Albert Sanchez Pinol

S’il y a bien un auteur dont j’ai envie de vous parler, c’est bien Albert Sánchez Piñol. Peut-être en avez-vous entendu parler  pour son roman La peau froide qui rencontra un grand succès à sa sortie ? On sait peu de chose sur cet anthropologue espagnol, seulement qu’il est né en 1965 à Barcelone et qu’il est l’auteur de plusieurs travaux notamment de deux romans, les plus connus : La peau froide (2003) et Pandore au Congo (2005). Il est publié chez Acte Sud en France et ses deux œuvres sont disponibles chez Babylone, l’édition poche d’Actes Sud.

Comment je l’ai découvert? Par un curieux hasard. Je naviguais sur Critiques Libres, un site dont vous entendrez souvent parler sur ce blog car c’est un de mes sites littéraires préférés (et non je ne suis pas payée pour leur faire de la pub ^^). Donc je naviguais tranquillement à la recherche d’un petit bijoux quand je suis tombée sur un roman ayant un titre très intriguant : Pandore au Congo. Je l’ai acheté cet été et je l’ai lu assez rapidement. Ce fut une révélation !  Vous savez ce sentiment que vous avez après avoir refermé un livre et que vous vous exclamez « Wahou ! ». C’est l’effet que ce livre m’a procurée. Un mois plus tard, je lisais La Peau froide qui venait confirmer mon amour pour cet auteur.

Pourquoi j’aime cet auteur ? Parce qu’il décrit la nature humaine, ses défauts et ses qualités avec une grande justesse. Il nous met face à nos erreurs, face à nos faiblesses. Ces histoires sont des aventures avec une certaine dose de fantastique, d’irréel, mais elles sont avant tout des prétextes pour A.S. Piñol de parler de nous, les Hommes. Il nous décortique à la pointe de sa plume à travers des histoires rocambolesques et surprenantes d’une telle façon que l’on se prend au jeu et qu’on se laisse aller.

La peau froide (2003):

 

 

« Sur un îlot perdu de l’Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à la peau froide. Ils sont frères par la seule force de la mitraille, tant l’extravagante culture humaniste de l’un le dispute au pragmatisme obtus de l’autre. Mais une sirène aux yeux d’opale ébranle leur solidarité belliqueuse. »

Composé de 260 pages, ce roman est une sorte de huit clos. Deux hommes sont les prisonniés de cette île qui ne veut pas d’eux. L’ambiance est étouffante, opaque. La folie guette et tourne autour de ces hommes qui n’ont que peu de choses (un livre!) pour retrouver leur lucidité. Bien que ce roman soit par certains côtés (que je ne dévoilerais pas) cruel, on découvre à travers le récit un auteur et un narrateur tristement humaniste. Deux camps opposés s’affrontent par peur de l’autre, par incompréhension, par manque de communication. On ne peut que faire le parallèle avec notre monde et notre histoire : les guerres mais aussi les colonisations, et l’esclavage où des êtres qui ne ressemblaient pas aux autres se sont retrouvés élevés au rang de bêtes. L’auteur n’invente rien. Il puise son inspiration en nous, en lui, en sa nature d’homme.

Pandore au Congo (2005):

 » 1914. L’Empire britannique est à son zénith et Londres s’apprête à subir les foudres du Kaiser. Thommy Thomson œuvre dans l’ombre pour un plumitif mégalomane quand un avocat lui propose un marché insolite: écrire l’histoire de son client, Marcus Garvey, un gitant accusé d’avoir assassiné au Congo les fils du duc qu’il servait. Publié avant le procès, le récit concourt par son immense succès à sauver de la potence celui que tout accuse. Il met au jour le détail de l’expédition enragée de deux aristocrates qui s’enfoncent dans la jungle congolaise jusqu’aux confins du monde, aiguillonnés par la fièvre de l’or. Avec Marcus, ils vont mener la première guerre verticale de l’histoire contre une armée insolite surgie des entrailles de la terre… Mais comment croire une histoire aussi improbable ? « 

Roman plus léger que le premier, Pandore au Congo est un récit d’aventure et fantastique influencé par les romanciers du XIXe siècle tel que Voyage au Centre de la Terre. On retrouve les thèmes chers de Piñol : l’infériorité raciale et la domination, la peur de l’inconnu et la folie. C’est sans doute mon préféré, car ce roman est bien moins étouffant que La Peau Froide et plus divertissant, mais tout aussi cruel.

Ces deux romans sont à lire, à dévorer, sans aucune hésitation.



2 réflexions sur “Albert Sanchez Pinol

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s