Pierrot mon ami – Raymond Queneau

N°3 du Challenge ABC et lecture universitaire, Pierrot mon ami a été une lecture difficile et en même temps pas désagréable. Paradoxe.

Mais tout d’abord, il faut replacer le roman par rapport à son auteur, Raymond Queneau. Auteur qui est le fondateur de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), qui a suivi dans ses jeunes années le mouvement surréaliste, avant de s’en faire gentiment chasser, auteur que l’on peut désigner de poète, dramaturge, mais aussi de concepteur d’un nouveau roman qui tend à s’éloigner du traditionnel « balzacien ». Suite à cela, on peut comprendre que Pierrot mon ami est un roman à part et que nos attentes de lecteur vont être mis à mal.

Parce que, qu’est-ce que raconte Pierrot mon ami ? L’histoire d’un héros qui n’en est pas vraiment un, Pierrot, personnage un peu particulier, lunaire, sans grande volonté ni de grandes ambitions dans la vie, qui travaille dans un parc d’attraction et qui rencontre une série de personnages qui arrivent la plupart du temps de nulle part. Nous avons Pradonet, le directeur du parc, Yvonne sa fille, Petit-Pouce et Paradis les collègues, un fakir, un prince Poldève mort, une ancienne danseuse de cabaret, un vieux gardien, une pseudo enquête policière, une pseudo histoire d’amour, ….ect.

Tous se croisent, tous ont plus ou moins un lien, tous sont imprévisibles. Car l’un des aspects marquants dans ce roman, c’est cette imprévisibilité de l’histoire et des personnages. Il est impossible de connaître à l’avance comment vont se dérouler les intrigues, comment les relations entre les personnages vont évoluer, comment cela va se finir… On nous déroute avec un amusement affiché.

Autre aspect déroutant : le style. D’un pastiche d’une écriture traditionnelle, solennelle, pompeuse et complexe, s’ajoute une écriture qui se veut naturelle, empruntée au parlé populaire voire rabelaisien pour retranscrire une spontanéité de la parole.  Exemple : Paradis, mon copain, n’est pas venu, je ne sais pas ce qu’il fout, il est peut-être malade, je ne sais pas, en tout cas, j’étais tout seul, eh bien, ça n’est pas suffisant. 

On a affaire ainsi à des changements de tons, de styles, d’intrigues et de héros tout au long du roman, ayant pour effet qu’on ne peut pas s’attacher aux personnages, ni à leur histoire ni à l’intrigue générale, car de toute façon l’auteur nous déroutera et décevra les attentes d’un lecteur lambda. Ainsi, Pierrot mon ami est à lire comme une farce, comme un jeu de langage propre à Queneau. Si on aime Zazie dans le métro ou Exercices de style, Pierrot mon ami plaira. Pour ma part, ce n’est pas ma tasse de thé.

3/26

4 réflexions sur “Pierrot mon ami – Raymond Queneau

  1. Je suis entrain de lire « Pierrot mon ami » (par hasard, bouquin trouvé sur un banc public) et personnellement ce bouquin m’enchante: le style inimitable, l’humour, le coté « démodé » et « titi parisien » des expressions …. Ce roman est injustement méconnu et me fait passer d’excellentes soirées. Encore merci au passant qui l’a oublié !

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