, c’est tabou. Un professeur reste une figure d’autorité qui ne peut pas faire la fête, ce n’est même pas une personne humaine aux yeux de l’élève. Alors, aller boire un verre et nouer une relation amicale avec lui ! … De même que l’écart d’âge entre Tsukiko et le maître m’a mise un peu mal à l’aise. Il pourrait être largement son père et cette relation ambiguë m’a gêné tout au long du roman (sauf à la fin) car je ne savais pas dans quelle catégorie étiqueter le maître : ami ? figure paternel ? amant potentiel ?

Les années douces est une bien jolie histoire dont il ne me restera sans doute rien dans deux mois.

5 réflexions sur “Les années douces – Hiromi Kawakami

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